‹ Arthur (volume 5)Chapitre 19 sur 21 · RENCONTRE · texte numérisé non relu

RENCONTRE

remarquai une d'elles, parce qu'elle me parut neuve et singulièrement propre ; elle était très petite, et une grille à hauteur d'appui défendait une espèce de carré de jardin, pareil à ceux qu'on voit devant les maisons en Angleterre. En dehors de ce jardin et à l'un des angles de la maison, était une porte verte à marteau de cuivre ; il n'y avait qu'un étage, trois fenêtres au rez-de-chaussée, et trois fenêtres au premier. A travers les volets fermés, je remarquai deux trous très petits , sans doute destinés à laisser passer le jour à l'intérieur; une vive lumière s'échappait de ces ouvertures pratiquées à la hauteur de mes regards. Je cédai à un moment d'insouciante curiosité , et je regardai.

On avait laissé les rideaux ouverts ; je pus donc voir à travers les vitres l'intérieur de cet appartement.

Mais que devins-je, grand Dieu, quand je reconnus Hélène!

J'étais stupéfait, car je la croyais encore en Allemagne avec sa mère=

3l6 ARTHUR.

Je détournai un instant ma vue ; car mon émotion était saisissante, profonde.

Et mon cœur battait si violemment que ses pulsations m'étaient douloureuses; pourtant, dominé par une ardente curiosité, je regardai de nouveau.

Oh ! qu'Hélène me parut embellie ! Elle n'était plus frêle et un peu courbée comme autrefois, ses éjDaules étaient élargies, ses formes plus développées, plus arrondies; mais sa taille charmante, toujours fine et svelte. Puis ses joues fraîches et roses, son front calme et pur; tout son extérieur, enfin, révélait une apparence de quiétude et de sérénité qui, je l'avoue, me fit un mal horrible; car je me vis à tout jamais oublié... puisqu'elle ne semblait pas souffrir.

Hélène était vêtue d'une robe de soie noire, ses admirables cheveux blonds tombaient en grosses boucles sur son front et sur son cou, et comme toujours, je remarquai qu'elle était chaussée à ravir.

A mesure que mon œil s'habituait à regarder par un si petit esi^ace; l'horizon que

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