ART H LU
le maiiôge de madame de Pënàlicl, si elle voulait être fausse.
Seulement, j'avais pressenti que, dans le cas où je voudrais me ranger au nombre de ses adorateurs, si invisiblement nombreux, disaiton, il serait bien qu'au retour de son voyage de Bretagne je fusse, ou du moins je semblasse occupe d'un autre intérêt, afin de me trouver en mesure de paraître sacrifier quelque chose à madame de Pcnàfiel, une femme étant beaucoup plus llaltée d'un hommage, quand on peut y joindre et mettre à ses pieds l'oubli d'une affection déjà acquise. Alors, il y a non-seulement triomphe, mais avantage remporté parhi comparaison.
Je résolus donc, avant le retour de madame de Pënàfiel, de m'occuper d'une femme qui fût à la mode, et qui de plus possédât un courtisan officiellement reconnu.
Je tenais à ces deux conditions, afin de rendre le bruit de mon intérêt supposé beaucoup plus rapide et plus retentissant. Le calcul était simple, en cela que, dès que le monde s'apercevrait de mes prétentions, il ne manquerait pas aussitôt, avec sa charité et sa véracité habituelles, de se charger de proclamer à toute
voix la dccliéaiice de T ancien courtisan et mon exaltation récente.
Je me décidai donc à tacher de faire agréer mes soins par une femme à la mode.
Ce qui m'attristait profondément, c'est qu'en faisant à froid ces calculs de mensonges et de tromperies basses et mesquines, j'en comprenais toute la pauvreté; je n'avais pas pour excuse r entraînement des sens ou de la passion, pas même un vif désir de plaire à madame de Pënàfiel. C'était je ne sais quel vague espoir de distraction, quel besoin impérieux d'occuper mon esprit inquiet et toujours mécontent, de chercher enfin dans les hasards misérables de la vie du monde quelque accident imprévu qui me pût sortir de cette morne et douloureuse apathie qui m'écrasait.
Chose étrange encore, une fois dans le monde et à Vœidre, je retrouvais pour ainsi dire ma jeunesse, ma gaieté, quelques heures de joie et de vanité contente ; il me semblait alors , pour ainsi dire, que j'étais double, tant je m'étonnais de m' entendre parler ainsi follement... et puis, une fois seul avec mes réflexions, ma pensée recommençait d'être agitée par mille ennuis
li A UT H LU.
sans causr, mille incertitudes pénibles sur moi, sur tous et sur tout.