SCÈNE IV
LES PRÉckoENTS, BUDIK, puis 'WILLIAMS BRUCE Tt GUILLAUME DES ROCHES
BUDIK, [entrant 'avec agîtaUon Myloi^d B^^ce ! il vient ! hâtez-vous !...
Mon père ! Ipnfin, je vais "pouvoir lui dire...
BUDIK
Mais hâtez-voVs ! hâtez-vous ! Messire Guillaume des Roches est Vvec lui.
EDWARD
Eh bien ! quils viennent ! je les attends !
WILLIAMS BRUCE, deboul siiv le seuil
Que veut dire ceci ? Que signifie ? Budik, coinuient vous trouvez-vous ici et que prétendez-vous faire V
BUDIK
Mylord
EDWARD, s'avançanl
Mon père, Budik est innocent ! je suis le seul coupabJe !
WILLL'^MS
Vous ! Ed'vvard i sans mon ordie, vous navoy. p;; craint de quitter l'abbaye ! Et non content de désobéir à votre père, vous osez forfaire à votre roi !... M'expliqucrez-vous votre présence dans cotte salle ? [S'inclinanl devant Arthur.) Pardonnez, Monseigneur, à cette colère qui ne peut se contraindre. Mais un enfant sert mal la meilleure des causes, qui ne sait pas respecter le plus saint des devoirs. {A Edward.) Sortez, Edward, sors, Budik !
GDWABD
Pas avant de vous avoir répondu, -non père. Kh quoi ! vous, un Bruce, un preux, voui ne rougisscï pas du rôle que vous jouez ici ! Vous osez élever la voix devant votre duc, devant votre maître, et vous venez vers lui en compagnie du plu.' lâche des hommes, du plus misérable des traîtres! (// montre du doigt GtnIJ'iitmr c/r<j Rorfira^ qtii taisf^e la ÎC-îe.)
ARTHUR
Guillaume, lu mas lâchement trahi !.•• Si je meurs, la Bretagne te demandera compte de mon sang !
GEOFFROY
Car c'est vous qui lavez livré !
ARTHUR. GEOFFROY cl EDWARD, la main Uvée Honte aux traîtres ! Opprobre éternel sur leur nom l {Gnillawne tombe à ijenoux.)
GUILLAUME
Pardon, Monseigneur, Pardon !
EDWARD
Il n'y a pas de pardon pour les traîtres !
GUILLAUME
Pitié ! pitié !
GEOFFROY
Il n'y a pas de pitié pour les lâches !
GUILLAUME
Miséricorde, Monseigneur !
ARTHUR
Que Dieu vous pardonne, Messire !
WILLIAMS
Pardonnez, Monseigneur ! il est ici pour vojs sauver !
ARTHUR
Lui !... vous !... me sauver !
WILLIAMS, dune voix forlc
Oui donc a cru qu'un Bruce pouvait être assez lâche pour trahir la bonne cause et se vendre aux tyrans ! Et quel est le fils coupable qui n'a pas craint de douter de son père ? {Edivard, honleux cl réjoui, se rapproche de son père.) Ne devais-tu pas penser que si William-; Bruce acceptait la garde de son prince, c'était pour le sauver ?
ARTHUR
Ah ! gouverneur, vous nous a'pportez l'espérance .'
WILLIAMS
Je vous apporte la liberté ! Ce soir, à la nuit, sous des vêtements d'emprunt, vous sortirez du château ; Ah ! si j'étais le maître ici, ce ne serait pas sous un déguisement que je vous rendrais à la Bretagne : je Tondrais me révolter à la face du monde, et crier devant tous : a Bretagne, voilà ton duc ! Angleterre, voilà ton roi !!! »