CHAPITRE XXXVIll
I,K PILOTi:.
Depuis quelques moments, les mouvements de la goélette devenaient de plus en plus durs, .l'entendais au dehors un mugissement continu : (piel{[uelbis augmentant progressivement de violence, il finissait par tonner comme la fou-
'j± .\ W i II l u.
dro... puis à ces éclats soudains succédait un grondement sourd et lointain.
Tantôt les pas précipités des matelots faisaient résonner le pont au-dessus de ma tète, tantôt ce bruit cessait brusquement, ou était (If)miné par la voi\ retentissante de Williams, (|ui donnait des ordres.
Je ne pouvais en douter, nous étions assaillis par une tempête. Il me fut impossible de rester dans l'inaction.
Quoique faible, je voulus me lever, pensant (jue peut-être le grand air me ferait du bien. Je sonnai, et à l'aide de mon valet de cbambre je parvins à m' habiller.
J'avais presque complètement perdu l'usage du bras gauche.
Je montai sur le pont; Falmouth ne s'y trouvait pas.
Les vagues étaient furieuses.
Quoiqu'il fût à peine quatre heures, le jour était si bas qu'on se voyait à peine.
A l'horizon, la mer dessinait les sombres ondulations de sa courbe immense sur une ceinture de lumière ardente comme du bronze rougi au feu.
Au-dessus de cette zone empourprée s'étageaient pesamment de lourdes masses de nua-
ges noirs et ocreux; la voûte du firmament reflétait dans les flots ces ténèbres opaques, et les vagues, perdant leur transparence d'azur ou d'émeraude, ressemblaient à des montagnes de vase marbrée d'écume.
La tempèle sifflait dans les cordages par àcoups furieux et retentissants. Quoique impétueux, le vent élait cliaud ; les vagues qu'il fouettait, et dont les lourdes nappes venaient souvent déferler sur le pont du yacbt, semblaient presque tièdes.
Bientôt le médecin monta. — \'ous êtes imprudent, — me dit-il, — de quitter ainsi votre chambre.
— J'étouffais en bas, docteur; le mouvement du navire me faisait beaucoup souffrir : il me semble qu'ici je suis mieux.
— Quel horrible temps! — dit le docteur, — pourvu que nous puissions atterrir à Malte avant la nuit !
— Xous ne sommes donc pas éloignés de cette île?
— Xous en sommes très-proches, seulement cette brume épaisse nous empêche d'apercevoir les terres. Avant une heure, la goélette va mettre en panne pour demander un pilote... j)ourvu toulelois que par un temps pareil on
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puisse (M)I(MhIi(' nos coups do rauoii cl voir nos signaux.
l'HP lieui'c apirs surv iiit une lôjjèic ôclairrip dans le ciel.
XOns apeirùnu's deianl nous, h lliorizon, (le hautes terres encore voilées de brouillards ; e'élail , à ce que me dil Williams, le cap de Harracli, pointe seplentiionale de l'Ile de Alalte, au haut ducpud s'élevait la tour de I/Kspinasse servant de vigie.
Williams mit alors la goélette en panne, et fil tirer plusieurs coups de canon pour demander un pilnte.
— Le vent est si fort, — me dit le docteur, — que les pilotes de Harrach n'oseront ])eutétre pas s'aventurer en mer.
Xéanmoins, après les salves du yacht, nous vîmes plusieurs fois apparaître au sonmiet des lames et disparaître dans leurs noires profondeurs une petite voile latine hardiment manœuvré e.
— 11 faut que ces Maltais soient de bien intrépides marins, — me dit le docteur; — car ils viennent, malgré cette mer épouvantable, presque droit dans le vent.
Le bateau pilote s'approchait de plus en plus; mais comme, en s' approchant , il de-
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nieurail quelquefois caché par la hauteur des Ilots, et ne reparaissait ainsi qu'à d'assez longs intervalles, à chacune de ses apparitions progressives aur la crête des lames il senihlait tout à coup démesurément grandi.
Je ne sais pourquoi cet effet, fort naturel d'ailleurs, me senihlait étrange.
Enfin ce hateau parut à une portée de fusil de la goélette.
Par ordre de Williams on lui jeta une amarre. Je m'approchai pour mieux voir ces hardis marins.
Ils étaient cinq : quatre occupés à la manœuvre des voiles, l'autre au gouvernail.
Après avoir fort hahilement élongé le yacht, pour recevoir le cordage qu'on lui jeta, l'homme qui était au timon profita du moment où la lame élevait le hateau qu'il montait , presque au niveau du pont de la goélette, pour y sauter adroitement en s' accrochant aux hauhans.
Tne fois cet homme à hord du yacht, les autres matelots allèrent mettre leur emharcation h la remorque de la goélette.
