COUR
une refonte de l’enseignement à la base, c’est en obligeant les gens à connaître leur profession, c'est en obligeant l'architecte à être un ouvrier de métier, mais c’est surtout en mettant la profession d'architecte — je l’ai déjà dit l'année dernière — à la base de toutes autres pour faire des hommes d’art.….,
.… Il est indispensable que l'on approfondisse d’une facon plus terre à terre la situation lamentable qui résulte de la division du grand Art et de l’Art décoratif.
Vous ne réaliserez aucun progrès, tant que vous n'aurez pas réuni ces deux branches de l’Art, tant que vous ne vous serez pas rappelé que ce qui a fait la puissance de la production artistique du pays au moyen âge, c'est que les hommes qui contribuèrent à la construction des monuments étaient des ouvriers de métier qui connaissaient la pratique et la matière, tandis qu'à l’heure actuelle, dans les écoles des Beaux-Arts, on n’apprend presque jamais le travail de la matière, la pratique des métiers. (Trés bien! trés bien!)
Véritablement, cette situation est angoissante, elle ne peut durer. Ce n'est pas tout de venir manifester, de déplorer la situation lamentable dans laquelle se trouve l'Art décoratif, il ne suffit pas de faire des déclamations à une tribune; il faudrait qu’enfin le pouvoir responsable prit un peu en mains les doléances de ceux qui signalent cette situation, qu’on essayât de réagir et qu'on fit un effort dans ce sens.
Messieurs, il y a un point sur lequel l’année dernière j'avais appelé l'attention de M. le sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts. J'avais demandé où en étaient les travaux du conseil supérieur des Arts décoratifs. M. le sous-secrétaire d'Etat m'a répondu que le conseil supérieur ne s'était pas encore réuni. Je ne sais pas s’il s’est réuni ou s’il se réunira; en tout cas il ne fonctionne pas.
COX
18° No 1641
CHAMBRE DES DÉPUTÉS