‹ Article DhanvantariChapitre 4 sur 6 · DH A N VA N TARI · texte numérisé non relu

DH A N VA N TARI

la science, telle qu’elle fut apportée à Suçruta par le vénérable Dhanvantari. Aupadlienava, Vaitarana, Aurabhra, Paushkalâvata, Karavîrya, Gopura, Raksbita, Suçruta et ses autres amis, s’adressèrent respectueusement au vénérable Dhanvantari, (nommé aussi) Divodasa, aimé des dieux, le descendant de Kaçiraja, qui vivait comme un ermite, entouré de nombreux sages, et lui dirent : « Seigneur, nous sommes touchés de compassion, en voyant les pauvres humains, malgré la protection (de leurs rois), tout à fait abandonnés, sans aucune défense, à la merci des nombreuses maladies corporelles et mentales, naturelles et accidentelles. Nous désirons être initiés à la science de la médecine, par amour du bien public, pour notre bien propre et pour alléger les souffrances des pauvres malades désireux de revenir à la santé. Le bonheur sur terre et au ciel dépend de cela. Voilà pourquoi nous désirons devenir tes disciples. » Immédiatement Dhanvantari s’empresse de commencer son exposition.

Dans le cours de l’ouvrage, on rencontre de temps en temps un court passage, souvent même composé de quelques mots, ayant pour but de rappeler le nom du divin personnage sous l’inspiration duquel le traité est écrit ; enfin, l’œuvre se termine par ces mots : « Ainsi finit Y Ayurvéda de Suçruta, tel que ce livre, lui a été révélé par le divin Dhanvantari. »

Ce même nom de Dhanvantari se retrouve assez fréquemment dans la littérature médicale de l’Inde relativement moderne; on lui attribua un certain nombre d’ouvrages. C’est d’ailleurs une pratique assez répandue depuis longtemps dans l’Inde de placer en tête des livres, pour en augmenter le relief et attirer l’attention sur eux, les noms de personnages illustres, fabuleux ou réels. C’est ainsi encore que les livres sont souvent attribués aux princes ou grands seigneurs qui ont payé les auteurs. Dans bien des cas, le nom de Dhanvantari, placé en tête des traités, n’a qu’une valeur pour ainsi dire allégorique, comme quand, par exemple, on désigne un ouvrage d’architecture sous le titre de : Le Vitruve moderne. Tel est le livre intitulé : Dhanvantarisâranidhi, manuscrit du palais de Tanjore, indiqué dans le catalogue de Burnell comme attribué à Véda-Vyâsa dans l’introduction du livre, tandis que dans les colophons des chapitres on lui donne pour auteur Tulaji, un Raja de Tanjore qui sans douteen surveilla la composition et en fit les frais. Il faut en dire autant du Dhanvantarivilâsa, petit ouvrage de pathologie moderne qui paraît avoir été composé dans des circonstances analogues.

D’autres ouvrages, dont les auteurs ne sont pas connus, sont attribués au Dhanvantari de la tradition mythique, c’est-à-dire à l’Esculape indien. Tels sont : le Siddhiyoga, sorte de compilation qui semble assez complexe et où il est question à la fois de toute la pathologie et de toute la thérapeutique, à en juger par les notes fournies par Dietz sur le manuscrit.de la bibliothèque de l’ancienne Compagnie des Indes (voy. Dietz, Analecta medica, p. 127). Le manuscrit du même dépôt intitulé Siddhiyogârnava paraît contenir à peu près les mêmes matières; il est de même attribué à Dhanvantari qui y est qualifié Rajîvalocana, c’est-à-dire qui a des yeux semblables à des lotus.

Mais y a-t-il eu dans la littérature médicale de l’Inde un auteur déterminé dont le nom patronymique ou adopté ait été Dhanvantari? Cela semble être le cas pour ce qui concerne l’ouvrage assez important, intitulé Dhanvantarinighantu, dont l'auteur, dans divers manuscrits, est dénommé Dhanvantari- Pandita, le Pandit Dhanvantari, ce qui est le titre habituel pour indiquer un homme savant, lettré.

Page 1