Le pilote, après avoir salué Williams, commença de marcher sur le pont , malgré le hrusque tangage de la goélette, avec une sûreté
'.)C .\HTlirH.
(If pied (jiii ppniivail une l()ii<]ur |)r;ili(|ii(' delà iKU i'jiilion.
liii'iilùl il s'uinHa, k'va la li-U' et jcla im coup d'onil de connaisseur sur le grécmenl du yacht, donl il fui sans doute satisfait, car il lit un signe d'approbation muette.
Malgré la teni{)ète et les dangers que la goi'letle pouvait courir , car la nuit avançait et la violence du vent ne diminuait pas, cet honnne avait une apparence de sécurité telle que la physionomie de l'équipage, jusqu'alors quelque peu assombrie, se rasséréna tout à coup... On eût dit que le pilote apportait avec lui cette confiance subite qu'inspire souvent l'arrivée d'un médecin impaliemment attendu par une famille inquiète.
M'élant tenu près du couronnement où je m'appuyais, afin de ne pas être renversé par les secousses du navire, je n'avais encore pu bien voir le pilote ; mais bientôt il s'approcha près de moi.
Cet homme pouvait avoir quarante ans. Il était d'une stature élevée, maigre, osseux; ses traits étaient basanés, ses joues creuses, ses yeux verts, ses sourcils noirs, épais et rudes. Il portait un bonnet de laine à carreaux écossais rouges et bleus, qui lui cachait exactement le
i'ronl jusqu'aux orbilcs. Lu gros capot de drap brun , ruisselant d'eau de mer et cachant le haut de ses grandes hottes de pécheur, complétait son costume.
Je ne sais pourquoi il me sembla que cet homme ne m'était pas inconnu. J'avais un souvenir vague de sa physionomie sinistre, quoiqu'il me fût impossible de me rappeler les circonstances de cette rencontre; néanmoins je ressentais une impression désagréable que j'attribuais au malaise et à la fièvre.
— Pourrons-nous mouiller à AlaUe ce soir, pilote? — lui demanda WiUiams.
Après s'être approché des boussoles et avoir assez longtemps interrogé l'état du ciel, de la mer et du vent, le pilote répondit en très-bon anglais : — \ous pourrons peut-être aborder dans l'île ce soir... mais non pas dans le port de Malte, monsieur.
— Xon!... — s'écria Williams, — et pour- (pioi ?
— Parce que ça n'est pas possible, — dit le pilote avec insouciance.
— Alais, — reprit U illiams, — quoique le vent soit très-fort et qu'il souffle du nord, il n'est pas assez violent pour nous jeter à la
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côle. La goclcllc maïKiMiirc a incrvcille , elle saura bien s'élever...
— Et saura-t-ellc résister à la rapidité des courants qui lilent de sept à huit nonids à l'heure, monsieur, et (pii, comme le vent, portent cir pleine côte?
— Je vous dis, pilote, — reprit Williams, — qu'il y a deux ans je suis entré à Malle par un temps encore plus forcé que celui-là...
— -Mais non pas plus forcé que celui qui menace pour cette nuit, — dit le pilote.
— Pour celte nuit? — reprit Williams d'un air incrédule.
— Pour celte nuit , — reprit le pilote avec fermeté.
— Quels indices certains avez-vous du temps qu'il fera cette nuit, pilote?
— La pointe Tamea et les précipices de Kamicli sont à cette heure submergés..., et c'est toujours le signe précurseur d'une grande tempête.
— Ce sont là des terreurs et des superstitions de bonne femme ! — s'écria W illiams.
Le pilote attacha sur lui ses yeux verts et perçants , haussa légèrement les épaules et sourit.
Ti0rs(|ue cet lionnnc se prit à souriio, je me
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ciiis SOUS l'obsession d'un rêve; il me scinhla leconnaiti-e les dents blanches, séparées, aiguës du pirate avec lequel j'avais lutté corps à corps lors de l'attaque de la goélette.
Mon étonnenient fut si grand, que je fis tout à coup deux pas en avant en attachant sur le pilote des yeux stupéfaits; mais celui-ci supporta mon regard avec la plus parAiite impassibilité, et, je l'avoue, je fus obligé de baisser la tète devant son coup-d'œil calme et indifférent.
Williams, impatient du silence du pilote, lui dit sans s'apercevoir de ma préoccupation : — Mais enfin, que proposez-vous?
— Si le temps devient trop forcé, comme je n'en doute pas, monsieur, au lieu de risquer de voir le yacht jeté à la colc par la tempête et par les courants, avant qu'il n'ait pu atteindre l'entrée du port de Malte, mon avis est de doubler la pointe de Harrach, et au lieu d'aborder du côté nord de l'île, d'aborder à la côte sud... au petit port de Marsa-Siroco, où vous trouverez un très-bon mouillage. Si , comme vous le dites, votre goélette s'élève bien au vent, alors rien ne gênera sa manœuvre une fois sous le vent de l'île... mais au moins, en cas He tempête, elle ne ris(|ueia pas d'être jetée à la côte, puis-
luo AHTIUR
qircllo iUiiu ficniric clic, pniir J'uir dovaiil le l(Mi)[)s, les cciil limes qui séparciil I ilc de Malle de la côle nord d' Afrique.
