‹ Arthur de Bretagne; drame en quatre actesChapitre 2 sur 55 · LES PRÉCÉDENTS. TRISTAN LE ROUX · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENTS. TRISTAN LE ROUX

Permettez, bra\es j/cns, «juc j" nu- t].*rrii<i' . .I« Tif suis pas Anglais.

LE PEUPLE

Si ! c est un An^'lois ! C'est le médecin de la reine '

TRISTAN

Conccdn ! Je l'avoue ! .le suis médecin, liravca gens. Que di.s-je ? je l'avoue ! j'en suis fier. Oui ! je suis

ini'ilfi in <f vous l'iiv^z dit : ni''<I«''i>) -li- 1;' ?<'io<'. I<'

très haute et très puissante damo Aliéner d'Aquitaine, mère d'e Monseigneur Jean, roi d'Angleterre, notre maître...

LE PEUPLE

Non ! non ! A bas le roi Jean !

TRISTAN, à part

Ils tiennent pour le duc de Bretagne, 5 ce que j'entends.

LE PEUPLE

Vivo le duc Arthur ! C'est notre maître !

TRIST.4N, à part

Je vais dire comme eux ! Il ne faut jamais contrarier les gens... à moins qu'on ne soit le plus fort, et ce n'est pas le cas. Ces enragés pourraient me faire un mauvais parti et. comme on dit, « prudence est tnèro lie sûreté ».

LE PEUPLE

Il faut le pendre ! à mort l'espion !

TRISTAN

Pendez-moi, mes amis, mais ne m'injuriez pas. J'aluxson airakoiic. Je ne suis pas plus un espion ffue je ne suis un Anglais ! Non bis in idem. D'ailleurs raisonnons ! Est-ce ma faut-e si le roi Jean veut dépouiller le duc Arthur ? Est-ce ma faute si le duc Arthur veut reprendre le Poitou au roi Jean ? Estce ma faute si la Nature, cette déesse capricieuse, m'a fait médecin de la reine, au lieu de me faire médecin du duc ? Est-ce ma faute enfin, si, au lieu d'être avec

les asfiiégeanls, j'étais avec les assiéy^és ? Mon rêve en ce moment serait dètre aussi loin des uns que (tes autres ! Non ! ce n'est pas nta faute ! Donc, ne me pendez pas !

IN vn;iLLAnD 11 est sorti du ch.àteau : c'est un espion !

iniSTAN

Je V(iu> (iir.ii même que si la nature nra\;iil consulté <|uand' il s'est agi de me donner l'existence ît de me choisir une famille et un métier, je l'aurais ce monde, à la remettre à des temps meilleurs, énerjïiquement encouraffée à retarder ma venue eu Quelle époque que la nôtre, braves gens ! Chair >*l poisson, voilà la devise du jour. Il n'y a de salut que pour les amphibies.

1 1; l'KUpi.i:

(i ol lin -'uric-r ! il parle hébreu !

TRISTAN

Vous vous demandez pounjuoi je suis sorti df la tour. Ecoutez : j'en suis .sorti parce que je m'y ennuyais ! parce oue, depuis qu'elle- est bloquée en ce donjon et «pi'elle attend en vain le .secours de s«m fils, la reine Aliénur est devenu»' maussade et sou()çonneuse. Klle craint d'être enqjnisonnée et me fait, vous ne le croirez pas I goûter tous les remèdes que je lui administre. Dans res condilions-lù, le métier n'est pas |Hjssilj|e. Tout médecin <|ue je suis, il y a des remèdes que vous ne me feriez pas prendre pour tous les trésors d« la terre.

i.E riMPi.i:

Il se moque de nous ! A mort ! à mort !

C 0.-.1 cKnic sérieux ? Vous en voulez ù ma vie ! Vous M»ulez me faire mourir! Ah! c'est le monde renversé. Grâce ! grâce ! pitié ! merci, braves gens ! l»onnes gens ! Mais je suis un être inoffensif ! Mais comme homme, je ne ferais pas de mal à une mouche ! Comme médecin, c'est une autre affaire. Mais on m'a toujours dit que nous n'étions pas responsables. Où allons-nous, ô Esculape ! si l'on lue les médecins, qui donc tuera les malades ?... non, sauvera les malades ?... je perds lu tête !... Je ne sais plus ce que je dis.

LE PrXPLE

Ou'on le pende ! A mort !

(iràcc ! Au secours ! au secours ! (// résiste à ceux qui veulent l'enlrainer.)

A ce moment, le duc Arthur entre à droite, accompagné de Geoffroy de Rohan el suivi de plusieurs chevaliers et écutjers bretons.

Page 1