J ^RTHIR
lantaisip, jr porlais aijssil«'»l sis j)rlils (Uù*^ln h mes lèvres, sans lui donner le (cnips do mollrc ma main <Ians relie de s.i mère.
La veille du jour de nolfe arrivée à Paris, j'étais donc déridé à risquer un nouvel aveu, lorsqu'un incident hi/aiic, qui semblait devoir m'encourager à celle dénia i-elie, me donna des pensées contraires.
Je n'avais pas encore pu pénétrer si madame de Fersen était ou non jalouse de l'attaeliement de sa lllle pour moi; si quelquefois elle m'en avait parlé d'une manière fort moqueuse et fort gaie, d'autres fois au contraire c'avait été avec tristesse et presque avec amertume.
('e jour-là, Irène, en tiers avec nous dans la voiture de sa mère, lui avait demandé si j'aurais une belle chambre à Paris.
Je m'étais hâté de répondre à l'enfant que j'habiterais dans ma maison à moi, et non pas dans la sienne.
A ces mots, selon son usage, Irène s'était mise à pleurer silencieusement.
Madame de Fersen, voyant ses larmes, s'écria avec une impatience chagrine : u Mon Dieu!... qu'a donc cette enfant?... pourquoi vous aime-t-elle ainsi?... C'est odieux!
LES ADIEÎX 2-2:,
— Elle m'aime peut-être piir la même raison qui lui faisait aimer Iian , '; — lui dis-je.
Comme madame de Fersen ne semblait pas me comprendre , je lui expliquai alors le sens que j'attachais à ces paroles, en lui parlant de la tradition sanscrite.
Madame de Fersen crut que je raillais.
J'ai dit que cette tradition était écrite dans un livre rempli de notes de la main de mon j)ère , relatives à un de ses voyages en Angleterre.
Heureusement ce manuscrit se trouvait dans ma voilure, car lécemment j'avais cherché quelques renseignements dans ces notes, afin d'expliquer à madame de Fersen la perpétuité de certains usages d'Kcosse.
A un relais, j'allai chercher le manuscrit et je le montrai à madame de Fersen.
Sa date était si précise, l'écriture était si ancienne que Catherine ne pouvait douter de son authenticité.
.le n'oublierai jamais le regard voilé de larmes que madame de Fersen attacha longtemps sur moi en laissant retomber- le livre sur ses genoux...
Sans doute elle éprouvait l'émotion étrange que je ressentis, lorsque je rapprochai l'alTec-
ûi\ ARTHIH.
tioii d'Ii-riiP poiii' Ivaii, ri la moi-( de coliii-ri, (le la Icllif t\c (('lie i'lran<][p tradition :
JjCs (jcna qui doivent périr (Vunc inorl fntdif ■mvcnl charmer Ira enffntt.^ et les fous !
Iirnc avait pour moi le nirmc atlarlionioiit (|ir('llo avait ou pour Ivan... mon sort no poui ait-il j)as èlic ((.'lui d'Ivan?...
Pour comprendre d'ailleurs tout rinl(''r(''t que cette di'couvcrle inspirait à madame de Fersen, il faut savoir que très-souvent je lui avais avou('' naïvement que j'étais extr(''mement superstitieux, ce qui est vrai... et de plus j'avais même ("'veillc' en elle quel(|ues fjermes de la mc^mc faiblesse, en lui ra(onlant beaucoup d'histoires singulières qui l'avaient fort impressionn("'e.
Je l'avoue... il me sembla lire dans le regard de madame de Fersen, dans son émotion, dans son trouble, plus que de l'amitié... plus que l'expression d'un regret touchant.
Ivre d'espoir, un nouvel aveu me vint aux lèvres... mais heureusement je le retins, car j'aurais commis une faute irréparable...
Si les sentiments de madame de Fersen étaient véritablement tendres... n'eût-il pas été stupide à moi d'en avertir sa vigilante vertu, qui eut étouffé sous l'impérieuse volonté du devoir ce
LES ADIEUX. iir,
vague et premier instinct d'amour qui s'ê\ eiliait dans son cœur?
Si, au contraire, l'intérêt que madame de Fersen me témoignait était simplement amical, ma présomptueuse croyance m'eût couvert de ridicule à ses yeux...
Le tour que prit bientôt la conversation amena naturellement une proposition que je voulais faire à madame de Fersen, autant dans l'intérêt de sa réputation que dans l'intérêt de ma tendresse.
Xous causions d'Irène.
u Pauvre enfant, — dis-je à sa mère, — comment, maintenant, pourra-t-elle se déshabituer de me voir?...
— Mais elle conservera, je l'espère pour elle et pour moi , cette douce habitude , — me répondit Catherine ; — car il est bien convenu qu'une fois à Paris... 7ws entretiens de la galerie, comme nous les appelons, continueront toujours... La position de AL de Fersen et la mienne étant des plus indépendantes à la cour de France, je ne serai soumise qu'aux devoirs que je voudrai bien m'imposer, et je vous assure que nulle distraction , nul plaisir ne me feront manquer à ces amicales et bonnes causeries de chaque jour, si toutefois, — ajouta main. 1^
Ain lin;
(lame de Forscii en souriant, — si tonlcfois vos aiicipiis amis vous laissent k* loisir do penser aux nouveaux... -Mais je compte beaucoup sur ma qualité d'étrangère, et sur votre galaii- \cv\c toute française, pour vous forcer à être jnon cicérone, et à me faire les honneurs de Paris, car je ne veux rien voir, rien admirer que guidée par vous... •'
Il me fallut, je l'avoue, un grand courage, un grand amour, une grande terreur des flétrissantes calomnies du monde, pour venir renverser l'avenir charmant que madame de Fersen rêvait pour nous deux.
Après quelques minutes de silence : «• Madame, — lui dis-je avec une tristesse, avec une émotion profondes, — vous ne mettez pas en doute... mon resperlueux attachement pour vous ?
— Quelle question!... mais j'y crois fermement au contraire... Oui... j'y crois... je serais malheureuse de ne pas y croire...
— Eh bien! madame, permettez à un ami vrai... dévoué... de vous dire... ce qu'il dirait à une sœur ; et puis quand vous m'aurez entendu, ne vous laissez pas entraîner à votre première impression, car elle me sera peu favorable... mais la ré'le.xion vous prouvera