‹ Arthur (volume 4)Chapitre 27 sur 58 · A HT H · texte numérisé non relu

A HT H

JOIRS I)K SUI.KIL.

Ile de Khius, 20 juin IH...

Je ne sais ce que l'avenir me icserve ; mais, ainsi que je disais autrefois dans mes jours de tristesse et de désolation, comme il faut plus se défier de soi que de m destinée, je veux au moins un jour, en relisant ces pages, revoir les riants tableaux au milieu desquels je vis maintenant si heureux.

J'écris ceci le 20 juin 18... dans le palais Cariiia situé sur un des côtés de l'ile de Khios, environ un an après la perte du yacht.

Lors de ce grand péril , ce pauvre Henry m'a sauvé la vie. .Malgré sa blessure, il nageait vigoureusement vers le rivage. Aie voyant sur le point de me noyer , car je pouvais ù peine me servir de mon bras gauche, Falmouth m'a saisi d'une main, et, de l'autre luttant contre la houle, il m'a déposé mourant sur la grève.

Mes forces s'étaient sans doute épuisées par les émotions du combat , par ma blessure, par mes efforts désespérés lors du naufrage, car je suis resté longtemps eu proie au débre d'une

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lièvre ardente dont j'ai été guéri par les soins excellents du médecin que Falnioutli m'aiait laissé.

J'étais si gravement malade qu'on fut obligé de me transporter à Marsa-Siroco, petit bourg maltais voisin de la côte où avait péri la goélette ; je restai dans ce village jusqu'à ma parlaite convalescence. Lorsque le délire me quitla et que je pus causer, le docteur m'apprit les circonstances dont je viens de parler , et me remit une lettre de Falmouth que je joins à ce journal.

-Après tout, j'aime encore mieux, mon cher comte , vous avoir sauvé de la noyade que de vous avoir logé une balle dans la tète, ou d'avoir reçu de vous un semblable souvenir d'amitié.

)' .l'espère que la vigoureuse r/oi/r/^f que vous avez reçue pendant ce naufrage sera d'un elTet salutaire pour l'avenir, et quelle vous aura délivré de vos acchs de folie.

» .Mes projets sont changés, ou plulôt rede-* viennent ce qu'ils étaient d'abord; plus que jamais je tiens à me passer ma fantaisie du brûlot de Canaris; mais comme la méchanceté diabolique de ce pirate-pilote, que la potence

ic'cluino, a perdu mon pauvre jachl, j'ai livlc un bàlimenl à Malte et je pars pour Hydra.

:; Au revoir. Si nous nous retrouvons un jour, nous rirons fort, je l'espère^ de tout ceci.

" }{. F.U, MOITH.

" P. S. Je vous laisse le docteur, car on dit les médecins maltais détestables. Il vous remettra une lettre de recommandation pour le lord gouverneur de Tile.

" Renvoyez-moi le docteur à Hydra par la première occasion quand vous n'en aurez plus besoin. »

Je suis maintenant si engourdi par le bonbeur , que c'est à peine si je me souviens des regrets poignants que dut me laisser cette lettre si froidement railleuse.

l'ne fois à Malte, je vis lord P..., qui fut pour moi d'une obligeance parfaite. — Il fit faire les recbercbes les plus actives pour découvrir le prétendu pilote. Ce misérable avait en effet appartenu à la marine anglaise, mais depuis deux ans il avait quitté les fonctions de pilotage de Tile de Malte.

Son signalement fut envoyé dans tout TAr-

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rilipel, où on le soupçonnait d'exorror In pi-= raloric.

Je vis chez lord P... un certain marquis Justiniani, descendant de cette ancienne et illustre maison de Justiniani de Gènes , qui donna des ducs à \ enise et des souverains à quelques îles de la Grèce.

Le marquis possédait d'assez grandes propriétés dans l'ile de Khios , qui venait d'être récemment ravagée par les Turcs.

Il me parla d'un palais appelé \q palais Carina , bâti vers la fin du seizième siècle par le cardinal Ange Justiniani, Le marquis avait longtemps loué ce palais à un aga. La description qu'il me fit de cet édifice et du climat me séduisit. Je lui proposai de partir pour Khios, de visiter l'habitation et le parc qui en dépendait, et de lui louer ou de lui acheter le tout si cela se trouvait à ma convenance.

.Vous partîmes.

Après trois jours de traversée nous débarquâmes ici.

Partout les Turcs avaient laissé les traces sanglantes de leur passage ; ils tenaient garnison dans le château de Khios. — .\Li qualité de iM-anrais et l'attitude ferme et digne de nolic marine et de nos consuls dans le Levant m'as-

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