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Le Souverain n'existe plus; c'est l'État qui l’a remplacé. S'il n’en a ni la volonté ni l'autorité uniques, sa puissance n'en est pas moins très réelle; cependant qu'a-t-il fait pour faciliter l'éclosion d'un style contemporain quand ont été construits ou installés récemment le Ministère des Colonies, le Ministère du Travail, la Cour des Comptes? L'État n'a rien tenté et l'architecture comme le mobilier de ces nouveaux palais ne sont que des pastiches du passé.
La faute, il convient de l'avouer, n’en est pas seulement à nos administrations, et e’est là que l’on peut plus particulièrement toucher du doigt le
manque d'entente qui existe entre le créateur du modèle et l'industriel : rappelons à ce sujet une anecdote souvent répétée, et de très diverses façons : le Président Fallières, après le marouflage des peintures d'Henri Martin dans le cabinet occupé par le secrétaire général de la Présidence à l'Élysée, avait été choqué du déplorable effet produit par la réunion de cette décoration nouvelle et d’un mobilier très classique. Il désira un ensemble tout moderne, et l'Administration des Beaux-Arts s’adressa dans ce but à l'excellent artiste, trop tôt disparu, que fut Bellery-Desfontaines. Très enthousiaste, ce dernier présenta des dessins complets : malheureusement, ils étaient pratiquement inexécutables et l’idée fut abandonnée; il est probable qu'il en aurait été tout autrement si Bellery-Desfontaines avait au préalable étudié ses projets avec un de nos bons fabricants ébénistes, comme le faisaient Percier et Fontaine avec Jacob ou Ravrio, un siècle auparavant.
Arlisles, rendez-vous mieux compte des difficultés que rencontrent chaque jour industriels et commerçants ; sachez quelles sont leurs luttes, leurs crises; ne les considérez pas comme des intermédiaires, n'ayant d'autre valeur que celle du capital plus ou moins important qu'ils ont à leur disposition, souvent bien minime pour l'effort engagé.
S'ils vous demandent un projet, un dessin, n'oubliez pas qu'ils ont une clientèle à satisfaire, très exigeante, très pressée, et qu'il leur faut présenter en temps voulu un modèle pratique, exécutable, adapté à son but, construit suivant la matière qui sera employée.
Quant à vous, fabricants et éditeurs, négociants et commerceant(s, quelles que soient les facilités que vous donne la copie des modèles et des styles du passé, voyez, tandis qu'il en est temps encore, les dangers économiques de l’avenir, si vous persistez à suivre ces mêmes voies si souvent parcourues. Regardez ces maisons étrangères qui viennent vous faire concurrence à Paris même, dans le meuble, l'orfèvrerie, les tissus, la céramique; lisez dans les statistiques la diminution des exportalions et l’augmentation des importations dans Ja bijouterie de fantaisie, la maroquinerie, la tabletterie, le mobilier, le papier peint. Combien d'achats nos grands magasins sont-ils obligés de faire au delà de nos frontières: en Allemagne, services de table, vases, petite orfèvrerie, bijoux, cuivres, étains, verrerie, broderies, bimbe-
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loterie; en Autriche, services de toilette, cristallerie, bois vernis, bibelots; en Italie, ébénisterie, majolique, et encore : lissus et porcelaines d’Angleterre, broderies de Suisse, etc.
Quels que soient les stocks considérables que le développement des grands magasins vous force à posséder en réserve, rendez-vous compte que ce n'est pas du jour au lendemain que vos clients changeront leurs goûts, leurs habitudes, leurs traditions.
Le rapprochement du créateur et du producteur, l'éducation nécessaire du vendeur et du consommateur, doivent être aujourd hui réalisés, et il a semblé à plusieurs qu'un des meilleurs moyens d'y arriver serait d'organiser à Paris une Exposilion inlernalionale des Arts décoralifs modernes.
Ch.-M. Couyba en émet l'idée dans son rapport sur le budget des Beaux- Ars de 1907.