— Ceilc proposilion seul Uop la liniidilé, pilole ! — s' écria Uilliariis ; — une ourque 11aniande auiait plus de hardiesse, JVailleurs, niilord veul absolunienl mouiller ce soir dans le porl de Malle, el moi je maintiens la chose pralicahle.
— Alors, il laul Texéculer vous-même, monsieur, — repril le pilote d'un air impassible; puis, allant à l'arrière, il dil en anglais au\ malelols qui restaient dans sa chaloupe : — Holà!... préparez- vous à larguer l'amarre, nous allons retourner à Harrach...
rA'Itefois encore, en entendant la voix claire et perçante du pilote, sauf la différence d'idiome, il me sembla reconnaître l'accent de rhomme au capuchon noir, qui, un moment avant l'abordage du yacht, avait crié à ses pirates : \e tirez pas! à l'abordage!
Williams, voyant que le pilote s'apprêtait sérieusement à partir, lui dit d'attendre un instant, qu'il allait prendre les derniers ordres du lord, et il disparut en effet.
Je restai sur le pont dans une perplexité de plus en plus grande.
Il fst vrai que j' étais bien certain de reconnaître la voix et la bizarre disposition de dents de cet bomme, mais ceci ne pouvait-il pas être un jeu du Iiasard? Quelle apparence qu'un Jiomnie blessé et jeté à la nier, il y avait luiit jours, fût ce même pilote maltais que je retrouvais vigoureux et dispos?
Je regardais toujours fixement le pilote; il ne détournait pas la vue. Sans doute fatigué de cette muette observation, il s'avança vers moi, et me dit résolument : — Que me voulez-vous donc, monsieur ?
— Vous êtes depuis longtemps pilote à Malte ? — lui demandai-je.
— Depuis sept ans, monsieur. — El il me montra une large plaque d'argent qu'une longue cliaîne du même métal tenait attacbée sous son capot.
Sur cette plaque je vis, d'un côté, les armes d'Angleterre et, de l'autre, le nom de Jotcp/t Jîchnont, j)il(>(r roijal, n" IS.
— Mais vous êtes Français? — lui demandaije en français.
— Oui, monsieur, — me répondit-il.
Mon étonnement était à son comble.
\\ illiams reparut sur le pont, et s'adressant an pilote :
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— Allons, failrs rommo vous rcnlcndroz.... niylord y cûiisenl.
-— lid mer ticvicnt si fjrosso, — dit le pilolr à \\ illiams, — ^|uo je vais donner Tordre à mes jnalclots de (jiiiller leur amarre et de nous suivre à peu de dislance.
Kn elïel, remi)ar(alion , abandonnant le cordage qui la reniorquail, navigua de conserve avec le yacht.
La nuit vint...
Selon l'usage, Williams remit au pilole le porte-voix, insigne du commandement.
Les prédictions de cet homme au sujet du temps se réalisèrent bientôt; car, quoique celte nouvelle duTction nous eut mis en quelques bordées sous le vent de l'île, et conséquemment nous eut beaucoup abrités, la tempête augmentait de violence.
Le pilote, debout près du gouvernail, donnait ses ordres avec un calme parfait, et, au dire de Williams, il manœuvrait avec une sagesse et une habileté rares.
En attendant le lever de la lune, qui devait faciliter notre mouillage, nous louvoyions alors parallèlement à la côte méridionale de Tile de Malte.
La nuit élait profonde.
Les lampes des hoiissoles, renfermées dans leurs hoîtes de cuivre, formaient une pâle auréole au pied du grand mât. Cette lumière éclairait seulement le timonier et le pilote, tandis que le reste du yacht et de T équipage demeurait plongé dans une oljscurité que le contraste de la lumière faisait paraître plus épaisse encore.
Ainsi reflétés en dessons par cette clarté, à peu près comme le sont les acteurs par la rampe de la scène d'un théâtre, les traits du pilote me parurent avoir un caractère étrange d'audace, de ruse et de méchanceté.
Quoique le temps fût affreux, quoique la proue du yacht fût à chaque instant couverte par les lames furieuses, de temps à autre je vis le pilote se frotter les mains avec une sorte de satisfaction farouche en souriant d'un rire singulier qui montrait ses dents l)lanches, aiguës et séparées.
