‹ Arts appliqués et industries d'art aux expositionsChapitre 4 sur 126 · IN · texte numérisé non relu

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rétrainte et l'estampage présentant le maximum de difficultés »; envois remarquables par « la magnificence, le goût et la perfection d'exécution », d'Odiot, de Biennais « qui joint au talent de l'exécution un goût éclairé et pur » et « utilise les plus habiles statuaires de la capitale »;

XXIX : Bronzes de Thomire; lustres el pendules de Ravrio et de Galle;

XXXI: Æbénislertes de Jacob, « qui sont au-dessus de ce qu’on a vu dans ce genre »; meubles de Burette, Heckel, Papst, Baudon-Gaubau ;

XXXII : Dans la (abletlerie et l'ornement, les marquetertes et les cadres de Frichot ; les nécessaires de Lemaire; les jais et « Jayels » de Germain Autré, les coraux de Rémusat ;

XXXIV : Etablissements impériaux ; les envois de l’?mprimerie 1mpériale dirisée par Marcel, de la Manufacture de Sèvres dirigée par Brongniart qui utilise le nouveau vert extrait du chrome par Vauquelin; des manufaclures des Gobelins, de la Savonnerte, de Beauvais que dirigent Guillaumot, Duvivier, Iuet. « Le jury, dit le rapport, a donné une attention particulière aux produits des manulaclures impériales; il pense que, chacune dans leur genre, clles doivent être un modèle de beau, et qu'elles sont principalement uliles par les exemples qu'elles donnent et par l'émulation qu’elles excitent parmi les fabricans particuliers qui s'efforcent de les égaler, »

VII et VIII. — 4° Exposilion de Paris, 1806.

Médaille gravée par Dumarest.

Puis de nouveau les guerres vinrent arrêter ce grand essor économique et industriel; on quitia l'atelier pour l’armée, le fusil remplaça l'outil; et l'Empire s'acheva sans avoir pu ouvrir une nouvelle Exposition. Mais le mouvement élait donné, et les quatre premières Expositions de l’an VI, de l'an IX, de l'an X, de 1806 avaient accru puissamment la vie et le progrès des industries d'art. Quoique les rapports d'alors ne donnent aucun nom de créateur, l'artiste reste encore à côté de l'industriel; il travaille avec

lui à la même œuvre. Les peintres comme David, Prudhon, « au talent délicat et fin, fécond et flexible », Isabey, Laffitte donnent des modèles; les architectes Percier et Fontaine, les modeleurs-ciseleurs Thomire père et Thiévet son élève, Pajou, Jeannest, Aubry sont des premiers à fournir des dessins ou à apporter leur concours.

Ce fut une période féconde en œuvres d’art. Le style Directoire continue en quelque sorte le style Louis XVI, parce qu'il s'inspire comme lui du goût classique et antique, des fouilles récentes d'Herculanum et de Pompéi. Puis l'expédition d'Egypte crée un genre nouveau. On abandonne les modes qui brillèrent à Versailles et à Trianon. On restaure les palais, on embellit les hôtels princiers. Artistes, décorateurs, industriels d'art, ébénistes, orfèvres, ciseleurs, arisans de tout métier et de (out genre rivalisent à l’envi pour créer et inventer, pour salisfaire l'Empereur, les Impératrices et les grands de la cour. Ce sont les belles pièces d'orfèvrerie d’Auguste, d'Odiot, de Biennais et les riches créations des Nitot « joailliers et bijoutiers de LL. MM: l'Empereur et l’'Impéralrice », de Foncin et de son gendre Marguerille, « joailliers de la Couronne », d'Halbout, « joaillier de la Lésion d'honneur», et encore de Bapst, Devoix.…

C'est la psyché et la Loilette de Marie-Louise; c'est le berceau du roi de Rome offert par la Ville de Paris et exécuté par Odiot et par Thomire, enrichi de peintures par Prudhon; c'est l'atelier du peintre David décoré « à la pompéienne » par Georges Jacob, «ancien menuisier du roy », avec l'aide de Percier et Fontaine, encore tout jeunes ; ce sont les meubles de son fils François Jacob-Desmalter, où la déesse égyptienne Isis fournissail une ornementalion curieuse ; ce sont les travaux d'ébénisterie de Baudon-Gaubau, faits en orme noueux et chargés d'ornements en bronze doré. Tous inventent, tous collaborent. Mais on n’a pas accueilli leurs innovalions sans protester; on a ri de leurs efforts, témoin ce jugement de Rœderer, entre cent autres, à propos de ce nouveau mobilier :

« On n'est pas assis, on n’est plus reposé. Pas un siège chaud, fauteuil ou canapé, dont le bois ne soit à découvert ou à vive arêle. Si je m'appuie, je presse un dos de bois; si Je veux m'accouder, je presse deux bras de bois; si je me remue, je rencontre des angles qui me coupent les bras et les hanches. 11 faut mille précautions pour ne pas être meurtri par le plus tranquille usage de ces meubles. Dieu préserve aujourd’hui de la tentation dese jeter dans un fauteuil : on risquerait de s’y briser. »

