‹ Arthur (volume 5)Chapitre 4 sur 21 · CHAPITRE DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIEME

piima-6era.

Avant de me rendre à Thôtel dePenâfiel, je comparais l'impression que j'éprouvais , Impression chagrine, défiante , à l'abandon insouciant, et au doux entraînement de ma vie d'autrefois auprès d'Hélène , sûr que j'étais, en entrant dans le vieux *alon de II. 5

Gerval, d'être toujours accueilli par un sourire bienveillant de tous.

Sans redouter celte entrevue avec madame de Pëaâfit'l, je savais que, par une bizarre et pourtant fréquente contradiction des jugements du monde, bien qu'elle fut généralement dénigrée, calomniée, son salon était néanmoins fort considéré ; il avait de plus une très grande puissance , en cela : que, fausse ou vraie, il imposait tout d'abord à chacun la valeur au taux de laquelle il était désormais irrévocablement reçu et compté dans le monde.

Le nombre déjà restreint de ces sortes de maisons, si souverainement influentes, qu'elles décidaient seules et sans apj)el de la place de chacun clans la très bonne compagnie, diminue de jour en jour.

Cela se conçoit; il n'y a plus guère d'hommes, sur qui exercer cette omnipotence; la vie des clubs et des chambres représentatives , ces autres grands clubs politiques, a tout envahi. Entre le discours d'aujourd'hui ou celui de demain, entre une partie

de whist ou une revanche de deux ou trois mille louis , parmi tous les calculs anxieux et absorbants d'un pari de course, dans laquelle on a engage un cheval pour une somme énorme, il reste bien peu de temps pour cette causerie douce, intime, fleurie, élégante , qui d'ailleurs n'a pas décho dans le pays! comme disent les monomanes de la tribune , et ne vous fait ni perdre ni gagner d'argent, au whist ou sur le turf (1).

Et puis cette existence du monde est gênante ; il faut faire une toilette de soirée, pour aller étouffer dans un raout^ et se geler ensuite en attendant sa voiture, tandis qu'il est si commode et si agréable de s'étendre dans les moelleux fauteuils d'un club, d'y faire une paisible sieste après son dîner, afin de se réveiller frais et dispos, pour commencer quelque whist nerveux , sans autre distraction que la fumée de son cigare.

(i) Terrain de course; — liaus celte acception, — endroit où s'engagent les paris.

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