‹ ArthurChapitre 7 sur 89 · LA ROI TE DE POSTE. I · texte numérisé non relu

LA ROI TE DE POSTE. I

qui me dit alors, d'une grosse voix de poitrine, mtiis d'un creux qui aurait fait envie à un chantre de cathédrale : — Mon fiston, voilà le moyen d'aller un train de prince et à hon marché ! Depuis Paris, j'ai toujours fait trois lieues et demie à l'heure, sans courrier, et je n'ai jamais payé qu'à vingt-cinq sous. — Et il sauta de la calèche, leste et dégourdi comme un cerf, le monstre qu'il était. )

Je ne pus m' empêcher de rire de ce singulier moyen d'aller vite et à bon marché, et mon guide exaspéré continua :

(^ Vous comprenez, n'est-ce pas, monsieur, comme on était furieux de n'être payé qu'à vingt-cinq sous, et d'être appelé son bon ami? Tant plus le vieux roué recommandait d'aller doucement, tant plus, pour se venger et le faire souffrir, on allait un tram d'enfer; mais, au contraire, tant plus on allait vite, tant plus il jouissait, le vieux misérable! Hein! monsieur, en voilà un vrai bandit ? Faut-il être sans cœur pour faire ainsi le malade, quand on est vigoureux, sec et cogné comme un vieux bidet de poste!... Mais ce n'est pas toute l'histoire ; je lui demande où il va, il me répond :

': Attends-moi là; si je ne suis pas revenu dans une heure, va-t'en.

aO ARTHIR.

— Kt la voilure? — lui dis-je.

— Si je ne reviens pas, lu la raiiiruerns à la poste, on ira la reprendre.

— El votre bagage ?

— Je rai. ■'

'> Et il me montra une boite longue, plate, carrée et assez lourde, qu'il tenait sous son bras, et puis il disparut à travers le bois, qui est assez épais à cet endroit-là.

^) Dans ce maudit village il n'y a pas d'auberge. Je donne l'avoine à mes chevaux, et j'attends; mais ce pauvre Délinquant était si épouffé qu'il ne mangeait pas; moi, je fais le contraire, je mange un morceau, et au bout d'une heure mon vieux roué n'était pas encore revenu; au bout de deux heures, pas davantage... Alors je m'en vais au village qui est dans le fond... pensant qu'il ne pouvait être que dans la maison de campagne des personnes des six chevaux de berline et du courrier. Je sonne à une petite poile, puis à une grande, car on ne pouvait voir la maison du dehors : personne... Je frappe à tout briser : personne. Enfin je me lasse et je m'en reviens, j'attends encore une demi-heure : personne; ma foi! alors je m'en retourne à la poste. On place le berlingot sous une remise, et depuis ce temps-

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