‹ ArthurChapitre 23 sur 89 · L'AVEU. 1U · texte numérisé non relu

L'AVEU. 1U

111 retirer nia main, m presser la sienne : aussi je la sentis peu à peu se réchauffer, el bientôl devenir brûlante... Aux tressaillements nerveux (le son hras charmant j'aurais pu compter les battements précipités de son sein... Je me sentais faible, et j'éprouvais une impression à la fois ineffable et triste.

0 sérénité candide des premières émotions, qui vous remplacera jamais î 0 source si pure à sa naissance ! que sa fraîcheur est délicieuse, lorsqu'elle* murmure paisible , craintive et ignorée, sous quelques touffes de verdure ; mais, hélas ! combien elle perd de son charme le plus attrayant alors qu elle baigne et reflète indifféremment toutes les rives, dont les débris souillent à jamais le courant de ses eauv troublées î

J'aimais Hélène avec passion, avec idolâtrie, et pourtant je n'avais pas encore osé lui faire l'aveu de ma tendresse.

In jour, nous nous promenions avec mademoiselle de Verteuil, qui avait été au couvent avec Hélène. Je ne sais à quel propos on vint à parler de fêles et d'anniversaires; tout à coup mademoiselle Sophie de Veiteuil se mit à dire éfourdiment à son amie, en me regardant :

lOs AUTHIH.

u To souvicns-lu, Hôlèno, Ho nos transes de petites filles (juand in fêtais sa fêle. ^ ')

Hélène rougit beaucoup, fit un mouvement de dépit, et répondit brusquement à son amie : u Je ne vous comprends pas. )> La pauvre enfant se tut, et nous rentrâmes tous trois fort tristes.

Le lendemain, rencontrant mademoiselle de Vertcuil dans la bibliothèque, je voulus savoir d'elle le sens de ces mots qui, la veiUe, avaient j)aru faire tant d'impression sur Hélène. Après de longues hésitations, elle finit par m' avouer qu'au couvent, chaque année, Hélène célébrait ma fête avec une solennité enfantine : les préparatifs se bornaient à acheter un gros bouquet de fleurs qu elle nouait avec un beau ruban, sur lequel elle avait mystérieusement brodé les initiales de mon nom; et puis elle allait poser ce bouquet sur un vase de marbre qui gisait mutilé dans un coin retiré du jardin du couvent, et passait ses heures de récréations en prières devant ce bouquet, demandant à Dieu un heureux voyage pour moi.

Mademoiselle deVerteuil ne tarissait pas sur les terreurs d'Hélène, alors qu'elle craignait d'être surprise en brodant le ruban, et de ses

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