Ktait-ce un senlinienl tout contraire , je ne sais... mais dans ce moment il me semblait parfaitement reconnaître le pirate contre lequel j'avais lutté. Cette préoccupation devmt telle (|uc, malgré ma lésolulion de mv taire à ce
sujet, jo lie j)iis iircinprcliri" dr (Irmaiulcr ;\ W iHiains s'il ('luil bien sur de ccl liomiiic.
— Aussi sur qu'ctii priil Trlre ! \otro consril (\v marine du poil dv .Malle n'accorde jamais de commissions de piloles qu'à des tjens éprouvés... Celui-ci m'a montré sa patente; elle est fort en règle. Tout mi lui révèle, d'ailleurs, un excellent marin... el je commence à croire qu'il avait raison, Ouoi(jue nous soyons abiités par la terre, vous le voyez, nous ressentons encore si rudement la violence du vent, que cette tempête, renforcée des courants très-rapides qui portent à la côte, aurait bien pu y jeler notre yacht.
— Vous allez trouver mon idée bien étrange, — dis-je en hésitant à W illiams, — mais quelquefois il me semble reconnaître dans ce pilote...
— Qui donc, monsieur ?
— Le capitaine des pirates contre lequel je me suis battu et que je croyais tombé à la mer.
— H fait si noir que je ne puis voir l'expression de vos traits, monsieur, — répondit \\ illiams, — mais je suis sûr que vous riez en me disant cela.
— Je vous parle très-sérieusement, je vous jure.
LE PILOTE. lOr,
— Mais, monsieur, songez donc que cela est impossible: encore une fois, les fondions de pilote ne sont confiées qu'à des gens très-connus; ils ne peuvent quitter leur poste que pour venir piloter les bâtiments qui entrent dans File. Songez donc encore que ce mystic pirate était déjà mouillé à Porquerolles depuis plus d'un mois lors de l'arrivée du yacht de mylord aux lies d'Hyêres... Songez donc que... Mais, — dit Williams en s'interrompant et en me quittant, — voici la lune qui se lève et se dégage des nuages ; sa clarté va nous servir pour atteindre le mouillage... Excusez-moi, monsieur... mais il me faut faire préparer les ancres...
Les raisons que m'avait données \\ illiams, quoique solides en apparence, ne purent tout à fait me convaincre.
Pourtant , voyant que riieure du débarquement approchait, et qu'en cïïuty au dire de gens expérimentés, la manœuvre du pilote avait été aussi prudente qu'habile, je fus forcé du moins de suspendre mon jugement, car jusqu'alors on ne pouvait faire aucun reproche à l' homme que je soupçonnais.
Le docteur monta sur le pont, me donna des nouvelles de Falmouth et me demanda (\o^ miennes.
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— IjC orand air mo fail du h'wu, — lui disje, — el ma blessure me semble moins douloureuse.
— Dieu merei, — dil-il, — mjlord se trouve mieux aussi; eelle contusion aura été violente, mais ses suites de j)eu de durée. Tout à Tlicure il vient de marcber seul. Le piloie avait raison, — ajouta le docteur en me montrant les vagues ; — voyez comme la mer semble se calmer à mesure que nous approchons des terres de File...
En effet, f^aranties de la violence du vent par la hauteur de la ceinture des rochers à pic qui forment la côte méridionale de Malte, les vagues s'aplanissaient de plus en plus.
Bientôt la lune se dégageant tout à fuit des nuages qui l'avaient jusqu'alors obscurcie, éclaira parfaitement une immense muraille de rochers qui s'étendait devant nous, et dont le pied était baigné par la mer.
La goélette était alors à une portée de canon du rivage que nous prolongions; à peu de distance de nous, se tenait le bateau pilote.
— Xous allons bientôt atteindre le port de Marsa-Siroco ? — lui demanda Williams, qui connaissait les différents mouillages de file.
— Xous y serons bientôt. Mais comme nous
devons passer entie les pierres noires el la pointe (le la W'ardi, et que ce chenal est Irèstiangereux à cause des brisants, je vais, monsieur, SI vous le voulez, prendre le gouvernail, — dit le pilote à W illiams.
D'après un signe de ce dernier, le timonier quitta la barre.
Je me rappelle cette scène comme si elle s'était passée hier.
J'étais assis sur le couronnement.
Devant moi, Williams, très-près du pilote .qui prit le timon, interrogeait comme lui tour à tour la boussole, la côte et la voilure du yacht.
Le docteur, penché sur la lisse, regardait le sillage du navire... A très-peu de distance de nous on voyait le bateau-pilote, qui me sembla ne plus faire la même route que le yacht ; cela me parut singulier...
Devant et trè.s-près de nous s'élevait une énorme masse de rochers perpendiculaires.
Quoique la mer (Vit devenue |)Ius calme, elle était encore sourdement soulevée par une forte houle dont les ondulations immenses allaient se ])riser sur le l'ivjige avec un bruit formidable.