La critique est amusante. C'est celle qui attend toujours au début quiconque veut changer la mode et créer une nouveauté. Quoi qu'il en soit, la période est féconde : elle a peut-être délaissé les tradilions de mesure et de bon goût qui avaient caractérisé l’ancien régime; elle n’en a pas moins été vivante; elle a créé un style; on reconnait ses œuvres d'art parce qu’elles ont leur empreinte originale, leur cachet propre, et, s'il est vrai que la chanson populaire colportée aux carrefours est la meilleure

preuve du succès et la marque de la gloire, nous n'en prendrons d’autre

exemple que les couplets sur l'Exposition de 1806 dus à la muse d’un ciseur célèbre en son temps, Ravrio, — du moins lui sont-ils attribués :

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LE CIIANSONNIER AUX PORTIQUES (sur l'air de Fanchon\.

Que de souverains sur terre Qu'avec juslice on vénère

Sont loin d'avoir un seul quart Des chefs-d'œuvre de notre art.

Par notre ébénisterie

Et tous ces meubles parfaits, En deux ans notre industrie Pourrait orner cent palais.

Avec raison l’on admire Ce Jacob et ce Thomire, L'or moulé par Odiot, Et ce fameux Ravrio….

La Restauration

Exposilion de 1819. — On y récompense les collaborateurs de « l'industrie manufacturière » française. — Le rapport du baron Costaz reste le document le plus complet sur l'histoire économique de cette ptriode.— Insuccès relatif des expositions de1823 et de 1827, quoique cette époque fût une ère de prospérité pour l'industrie française. — Styles de la Restauration. — Le bric à brac gothique et « moyen äâgeux » s'impose partout. — Influence du romantisme en littéralure, en art, sur les modes:

Pendant treize années, de 1806 à 1819, il y a un temps d'arrêt. Les guerres successives où s'anéanlissait la force du pays, l'invasion, la reslauralion des Bourbons, laissent peu de lemps pour penser à l’industrie el organiser une exposition nouvelle. Mais bientôt on se préoccupe en haut lieu de ranimer le zèle des lravailleurs, et, à la suite d’un rapport de Decazes, Louis XVIII, par ordonnance du 15 janvier 1819, prépare la cinquième Exposilion des produits de l’industrie et décide que désormais elle aura lieu tous les quatre ans. À celte occasion sont envoyées aux préfets des instructions détaillées et fort bien comprises.

« Faites-vous rendre compte des découvertes qui pourraient avoir amené depuis dix ans une amélioration notable dans une branche quelconque de l’industrie manufacturière de votre département, et signalez-moi les savants, les arlistes, les ouvriers auxquels on en est redevable. Un mécanicien, un simple contremailre ou même un ouvrier doué d’un esprit obserrateur, ont quelquefois, par d'heureuses découvertes, élevé tout à coup des manufactures au plus haut degré de perfection. » Le fait vaut d'être remarqué : c'est la première fois qu'on songe aux collaborateurs. C'est ainsi que des récompenses spéciales furent attribuées à quarante-sept ouvriers ou savants non exposants, {els d'Arcet, « inventeur du fourneau d'appel des doreurs », qui reçut le cordon de Saint-Michel. En outre Oberkampf et Terpaux furent promus barons et d’autres oblinrent la croix de la Légion d'honneur: Firmin Didot, Jacquard, Daniel Kæchlin, Roze-Cartier, Denière, Mallié, Roux-Cardonnel, Utzschneider, etc.

L'Exposition se tint dans les salles récemment terminées du Louvre, au rez-de-chaussée; il y eut 1 662 exposants et plus de 6000 objets. C'est le baron Costaz qui fut, encore une fois, chargé du rapport : celui-ci est des plus remarquables et reste le document le plus intéressant sur l'histoire économique de cette période. On y trouve l’élude des progrès accomplis depuis 1806 dans les différentes industries, grâce à la mécanique et à la vapeur,

IX. — Face des Médailles des 5*et6* Expo- X.— Revers de la Médaille de la 5° Exposilions de Paris, 1819 et 1823, par Gay- sition de Paris, 1819. rard et de Puymaurin.

Pour le revers de la médaille, on a utilisé et fait transformer par de Puymaurin la fase de la médaille gravée par Benjamin Davivier pour les 2*el 3° Exposilions de la 1 République, an IX et an X (voir fig. I et LI). Le bonnet phrygien a été remplacé par la couronne royale, et le coq, par l'écusson aux fleurs de lis. On a ajouté à gauche une cornue sous le compas. L'inseriplion de la médaille de la {re République a été remplacée par la suivante : Aux SCIENCES, À L'AGRICULTURE, AUX ARTS UTILES.

l'éloge parfois mêlé à la critique, et de précieuses remarques sur la fabricaion d'un objet ou son esthétique, ainsi que sur les moyens de simplifier cerlains procédés. Lui aussi n'oublie pas les créaleurs :

« Les progrès ne sont pas uniquement le résullat des lumières, du zèle et de la persévérance des manufacturiers. Ils sont dus aussi au génie invenlif des artistes qui ont créé de nouvelles machines, simplifié la maind'œuvre... » v

