‹ Arthur, ou, seize ans aprèsChapitre 36 sur 50 · ARTHUR, MARIE · texte numérisé non relu

ARTHUR, MARIE

Elle voulait mourir; mais un devoir nouveau lui était imposé; elle était mère. Vous veniez de naître, Arthur.

ARTHUR

Continuez, continuez.

BARIE.

Pendant une année entière, elle nourrit sou fils; mais la fatigue, la faim... {Mouvement d'Arthur.) Oui, sir Arthur, la misère et la faim... son enfant fut abandonné aux soins d'une étrangère.

ARTHUR

Et pas un mot, pas un souvenir de celui qui l'avait séduite?

Oh si ': mais savez-vous ce qu'on venait lui offrir?

De l'or, peut'étre)

HARIE

Oui, de l'or, mais à une condition.

Air de Doche.

On lui disait : Arraclie-toi sans cesse Aux doux baisers que l'on reçoit d'un fils. Etouffe pour lui ta tendresse.

Car son bonheur est à ce prix ; En échange de ta misère Prends tout c«t or...

ARTHUR, -vivement.

Mais elle refusa ?...

MARIE

Pauvre enfant ! est-ce qu'une mère Fait jamais de ces niarcUe's-là ?

ARTHUR

Et voilà celle qu'ils ont voulu calomnier, avilir...

Écoutez, écoutez: on ne se rebuta pas, et no pouvant réussir au nom de l'intérêt, on employa la violence... l'enfant fut enlevé, volé !

ARTHUR

Volél

MARIE

Oui, son enfant, sa seule consolation sur la terre, pendant près de quinze ans, elle ne l'a pas revu .

ARTHUR

Ma mère, mapauvremèrel malgré tantderaalheurs, elle existe, n'est-ce pas?

MARIE

Oui, elle vit pour souffrir, mais elle ne souffrira pas long-temps.

Arthur.

Ah! conduisez-moi vers elle, que je me jette â genoux près de son lit de douleur, et que sa vie prête à s'éteindre, je la ranime sous les baisers de son enfant. Mais vous ne répondez pas, vos yeux se remplissent de larmes... Qui êtes-voiis donc, vous qui pleurez en me parlant de ma mère?

MARIE, à part.

0 mon serment, mon serment!

ARTHUR

Vous gardez encore le silence, vos yeux cherchent à éviter les miens... vous êtes ma mère! MARIE, vivement. Moi! non, non, je vous le jure, ce titre sacré ne m'appartient pas; si j'étais ta mère, paiivro enfant, est-ce que mes lèvres ne se seraient pas déjà ouvertes pour te le dire? est-ce que déjà je ne t'aurais pas pressé contre mon cœur? ARTHUR, tristement.

Ah ! oui, oui, je m'étais trompé.

MARIE, avec effort.

Je suis son amie, presque sa sœur, etc'est pour elle que je viens en Angleterre.

MAGASIN THEATRAL

ARTHUR

Quel intérêt si puissant vous y appelleî

UARIE.

Celui qui fut l'auteur de tous ses maux, et qui TOUS aime, qui pense à votre avenir, Arthur, exigeait d'elle une renonciation formelle à tous ses droits.

ARTHUR

Et VOUS êtes venue pour refuser ce honteux marché? c'est bien!

UlRIE.

Cette fois, il ne s'agit plus du bonheur de la mère, il s'agit du sort de son fils; elle eût accepté, j'ai répondu de son silence.

ARTHUR

De son silence 1 et à qui t

Ah! calmez-vous, Arthur, vous m'effrajez.

ARTHUR

Qui a le droit d'engager ici ma mère par un tel serment? celui qui l'a déjà si cruellement trompé, n'est-ce pas? Vous ne voulez pas me dire son nom? je vais vous le dire, moi.

, n sonne.

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