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PARIS

GASTEIN-SERGE, EDITEUR XVII, Rue Fontaine, ivii

BliLIOTHeCA

Tous droits de traduction résefrvés pour tous pays, y compris la Suède, la Norvège, la Hollande, et le Danemark.

Il a été tiré de cet ouvrage cinq exemplaires de luxe hors-commerce, numérotés et paraphés par l'éditeur et signés par l'auteur.

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A u début de ce livre dans letjuel vous rencontrerez souvent le nom du grand Enfant mélancolique, instinctif, courageux, malade, — et de r incomparable Artiste qui fut votre fils, permettez-moi, chère Madame et amie, d'inscrire votre nom — le sien.

Je vois en cette dédicace un heureux présage pour mon œuvre. Veuillez l'accepter, vous, comme le témoignage d'une affection sincère, dévouée, respectueuse — et qui sait se souvenir.

Bviga-Marittima, 22 JuiUet i908.

PRÉFACE

Il y a vingt ans, à l'époque turbulente de littérature, dont Tenquéte de JuUs Huret a rassemblé de vifs témoignages, il n'était pas de brasseries, de réunions, de dîners d'écrivains où ne se posât la question du journal à faire.

Nous n'étions pas satisfaits de la presse régnante ! Fallait-il que nous fussions difficiles! Et, du Quartier-Latin ou de Montmartre, nous prétendions, chétifs, à remplacer ce qui était... Or, nous n'avons rien révolutionné du tout. Et le fameux journal reste toujours à faire.

Mais j'imagine que la génération montante n'est pas agitée de cette vaine ambition de posséder des journaux, rédigés en français, et qui ne se désintéresseraient pas totalement de poésie, d'histoire, de philosophie et d'art! Pourtant, sans monter si haut, quelle ne serait pas la joie étonnée de nos cadets — et la nôtre donc ! — si quelque miracle (il en faudrait un) leur révélait seument quelques quotidiens de naguère, plus épris de beaux contes et de fines chroniques qu« d'informations, de prétendues informations à ©utrance...

II PREFACE

Or, ce journalisme d'antan n'est pas mort faute de journalistes. Ce sont les journalistes, plutôt, qui meurent faute de journaux. Il n'y a plus de place pour les faiseurs d'articles, depuis que les gazettes sont à six et huit pages — envahies par V information. A la vérité, on n'est pas mieux renseigné qu'autrefois. Mais, au plus médiocre incident, on décerne un titre considérable, avec des sous-titres énormes, sans doute pour faciliter la lecture en auto faisant du 80 à l'heure, sous des lunettes blindées de chauflfeur. Le plus menu fait passe ainsi en vedette. Comment choisir, dans la peur d'arriver plus tard que la maison d'en face ? On insère tout, au gré du télégraphe, du téléphone. L'incident le plus banal prend une importance capitale, — en caractères monun~.entaux. La moindre saignerie d'apache est lancée comme un beau crime! On était plus ménager des effets, jadis. Un crime ne devenait pas un beau crime, comme ça ! On avait le souci des distances. Et quand le récit des faits-divers venait de la troisième page à la colonne de tête, sous la plume des chroniqueurs célèbres, c'est que le crime en valait la peine ! (D'ailleurs, quelle ordonnance décente, distinguée, dans la mise en page de l'ancienne presse — comparée à la brutalisante manière d'aujourd'hui, avec ces illustrations grossières, ces clichés brouillés où on ne distingue rien..., et surtout ces scènes d'assassinats, dedécouvertes de cadavres, la morgue chez soi!) Cependant, il est juste de dire que les acteurs empiètent assez souvent sur les honneurs journellement

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