En 1909, Roger Marx développe l'économie du projet dans son délail quand il étudie tout particulièrement l'Art social el la nécessité d'en assurer les progrès par une Exposilion, et nous ne pouvons mieux que ciler ses propres lignes : « Qu’aurions-nous à faire désormais de ces termes surannés, équivoques ou restriclifs d’Art somptuaire, d'Art décoratif ! Quand un art se mêle intimement à l'existence de l'individu et de la collectivité, la désignation d'Art social est seule pour lui convenir ; on ne saurait limiter à une classe le bénéfice de ses inventions ; il se dédie libéralement à tous sans distinction de rang ou de caste : c’est l’art du foyer et de la cité-jardin, l’art du château et de l’école, l’art du bijou précieux et de l’humble poterie populaire ; c'est aussi l’art du sol, de la race et de la nation ; l'importance s’en atteste par le feu de son action sur le progrès des industries, sur la prospérité commerciale du pays; — si bien qu’en somme ses destinées se trouvent intéresser à la fois l'esthétique, la sociologie et l'économie politique... »
« S'hypnotiser dans l’adulalion des âges disparus, c'est entretenir le nuage d'un rêve, c'est perdre contact avec le réel et se disqualifier dans le concours ouvert entre les nations. »
« Loin de demeurer oisives, durant notre long sommeil, elles s'étaient éclairées sur le principe de l’Art social, sur les conditions de son existence et de son progrès. »
« En ce qui le concerne, la loi fondamentale est la loi du renouvellement nécessaire. Il ne remplit sa mission que s'il évolue en accord avee l’époque dont il exprime les mœurs, les idées, les besoins. Toute dérogation à la règle rompt l'équilibre et l'harmonie. Chez nous l’Art social n’est sorli de sa léthargie qu'à partir de l'instant où il a tenté de se soustraire aux suggestions du passé et où il s’est retrempé aux sources du libre insunct et de la nature. »
N'hésitons pas à le répéter : Michelet avait déjà dit de l'Art qu'il doit « inventer ou périr ». Et Roger Marx constate avec regret combien de trop nombreux architectes ont favorisé « la prolongation de cet anachronisme
qui se perpétue comme un défi au bon sens et à la raison », alors que l'architecture « est l’art social par excellence ».
Et plus loin : « En 1900, on s’est trouvé en présence d'’iniliatives émanant parfois d'individualités glorieuses, mais sans lien entre elles, parce qu'il n'y avait ni unité de vues, ni même orientation des activités dans un sens déterminé... » |
« On sait les atteintes portées à notre esprit d'iniliative, à nos facultés d'invention laissées en friche, à notre goût qui végète et s'atrophie, faute de s’employer utilement... »
« Pour nous guider cette fois, nous avons les jalons d’une expérience durement acquise; plutôt que d'assister, complices impassibles à notre amoindrissement, le mieux est de se remettre à la tâche, de reprendre l'œuvre de régénération au point où elle était restée, mais en s'imposant d'en régler la conduite, selon la logique d'un plan prémédilé, müri et qui préserve l'entreprise de tout risque d’avortement. »
A la suite de ce travail, un débat s’institua dans la presse et dans les revues par les articles de Paul Ginisty, Vauxcelles, Pierre Gauthiez, A. Liesse, Grandigneaux, Alphonse Germain, Pierre Hepp, Pascal Forthuny, Yvon, Joseph Lenot, Henri Duhem, etc. En outre, maints correspondants prenaient soin de formuler à Roger Marx les raisons pour lesquelles ils acceptaient ou refusaient de s'associer à sa conclusion. François de Gurel, Paul Desjardins, Maurice Pottecher, André Chevrillon, Christian Cherfils, I. Bergson, Francis Jammes, Emile Verhacren, Auguste Rodin, René Lalique, la princesse Marie Tenicheff, E.-M. de Vogué, Vaudremer, Charles Plumet, Maurice Mæterlinck, Albert Besnard, Maurice Denis, Bourdelle, Le Chatellier, Charles Gide, Edmond Picard, Destrées, Louis Bonnier, le pasteur Charles Wagner, Lucien Magne, Sézille, Chedanne, Bodin, étudiaient dans leurs lettres l’évolution de l'Art social en France ct à l'étranger et recherchaient les conditions de son renouvellement et de son progrès.
Cette grande idée d'une Æxposilion inlernalionale d'Art décoralif moderne avait, entre autres, tout particulièrement frappé G.-Roger Sandoz, secrétaire général de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie, René Guilleré, Mezzara, Guimard et Paul Follot, alors président, viceprésidents et trésorier de la Société des Artistes décoraleurs, et, au cours de longues conversalions, ils cherchèrent les divers moyens de la faire aboutir.
