III I
' ARTUTR.
C;ir onlin , iiiK^ lois laric, (|iip la roupo so hrisc... il iiimporle ! Mais follonient la jeter pleine eiuore à ses pieds ! mais se sentir les lèvres desséeliées alors qu'on aurait pu puiser à une onde fraîche et pure !!! Cela était affreux !
En analysant mes impressions, j'y reconnaissais d'ailleurs mon instinct d'égoïsme habituel; jamais, jamais je ne son^jeais au mal horrible que j'avais fait à Marguerite ou à Hélène, mais je son^reais toujours à la félicité enchanteresse dont la perte me désespérait.
.l'abandonnais, je fuyais Paris, mais je tenais encore, pour ainsi dire maljjré moi, à ce centre de regrets amers, par mille liens invisibles! Si quelquefois je me laissais entraîner à l'espoir de revoir, de retrouver un jour Marguc* ]ite, tout à coup la réalité du passé venait arrêter cet élan de mon ceeur, par une de cea secousses sourdes, brusques, pour ainsi dire électriques, dont la commotion va droit à l'îimo et fait douloureusement tressaillir tout notre ?tre.
.l'étais aussi épouvanté en contemplant avec quelle indifférence je pensais à mon père; et encore, si j'y pensais, c'était pour faire une comparaison sacrilège entre la douleur que
l'UOJF.TS. ^
m'cn.ail aulicJuis ciiiséo sa iiiori, cl le cliagiiu (l'amour que je ressentais.
Faut-il, hélas! l'avouer à ma honte? En étudiant avec une expérience si malheureusement précoce ces différentes sortes de tristesses, ce dernier chagrin me scmhla moins intense, mais plus acre; moins profond, mais plus orageux; moins accahlant , mais plus poignant que le j)remier.
C'est qu'il y a, je crois, deux ordres de souffrances : la souffrance du coeur... légitime et sainte.
La souffrance de l'orgueil... honteuse et misé rahle.
La première, si désolante qu'elle soit, n'a pas d'amertume ; elle est immense, maison est lier de cette immensité de douleur, comme on le serait du religieux accomplissement de quelque grand et triste devoir!
Aussi, les larmes causées par celte souffrance coulent ahondantes et sans peine ; l'àme csl disposée aux plus louchantes émotions de la j)itié; on est plein de commisération et d'amour; enfin, toutes les infortunes sont les s(eurs chéries et respectées de votre infortune.
Au contraire, si vous soufflez pour une cause indigne, votre cceiir est noyé de liel ; votre dou-
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leur roncentri'p ressonibl»' à une ra,q[o mucKc quo l;i lionlc ronlicnt, à une morsure aif{ii(' quf^ la vanité caclic ; Tenvic vl la haine vous rougent , mais vos yeux sont sees , et le malheur d'autrui peut seul vous arracher quelque pâle et morne sourire.
Telles furent du moins les deux nuances de chagrin bien tranchées que je ressentis, lors de la mort de mon père, et lors de ma rupture avec Hélène et Marguerite.
Ce n'était pas tout : à peine avais-je quitté Paris avec lord Falmouth , que , par un misérable caprice, je me repentais d'avoir entrepris ce voyage; non que j'en redoutasse l'issue, mais j'aurais préféré être seul, pour pouvoir bien envisager mon chagrin , lutter avec lui corps à corps, et en triompher peut-être.
Je l'ai bien souvent éprouvé : quand on souffre, rien de plus funeste que de vouloir se distraire de sa douleur.
Si pendant quelques moments vous parvenez à engourdir vos maux, le réveil en est horrible.
Lorsque vous vous trouvez tout à coup précipité dans l'abîme de la souffrance morale, après le choc terrible qui ébranle , qui meurtrit jusqu'aux fibres les plus délicates de votre