IL LUI FAUDRAIT UN HOMME SÉRIEUX
Eloa avait une de ces chances extraordinaires. En moins de temps qu'une autre, à sa place, aurait mis à mal tourner, elle avait déjeuné chez Sanglier, couru Paris au bras d'Isidore Fauchet, et pris- une leçon de déclamation et de tenue avec Ripont. C'étaient là trois titres suffisants pour débuter au Gymnase, par exemple.
C'est donc avec regret que je la vois « cabotiner » à la banlieue, je ne vous le cache pas. Enfin, peut-être trouvera-t-elle sur son chemin un homme plus sérieux que Fauchet, un brave négociant ou un mari séparé qui aura le bon goût de ne point la traîner dans des cafés comme celui où nous venons de la voir entrer.
E^f ROUTE
La troiipo dans laquelle Eloa était engagée pour un soir se composait de cinq personnes, deux ingénues, une duègne, un père noble et un jeune premier. A la vue dlsidure Fauciiet, chacun d'eux se leva et lit uii(> profonde révérence. Isidore présenta KIoa (jui s'assit avec ses camarades, après avoir réprimé un mouvement d'ennui qui ne leur échappa pas. Elle venait de mesurer d'un coup d'œil la distance qui les séparait des convives de Sanglier, et songeait à tout le chemin (juil lui faudrait l)arcourir pour la franchir.
Néanmoins, la connaissance fut vite faite. Il y a connue une parenté entre compagnons de chaîne. Un vida ses verres, ou arrêta deiix tiacres. Dans l'un on empila les dames avec les sacs et les boites à figure, dans l'autre numtèrent le père noble et le jeune premier qui se chargeait des malles, et Von fouetta sur la gare de Sceaux.
.\ six heures moins le ([uarl, notre lrou[te était à destination.