Le moment était d'autant plus propice que le sénateur Émile Dupont, pour secouer l'indifférence générale, venait de prendre l'initiative de soumellre au Parlement et au pays l'important problème des Exposilions en France, et notamment la question éventuelle d’une grande Exposition internationale à Paris, en 1920.
Le 28 mars 1911, sur la proposition de G.-Roger Sandoz et de Lucien Layus, le Conseil de la Sociélé d'Encouragement à l’Art et à l’Industrie, — si éminemment présidée aujourd'hui par Henry Roujon, après Gustave
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Larroumet et Félix Follot — donnait sa pleine adhésion au projet d'une Exposilion internalionale d’Art décoratif et ouvrait immédiatement un premier crédit pour le cas où une avance de fonds serait nécessaire, élant bien entendu que la Société n'agirait que d'accord et solidairement avec l'Union centrale des Arts décoratifs et la Société des Artistes décorateurs, et que l'organisalion ullérieure de cette Exposition devrait, le moment venu, passer à un Comité spécial,
Mis au courant de celte décision au cours de la réunion amicale des membres de la Société d’Encouragement qui suivait celle séance de son Conseil, le sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, Dujardin-Beaumelz, adoplait immédiatement ce projet dans un chaleureux discours.
Quelques grands journaux en comprenaient bien vile l'importance ct publiaient la lettre remise par les {rois Sociétés au sous-secrélaire d'État des Beaux-Arts, en même (emps que des interviews des ministres Slcey, Alfred Massé, Paul-Boncour, Dujardin-Beaumetz, alors à la tête de l'/ns- {ruclion publique et des Beaux-Arts, du Commerce el de l’Industrie et du Travail, et de Maurice Sarraut, rapporteur du budget des Beaux-Arts.
Mais il fallait créer un grand mouvement en faveur de ce projet d'Æxrposilion inlernalionale des Arts décoratifs modernes : l'Union centrale, la Sociélé d'Encouragement, la Société des Artistes décoraleurs consliluaient, sous la présidence de François Carnot, une Comnuission d'élude qui faisait appel aux Associalions intéressées el à toutes les bonnes volontés et condensait son travail en un apport rédigé par René Guilleré, rapport qui paraissait le 1°° juin 1911 et élait immédiatement distribué au Parlement, à l'Administration, aux Municipalités, aux Chambres de commerce, aux grands groupements artistiques ct industriels.
La discussion est encore ouverte sur ce rapport qui a élé signé par les délégués de toutes les grandes Associalions s'intéressant à l'Art, soit par ordre alphabétique : Socrélé des Artistes décoraleurs, Société des Artistes français, Sociélé d’Encouragement à l'Art et à l'Industrie, Société francaise de l'Art à l'école, Sociélé nalionale des Beaux-Arts, Salon d'Aulomne, Union centrale des Arts décoratifs, Union provinciale des Arts décoralifs.
Les vœux suivants y ont élé adoptés :
Les Associalions soussignées,
Préoccupées du développement de nos Arts décoratifs, litre d'une gloire séculaire pour la France,
Après avoir conslalé que les condilions économiques acluelles rendent nécessaires pour nos Industries d'art, source considérable de richesse nationale, l'élablissement de modèles nouveaux et leur diffusion,
Esliment indispensable, pour stimuler les efforts des artistes, des industriels el des ouvriers d'art, une manifestalion internationale, spécialisée à tous les Arts décoratifs, appliqués à l'archileclure,au mobilieret à la parure,
— EXXVI — réservée à des œuvres d’une inspiralion nouvelle, à l'exclusion de tous pasliehe ou copie du passé.
El, en conséquence, émettent le vœu que le Parlement et le Gouvernement, s'inspirant de ces considérations, décident l’organisation et l’ouverlure à Paris, en 1915, d'une Exposition inlernalionale des Arts décoratifs modernes.
Le mouvement était créé : Couyba déposait au Sénat un projet de réso= lution favorable : Maurice Sarraut, Étienne Rognon, entre autres, portaient le débat à la tribune de la Chambre.
