‹ Artistes et cabotinsChapitre 36 sur 70 · FOUDRES PATERNELLES · texte numérisé non relu

FOUDRES PATERNELLES

En somme le prince Andreo Gataneo, pour me servir de la pittoresque expression de Napoléon Duhamel, devenait absolument rasant. Éloa ne trouvait en lui que des avantages tout à fait relatifs, et il eût peut-être mieux valu pour elle végéter avec Isidore Fauchet plus conciliant, que de vivoter avec Gataneo d'un caractère par trop acariâtre et trop souvent disposé à une opposition fâcheuse. '

Mais Fauchet ne voulait plus entendre parler do victime. D'un autre côté le fruit de leurs amours grandissait à vue d'œil, à la grande désolation du prince qui ne pouvait, sans souflrir cruellement, considérer le pauvre diable (ju'il appelait « un remords vivant ».

Duhamel ne perdait aucune de ces considérations de vue, et fit part à sa fille de toutes ces réflexions, en les accompagnant do jurons épouvantables, comme un homme qui veut en finir.

Il en résulta une scène terrible.

Les voisins s'ameutèrent.

Arniide eut une longue attaque de nerfs.

Et quand, au dénoùment, parut le prince Gataneo qu'avait charitablement été prévenir le concierge. Napoléon le flanqua tout bonnement à la porte, en homme désireux de brus- (juer une situation et comptant i)0ur l'avenir sur une inspiration du ciel.

Andreo Gataneo disparut pour ne plus jamais revenir.

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