LA LETTRE. TA
volrp nom recoiiimandable écoutez mon
projfl.
!) -Vous allons d'abord à Aialle , pour laisser arriver le terme de voire guérison , et prendre le repos dont vous avez besoin. — Xous renonçons au brûlot de Canaris, et nous retournons on Amjleterre.
» Lors de vos voyages dans mon pays, vous ne vous êtes guère occupé d'études sérieuses r cette fois, guidé par moi, qui partage vos travaux, vous étudierez le mécanisme du gouvernement anglais, ses intérêts, son économie, etc. ; puis nous allons demander les mêmes renseignements à l'Allemagne, à la Russie, aux Etats-Unis^ afin de compléter votre éducation politique.
î; Si je ne savais la maturité précoce de votre esprit, mon ami, je vous dirais de ne pas trop vous effrayer de ce grave itinéraire. Tous deux jeunes, ricbes, gais, intelligents, forts et bardis, connne le sont deux frères qui comptent l'un sur l'autre, nous marcbons à notre but en nous reposant de l'étude dans les plaisirs, et des plaisirs dans l'étude.
•; -Votre position dans le monde et l'espèce même de nos études nous obligeant à parcourir tous les degrés de l'écliellc sociale, nous met-
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Init dans chaque pays en rapport avec toulos les supériorités de nom , d'intelligence ou de fortune. Savcz-vous, enfin, quel est l'horizon lointain de cette existence si brillante, de cette ambition qui met en jeu toutes nos facultés, des plus futiles jusqu'aux plus élevées? Savezvous, enfin, quelle est pour vous la récompense de ces occupations attachantes, mêlées des joies du monde et partagées par l'amitié la plus constante? le sarez-vous?... Peut-être les soins de la destinée d'un grand peuple, car vous pouvez un jour devenir ministre... premier ministre...
•^ Quant aux moyens à employer pour atteindre ce terme, qui va vous paraître incommensurable, nous en causerons, et vous verrez que votre savoir, que votre nom, que votre fortune, que vos longues études politiques, que l'expérience des hommes et des choses que nous aurons acquise pendant nos voyages vous ouvriront les portes du pouvoir, soit que vous vous présentiez à la Chambre des députés, soit que vous entriez dans la carrière diplomatique par quelque emploi r.nportant,
;j En tout cas, mon ami, votre direction devient la mienne : si vous restez à Paris comme membre du gouvernement, j'accepte près de
LA LETTRE. "ô
la cour de France une mission que j'ai longtemps refusée ; si vous êtes envoyé près de quelque cabinet étranger, je puis assez compter sur mon influence pour être sûr d'aller vous rejoindre.
;5 Sans doute , notre position est telle que ni vous ni moi n'avons besoin de ces places pour nous retrouver, et continuer les rapports dont nous sommes si heureux; mais, je vous l'ai dit, il nous faut avant tout combattre votre ennemi mortel... le uksoei vremem , et le combattre d'une manière grande, élevée, en tout digne de votre intelligence. Or, mon ami, aurons-nous jamais une plus noble ambition? nous occuper de la destinée de nos deux pays ! voir notre amitié servir de lien à leurs intérêts,
les unir, les confondre comme elle a uni et
confondu nos cœurs !
^) Et ne me dites pas que ceci soit un rêve, une chimère... Des gens d'un talent médiocre sont arrivés au terme que je vous propose. Et d'ailleurs, lors même que le succès du voyage serait incertain, la route n'est-elle pas admirable? De quelle fécondité pour l'avenir ne seront pas nos tentatives, en admettant même qu'elles soient folles?
Allons, allons, Arlluir, du courage; usez
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lièrcinnnl, «{landeincnt des dons (|ii<' le deslin vous a prodijjiK'S, ot surtout, mon ami, échappez à crlto inarlion si ("unoslc à votre repos et à votre cœur...
;; Oii ! êclinj)pp/-iui ; car, je vous l'avoue, maintenant votre amitié m'est si chère, votre honheiir m'est si précieux, que je ferais tout au monde pour les voir l'un et l'autre abrités par quelque noble et légitime ambition.
» Voilâmes projets... voici mes espérances... Qu'en pensez-vous, mon ami? Je vous ai écrit tout ceci, parce que, malgré moi, j'ai craint qu'en vous parlant une raillerie, un doute de votre part ne vînt glacer mon éloquence ; et comme, avant toute chose, je tenais à vous convaincre, j'ai pris le parti de parler seul.
•) Afin de pousser la bizarrerie jusqu'au bout, je vous demande une réponse écrite.
" Selon que vous accepterez ou non ces offres d'une amitié sincère, votre lettre datera un des jours les plus heureux ou les plus malheureux de ma vie.
DEFIANCE