Depuis, le 6 février 1912, la Chambre a renvoyé à sa Commission du Commerce et de l’Industrie la proposition de loi {endant à organiser, à Paris, une Exposilion inlernalionale des Arts décoratifs modernes, présentée par les députés François Carnot, Paul-Boncour, Henry Cochin (Nord), Charles Dumont (Jura). Alfred Massé, Noulens, Puech, Joseph Reinach, Sembat, Sebille, J. Thierry, Aynard. Nul doute que son rapporteur, le député Roblin, ne conclue dans un sens favorable.
Quant à la presse, elle avait fait le meilleur accueil à ce travail, et nous ne saurions trop remercier entre autres : de Jouvenel, Emile Berr, Grandigneaux, Thiébaut-Sisson, de Fourcaud, Pascal Forthuny, Vauxcelles, Roches, Saunier, Paul Steck, Clément Janin, dont Kloury éditait en même temps les articles si complets sur le « Déclin et la Renaissance des Industries d'art et de l’Art décoratif en France ». Exprimons aussi notre gratitude à nos journaux d'art : la Gazelle des Beaux-Arts, la Revue de l'Art ancien el moderne, Art el Décoralion, l'Art décoralif, la Revue des Beaux-Arts.
Nous n'avons pas cru devoir entrer ici dans les détails très complets que le Rapport donne sur le projet d'Exposition internationale des Arts décoratifs modernes, et notamment sur son organisalion administrative el financière et sur sa classificalion qui paraît devoir être faite suivant la deslinalion des œuvres : Groupes de l’Archileelure, du Mobilier, de la Parure el des industries qui s'y rallachent, avec classes Spéciales pour les Arts du Théätre, de la Rue, des Jardins el pour l'Enseignement.
Mais il faut que restent inlangibles son obyet et son but, la composition de ses comités, la présentalion des œuvres.
1° Son objet el son bul :
Par la collaboration de l'artiste, de l'industriel el de l'artisan, réunir en une Éxposilion inlernalionale lous les Arts décoratifs : architecture, arts du bois, de la pierre, du mélal, de la céramique, du verre, du papier, des tissus, elc...; sous loules leurs formes, qu'ils s'appliquent à des objets d'utilité ou à des œuvres purement sompluaires ; dans toutes leurs destinalions : décoration exlérieure el intérieure des édifices publics et privés, ameublement, parure de la personne.
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Celle Exposition doil êlre exclusivement d’ « Arl moderne ». Aucuns pastiche ou copie des styles anciens n'y seront adnus.
2 La composilion de ses comités.
Ils devront comprendre par tiers :
a) Des artistes, archilecles et décorateurs de loules techniques ;
b) Des industriels, fabricants, éditeurs, entrepreneurs de travaux auxquels devront être adjoints quelques ingénieurs, des ouvriers el contremailres de fabricalion ;
c) Des écrivains, auteurs de livres trailant de l’Arl décoratif, des fonctionnaires el personnalités s'élant occupés de questions d'art décoratif moderne.
3° La présenlalion des œuvres :
Les œuvres exposées seront disposées en ensembles harmonieux, maïs de façon pourtant à ne pas sacrifier entièrement au pilloresque leur porlée d'enseignement artistique et lechnique ou de documentation commerciale.
Toute œuvre devra êlre exposée sous les noms de l’arlisle créateur, de l'industriel éditeur, et de leurs collaborateurs principaux, avec indicalion de la part de chacun.
Une grave question est celle de l'emplacement. Mais ne confondons pas de nouveau qualilé el quantité : les terrains nécessaires ne doivent pas dépasser une trentaine d'hectares et leur exiguïité relative facilitera même la tâche des Comités d'admission et d'installation et les forcera à être d'autant plus sévères.
N'oublions pas non plus que si le caractère de l'Exposition est artistique, son but est surtout utile et pratique : son organisalion générale doit donc logiquement appartenir au ministère du Commerce et de l'Industrie, avec lequel, bien entendu, devront collaborer le ministère des Beaux-Arts, le ministère du Travail et la Ville de Paris. Aussi bien les ministres Fernand David, Guist'hau, Léon Bourgeois, Bérard savent qu'ils peuvent compter sur le dévouement de ces hauts fonctionnaires et de ces chefs de services qui s'appellent Fernand Chapsal, Albert Tirman, Gabelle, Louis Bonnier, Aulaure, Maurice Reclus, Paul Léon, Valentino, Marcadet, Dedet, Dumonthier, d'Estournelles de Constant, Fighicra, Caviole, Nicolle..…
Le Parlement, le Gouvernement, la Ville de Paris ont examiné ce projet avec la bienveillance la plus attentive, mais il a été maintenant assez parlé, assez discuté, assez écrit à son sujet; il faut aujourd'hui vouloir, décider et agir : acla non verba.
