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L'ALBUM VERT

avec une femme de ses amies, elle vint prendre part à la conversation, et fit ce qu'il fallait, du moins je le crus, pour la généraliser : je ne dis pas un mot à madame de Pënàiiel, et, dès que je pus convenablement sortir de Fentrctien, je saluai profondément et me retirai.

Quelques jours après elle se plaignit au comte, en plaisantant à ce sujet, démon manque desavoir-vivre. Il répondit qu'au contraire j'étais extrêmement formaliste, et que je ne trouvais sans doute ni poli, ni convenable d'adresser la parole à une femme à laquelle on n'avait pas eu l'honneur d'être présenté.

Madame de Pënàfiel lui tourna le dos, et de quinze jours je n'en entendis plus parler.

Bien que ma curiosité fût extrême, je ne voulais, pour les causes que j'ai dites, m' avancer davantage. Je m'en tins donc à mon rôle, et je continuai de laisser croire au comte que je trouvais un grand charme dans l'affection que je possédais, et que, par faiblesse ou par attachement, j'avais promis de ne faire aucune démarche pour être présenté à une femme aussi séduisante et aussi dangereuse que madame de rënàfiel, démarche qui d'ailleurs pouvait être couronnée d'un refus, que mon tardif empressement expliquerait du reste.

ARTHIR.

Environ quinze jours après ce dornior enlrotien avec M. de Ceriiay, don Luiz de Cabrera, le vieux parent de madame de Pënàfiel, que j'avais souvent rencontré chez le comte et dans le monde, et qui peu à peu s'était lié avec moi, m'écrivit pour m' avertir qu'une fort belle collection de pierres gravées qu'il faisait venir de Xaples, et dont il m'avait parlé, lui était arrivée, et que, si je voulais venir déjeuner avec lui un matin, nous pourrions examiner ces antiquités tout à notre aise.

Le chevalier don Luiz de Cabrera, ainsi que je l'ai dit, demeurait à Thôtel de Pënàfiel. je ne sais pourquoi il me sembla voir dans cette circonstance, fort simple et fort naturelle d'ailleurs, une intention à laquelle madame de Tënùfiel n'était peut-être pas étrangère.

J'allai donc chez le clievalier. Don Luiz habitait un entresol de l'hùlel, où des occupations scientifiques le retenaient presque toujours, et il n'en sortait que pour accompagner quelquefois sa parente dans le monde, lorsqu'elle \c lui demandait.

Le chevalier de Cabrera me parut un vieillard fin, secret, sensuel, qui, ne possédant qu'une fortune médiocre, trouvait bon et convenable d'acheter toutes les licences du luxe et

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