‹ Arthur de Bretagne; drame en quatre actesChapitre 15 sur 55 · SOLDATS DE BRETAONE ET D'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

SOLDATS DE BRETAONE ET D'ANGLETERRE

ARTHUR, allant droit au roi Jean

Voiià ce qui s'a))pe!ie combattre et vaincre noblemont, Monseigneur !

Oui dà, Iteau neveu ! on vous sait maître en courtoisie ! Mais courtoisie et prouesse ne suffisent pas...

Je le sais, et je vais cette fois encore en faire la preuve à mes dépens. H s'est bien trouvé parmi les apôtres un Judas pour trahir Monseigneur Jésus- Christ : pourcjuoi s'étonner que parmi mes chevaliers un Judas aussi m'ait trahi ? {Guillaume des Roches baisse la tête.)

GUiLLAUMn, à Jean

Monseigneur, rappelez-vous votre serment. Vous avez juré par l'âme do votre père !

Ne crains rien, je tiendrai ma promesse... à moins 7>r.iirtTnl qnc mon beau neveu ne s'y oppose.

GL'ILL.MME, Ù Oarl

Oserait-il nian(juer à sa parole !

JEAN, Ù Ailliur

\'oyons, gentil duc, je veu.x être pour toi plus cléinoMl et plus miséricordieu.x que les vainqueurs ne le -(>\\l d'ordinaire à l'égard des vaincus.

GKoiFBOY, avec mépris

Il o.se se dire vainqueur et il n'a pas combattu !

JliA.N

.Abandonne de fausses prétentions à des couronnes <|uo jamais tu ne pt>rloras. ÎSe suis-je pas ton oncle ? Je te ferai part il'héritaL'c cctmme ton seicuenr. '.*.t le donnerai mon amitié.

Voire amitié ! Mieux vaudrait la haine du roi dft France ! Avec chevalier loyal il y a toujours remède ' Avec chevalier félon comment s'entendre ?

C'est folie ù toi de te fier au roi de France. Les rois de Fr:)nce naissent ennemis des FMantagenets.

IMiilippc a placé la couronne sur mon front. Il fui mon parrain de chevalerie. II m'a promis sa fille en foi de mariage.

JEAN

VA tu ne lépouseras jamais, m'entcads-tu ! Mes I' -ruies forteresses de Normandie sont à l'épreuve de - '^ attaques, et rien ne résiste à ma volonté.

ARTHUR

.\i tours ni épées ne me rendront assez lâche pour renier les droits que je tiens de mon père, après Dieu : ce fut GeofTroi, votre frère aîné, aujourd'hui devant le Seigneur. Angleterre, Anjou, Touraine et fiuyenne sont miens de son chef, et Bretagne de l'estoc de ma mère, je n'y renoncerai que par la mort !

jr.w, ù voix basse

Ainsi soit-il, beau neveu. (A Guillaume.) Jai tout fuit, ami Guillavime, pour le ramener aux bons sentiments ; il ne faut s'en prendre qu'à lui, si je suis contraint de violer mon serment. Ouo Dieu et mon père me le pardonnent !

GlILLAUME

Ail ! Monseigneur, vous m'avez I rompe !

JHAN, à Maulac

Maulac, je te confie la garde de ce petit neveu rebelle. Tu m'en réponds sur ta tète. Capitaine Amaury, vous suivrez le sire de Maulac. H vous donnera mes ordres. {Amaurij s'incline.)

MAULAC

Où le conduirai-je, Monseigneur?

Au chàleau de Falaise. Maulac. {A ArIJiur.) Duc, jr j)rie Dieu <ju'il vous inspire des sentiuieiils meilleurs à l'égard' de voire oncle et de voire roi.

AiiTHin, avec colère

Je prie Dieu «jwil môle la vie, plulôt que de nie laisser forfaire à l'honneur ! Si je suis Planlagenet par mon père, la reine Conslance, ma mère, a nus dans mes veines le sang" des rois brelons. L'hermine de Bretagne meurt plutôt que de salir sa robe blanche, et vous savez la devise ; Malo mori qnum fœdari !

Les soldais fiihnni'itl le r<>i. La toile loinbe.

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L lie salle voiiléo .lu chàlcau de Talaisc. I>oux portes basses, au pirmior plan. Au second, à droite, une fenêtre :

à i.'aiii-hi\ iijii' iln'iiiiin-e.. \ii fiml. iin<^ i,'r.iri(Je poiif.

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