Quelle que soit la puissance de l'État, elle a besoin d'être soutenue par l'opinion publique et par l'initiative privée.
Il y a quelques mois, les délégués des Sociétés artistiques ont pu s’entendre dans un but commun : c'étaient plus spécialement Roger Marx, François Carnot, Couyba. Henry Roujon, Layus, G.-Roger Sandoz, René Guilleré, Dausset, Louis Bonnier, Frantz Jourdain, Raymond Kœæcbhlin,
— CEXXVIT —
Georges Lecomte, Lhermitle, Victor Prouvé, Van Brock, Georges Boin, André Bouilhet, Henri Vever, Edmond Pottier, Quénioux, Léon Riotor, Félix Aubert, Chudant, Vaunois, Mezzara, etc.
Cet accord, cette entente, alors provisoires, doivent devenir permanents : assez, des questions de personnes; assez, des lulles d'écoles, de peltes chapelles ou d'administrations. Quel noble but pour les diverses Associalions parisiennes et provinciales, pour les grands Syndicals intéressés, pour toutes les bonnes volontés, que de s'unir en une vaste Fédéralion française des Arls appliqués à l'Industrie, qui ferait aboutir ce projet d'Exposilion inlernalionale et qui voudrait la solution pralique de ces questions vitales, à savoir : l'amélioration de l'apprentissage, la réorganisalion de l'enseignement technique et professionnel, la rénovation des industries provinciales, l'extension du contrat d'édition, la transformation pratique de nos Écoles d'Art, et notamment la reconstruction de l'École nalionale d’Art décoratif de Paris, si souvent réclamée, si souvent promise!
Vous tous qui voulez voir notre cher pays garder sa place à la têle des nalions dans le domaine du Beau, serrez les rangs ! Le combat en ordre dispersé est Lerminé, serrez les rangs !.…
Voilà quelle fut durant un long siècle l'évolution lente, routinière ou capricieuse de nos Arts industriels; nous voulions, à travers les Expositions, indiquer seulement leur histoire, ressusciler quelque peu leur vie; mais, en feuilletant notes ct rapports, nous nous sommes laissé entraîner à écrire au courant de la plume des pages et des pages; nous avons trouvé à les rédiger un véritable profit qui fera excuser la longueur démesurée de cette Etude : elle devait se réduire à quelques feuillets, elle a presque pris les proporlions d’un livre.
Ce n'est là, d’ailleurs, qu'une ébauche toute documentaire, qu'un plan esquissé à grands traits.
Nous laissons à d'autres, plus compétents, le soin d'écrire cet essai, de le parfaire et de nous donner un jour cette Histoire de la Décoration el des Arts appliqués à l’Industrie qui manque à nos jeunes généralions.
Mai 1912.
Au moment où est donné le « bon à tirer » de ces dernières lignes, nous sommes heureux d'apprendre que le député Roblin vient, au nom de la Commission du Commerce et de l'Industrie, de déposer son Rapport (dont un résumé figure dans les Documents concernant l'Erposilion internalionale des Arts Décoralifs modernes projelee à Paris, imprimés à la suite de la présente Elude et de la Liste sommaire des Rapports officiels français consacrés aux Industries d'Art dans les Exposilions\, et qu'en outre, le 12 juillet 1912. la Chambre des Députés, d'accord avec le Gouvernement, le rapporteur et les auteurs de la proposition de loi, a adopté le projet de résolution suivant :
La Chambre invile le Gouvernement à nommer sans délai une Commission inlerminislérielle chargée d'élablir les votes el moyens pour la réalisalion d'une Exposilion internationale des Arts décoratifs modernes qui aurail lieu à Paris en 1916, sous la direction du Ministère du Commerce.
Juillet 1912.