CHAPITRE XXXIII
LK DOGTELR.
Bien pénible est la tache que je me suis imposée.
Voici venir encore une des pliases de ma vie que je voudrais pouvoir à jamais effacer de ma mémoire... un de ces moments de terrible vertige, pendant lesquels...
Mais rbeure de cette fatale révélation n'arrivera que trop tôt.
Etourdi du coup violent que j'avais reçu, je m'étais évanoui au moment où le capitaine des pirates tombait à la mer.
Lorsque je revins à moi, je me trouvai couché dans ma chambre, la tête et l'épaule enveloppées de linges.
Le médecin de Ealmoufli, dont j'ai oublié de parler, homme grave et fort instruit, était près de moi.
Ma première pensée fut pour Henry.
— Comment va lord Ealmouth ? — dis-jeau dorleui'.
r,r, ARTIIIR.
— Mylord \a lirs-hicii , monsieur; s;i Mcssure nVst liciircusniiciit pas (lanjjcnMiso.
— \'a-l-il pas la cuisse cassée?
— l uo tirs-forle contusion, plus douloureuse peut-("(i(' qu'une fracture, mais peu fjrave...
— Ml les j) ira tes?
— Ils ont pu échapper et reniellreà la voile, a|)rès avoir j)er(lu cinq des leurs dans celte attaque, mais sans doute ils ein])orlenl un ,q[rand nombre de blessés...
— Kt nous, avons-nous perdu beaucoup de monde ?
— Trois matelots et un contre-maitre ont été tués... de plus, neuf de nos marins sont blessés plus ou m ins grièvement.
— Il fait jour, ce me semble? Quelle heure est-il donc, docteur?
^ Onze heures, monsieur.
— En vérité, je crois rêver... tout ceci s'est donc passé?...
— Cette nuit...
— Et mes blessures, que sont-elles?
— lue l)lessurc à la télé et un coup de poignard à l'épaule gauche... Ah! monsieur, une ligne plus bas... et cette dernière atteinte était mortelle... Mais comment vous sentez-vous ce matin ?