L'Exposilion nationale de 1819 fut un vrai triomphe; un journal anglais de l'époque le précise en ces termes : « Daus les arts d'agrément, les Français ont toujours occupé le premier rang parmi les nations industrieuses, les voilà pour le moins au second dans les produits de choses usuelles. » L'art industriel était dignement représenté, et le rapport du baron Costaz en marque exactement le progrès, dentelles, blondes el broderies dont « les dessins sont d'un meilleur goût, mais dont l'abandon par la mode a ruiné beaucoup d'ouvrières; {apisseries et papiers peints parvenus à «un haut

degré de perfection », parce qu'ils ont pour aides « l'imagination féconde des artistes et la délicatesse de leur goût »; or/févrerie en qui l'art du plaqué se développe; Dijouterie qui est encore en pleine crise depuis 1813; bronze ciselé où il faut « que le bon goût se montre dans la composition du sujet, dans le dessin et dans la finesse du travail »; porcelaines, pour lesquelles il faudrait « concilier la commodité et l'élégance »; ébénisterie «remarquable par la décoration, le choix des formes et l'emploi ingé= nieux des bois exotiques ». La lilhographie est encore dans l'enfance, et le comte de Lasteyrie qui l’a introduite en France, et Engelmann pour ses estampes n'obliennent que des mentions honorables.

XI. — Premier élat du revers de la Mé- XII. — Deuxième état du revers de la Médaille de la 6° Exposition de Paris, 1823. daille de la 6° Exposition de Paris, 1823.

Pour la 6° Exposition, on utilise toujours la médaille gravée par Benjamin Duvivier pour les 2° et 3° Exposilions. an IX et an X. La signature de Davivier a disparu et a élé remplacée par celle de Puymaurin avee la mention : Refait par Caqué. On à ajoulé à droile, au revers déjà transformé pour la 5° Exposi= tion, {S19, une grue et une roue üentée, L'inseription de la {re République est reprise : ENCOURAGEMENS ET RÉCOMPENSES À L'INDUSTRIE.

Pour ie deuxième élat de la médaille : le compas de gauche a é!'é remplacé par une horloge-coucou.

La sixième ÆZxposilion des Produits de l'Industrie française s'ouvrit le 29 août 1823. Il n'y eut que 1642 exposants au lieu de 1 662; le nombre des récompenses seul augmenla : 1091 au lieu de 869. Elle se tint au Louvre comme la suivante en 1827; mais elles n’eurent, l’une et l’autre, qu'un succès médiocre. En 1827, le nombre des exposants augmenta un peu: 1699; les récompenses s'accrurent encore : 1254. Le vicomte Hénicart de Thury et l'ingénieur Migneron rédisèrent un rapport d'ensemble pour chacune de ces expositions, dans lesquelles « le jury dut se préoccuper de l'utilité des produits envoyés et non des difficultés vaincues ». L’abstention de nombreux exposants fut très remarquée; elle (enait à ce fait que certains industriels des départements avaient craint, en dévoilant

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leurs modèles, d'en favoriser les copies et de se voir ainsi distancés par leurs rivaux.

Au lendemain de l'Exposilion de 1827, des manufacturiers, fabricants et artistes : lhomire, Roufflard, Denière, Firmin Didot, Denayrouze et Caussen, Schlumbereer, Ravrio, etc., adressèrent au Ministre de l'Intérieur, comte de Corbière, une pétition collective pour demander la créalion d’un « Palais des manufactures », réservé aux exposilions générales. Le palais du Louvre où elles avaient lieu Jusqu'à présent allait leur être enlevé; il leur fallait un monument pour les abriter, ou mieux un palais, puisque, depuis la Restauration, c'est dans un palais, et dans celui même de nos rois, que les « Expo-

XIII. — Face de la Médaille de la 5° Ex- XIV. — Revers de la Médaille de la 7° Exposition de Paris, 1527, par Caqué ct position de Paris, 1827, semblable au de Puymaurin. deuxième élat de 1823.

silions ont repris naissance et qu'elles ont (toujours reçu une si honorable hospitalité ». Le projet n'eut pas de suites, mais l’idée en sera reprise ct réalisée plus tard avec le Palais de l'Industrie. Elle est redevenue d’actualité encore aujourd'hui.

La Restauration fut une ère de grande prospérilé pour nos arts industriels. La métallurgie fait d'énormes progrès, l’acier commence à devenir courant ; le « maïllechort », alliage de cuivre, de nickel et de zine imitant l’argent, est obtenu en 1819 par Maillet; le platine est purifiéet très utilisé. Les faïences de Sarreguemines et de Creil se perfectionnent ; à Baccarat, à Saint-Quirin (Meurthe), à Monthermé, à Cirey les cris{alleries ont une immense renommée. La sorerie de Lyon est rénovée par la découverte du métier Jacquard, plus (ard amélioré par Depouilly, ct des nouvelles {eintures chimiques, notamment celles de Guimet. L’impression mécanique par le cylindre a remplacé l'impression à la planche dans la fabrication des toiles el papiers peints; la papelerie d'Annonay devient célèbre; l'abaissement

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