‹ Arts appliqués et industries d'art aux expositionsChapitre 70 sur 126 · RUN GR · texte numérisé non relu

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somme de beauté. Nous chercherons à ajouter vraiment l'Art à l'Utile et non plus par l'Art à rendre inutilisable un objet utile! On a trop considéré l'Art Décoratif comme l'art des industries de luxe. Conception fausse ! Les objets les plus simples de nos usages peuvent être artistiques. L'Art décoratif, ou, pour l'appeler plus exactement, l'Art appliqué à l'Industrie ne doit pas être envisagé seulement sous sa forme somptuaire, avec ses tapisseries, ses émaux, ses orfevreries. Il faut aussi que le verre, l'assiette, le bol, la table de l’écolier, la suspension familiale aient été dessinés, ornés par l’artiste. N'en était-il pas ainsi au moven âge, seule époque où la France ait eu véritablement un Art populaire. Et ce ne sont pas seulement les Industries d'art proprement dites qui auraient à bénéficier de ce renouveau, mais bien toutes les Industries qui demandent qu'on ajoute à la qualité d'un objet par l'élégance de sa forme ou de son décor (exemple : automobile, brosserie). Il faut justement que tous les objets nécessaires à nos usages et qui sont susceptibles d'ètre décorés, soient réalisés dans cette Exposition {exemple : plaque d’égout, bouchons d’auto, moules à biscuits, porte-trolley, etc...).

Le prix jusqu'ici trop élevé des œuvres de style moderne vient de ce qu'elles sont presque toujours des pièces uniques. Industrialisées, fabriquées en séries, elles se vendraient mème moins cher que n'importe quelle œuvre de style ancien. Grâce à cette Exposition, nous arriverons à créer un art à bon marché, un art vraiment démocratique, à la portée de Lous, et qui mettra un peu de joie, de claire propreté, de la beauté enfin jusque dans les plus modestes foyers.

Organisation artistique. — Nous avons à en étudier les fins et moyens, c'est-à-dire à définir ce que comprendra cette Exposition, le mode de classement, de présentation des œuvres, et à examiner par quels concours artistiques nous la pour:6ns réaliser.

Classification. — Il y a trois systèmes de classification :

a) technique suivant les procédés de fabrication des œuvres (exemple : dans les étoffes, tissage et impression).

b) par matiére (exemple : bois, métal.…..). )

c) d'aprés Lu destination des œuvres (exemple : architecture, mobilier).

A) Classification technique : Ecartons ce mode très utile seulement dans un musée pédagogique.

B) Classification par matière : Elle comprend :

1° Les arts de la pierre ;

2° — ‘du bois ;

sù — du métal;

4 — delacéramique;

Sn — du verre:

6° — du papier;

79 — destissus;

$° — des matières animales (cuir, nacre, corne, corail, ivoire, ambre,

écaille.…).

Nous ferons à la classification « par matière » quelques critiques.

Où rentrerait la joaillerie qui emploie les pierres précieuses, use du métal le moins possible, seulement pour la charpente du bijou et comme accessoire. Dans la section de la pierre? L'émail est une matière vitreuse. Le mettrons-nous dans les arts du verre ou de la céramique, alors qu'il se range naturellement par ses destinations habituelles avec l'orfévrerie ou le bijou ? A quoi rattacher la coutellerie ? Si la lam: de couteau est de métal, le manche peut être de pierre dure, de

RL ENCUE——

bois, de cristal, de porcelaine, de cuir, de corne, d'ivoire... Le manche comme la lame peuvent être des pièces d'art. On ne saurait donc à quelle section exposer le couteau.

Ces exemples pourraient ètre multipliés. Dans bien des cas, nous ne saurions distinguer le principal de l'accessoire, et quelle matière doit l'emporter sur l’autre. La classification par matière pourrait présenter dans un musée d’enseignement des avantages incontestables. Ici nous voulons nous adresser surtout au grand public. 1l ne cherche pas pour ses besoins un objet de métal ou de pierre, mais bien un modèle de chaise de jardin, de couteau, d'escalier, de revêtement de muraille. Et, en plus, quelle déroute pour son esprit quand sont confondus dans une même section, comme en 1900, les pièces d'architecture et les objets d'art, la tuilerie et les grès d'élagère. Quel désagrément aussi pour l'artiste que ce voisinage. Les industriels, enfin, aimeraient-ils à ventiler leur production dans toutes les sections ; un bijoutier, par exemple, consentirait-il à présenter ses broches dans les diverses classes du métal (médaille), de la pierre (lapis), du bois (ébène sculpté), de la nacre, du corail, de l'ivoire, de l'écaille.…

Ces objections à la classification par matière peuvent se résumer :

1° Difficulté, lorsqu'un objet est composé de deux ou plusieurs matières, de fixer celle qui servira de base de discrimination ;

2° Confusion d'objets disparates par leur usage, leur forme, leurs proportions ;

3° Trop grande dispersion des créations d’un même artiste ou industriel.

C: Classification par destination : C’est celle que nous adopterons en principe, mais nous ne saurions, sans établir la plus grande confusion, en raison de la multiplicité des destinations, suivre uniquement cetle classification. Nous la comhinerons donc avec les classifications « technique » et « par matière ».

Classification proposée. — Nous proposerons la classification suivante :

1° Groupe de l'Architecture ; 2° Groupe du Mobilier ; 3° Groupe de la Parure.

Sections spéciales :

1° Les Arts du Théâtre ; 2° Les Arts de la Rue ; 3° Les Arts du Jardin ; 4° L'Enseiynement.

Toutes les productions sont donc ratlachées à trois groupes qui répondent à trois destinations bien différentes : architecture, mobilier, parure de la personne; Dans ces groupes, on classe les œuvres suivant leur matière, « métal, bois... »; dans ces classes de matières, on distribue les œuvres en salles séparées soit suivant la qualité de la matière « oret fer », soit suivant leurs procédés techniques, «étoffes tissées, étoffes imprimées ; fer forgé, fonte de fer».

NOTA. — Les énumérations qui suivent ne sont pas lémilatives, mais interviennent à titre d'exemple.

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