‹ Arts appliqués et industries d'art aux expositionsChapitre 93 sur 126 · RON · texte numérisé non relu

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Mais il ne faut pas nous dissimuler l'importance de celle question d'emplacement. C'est d'elle que dépend la réussite de l'Exposition projetée, et la Commission d'étude préférerait que la Ville revint sur ses premières idées et nous aecordàt un emplacement tout prèt, tel que le Champ d’Entraînement de Bagatelle que viendrait compléter l’île de Puteaux.

Importance de l'Exposition. — Elle paraît intéresser trente-trois indus= tries qui ont été représentées chacune par une classe à l'Exposition de 1900 (M. Mezzara). Il faudra naturellement fixer une limite à l’espace réservé aux sections étrangères (M. lrantz-Jourdain). L'Exposition doit servir d'enseignement et d'encouragement pour l'avenir, et réveiller l'esprit d'initiative et d'entente des artistes, des industriels, des artisans et des ouvriers d'art (MM. Guilleré, Van Brock, etc.).

Construction. — On ne pourrait élever des palais définitifs devant servir aux Expositions futures (M. Plumet, M. Bonnier). Il faudrait, en effet, des crédits trop élevés ; ce serait engager l’avenir et répondre mal à l'intention des promoteurs qui s'efforcent de ranimer l'évolution artistique francaise.

Lien moral avec l'Exposition de 1920.— Peut-être serait-il bon. surtout si l'Exposition des Arts décoratifs modernes a lieu sur les terrains des fortifications, qu’un lien moral exislât entre le projet qui nous occupe et celui de l’Exposition d'Economie sociale proposée pour 1920 à l’occasion du Cinquantenaire de la République (M. G.-Roger Sandoz). Une partie des travaux (terrassements, halls) pourrait servir, mais il ne faudrait pas construire les palais en vue de leur utilisation ultérieure (M. Plumet et M. Aubert). La large place accordée aux industries rurales fournirait une excellente préparation aux Exposilions régionales projetées aussi pour 1920 (M. Roblin). Ce lien moral peut, en effet, intéresser le Parlement et les municipalités.

Organisation administrative. — La direction générale appartiendrait au Ministère du Commerce, d'accord avec la Ville de Paris et les Ministères des Beaux- Arts et du Travail. Les autres Ministères : Instruction publique, Finances, Affaires Etrangères, Colonies, Travaux Publies, etc., y seraient intéressés, chacun en ce qui le concerne.

L'Exposition serait à la fois officielle et en partie autonome, utilisant cette union de l'Etat et de l'Initiative privée qui a si bien réussi pour l’organisation des Sections françaises dans les Expositions à l'Etranger.

L’Administration supérieure de l'Exposition serait confiée à un commissaire général ou à un directeur général assisté d'un haut Comité de patronage, comprenant toutes les notabilités intéressées, et d’une Commission supérieure exécutive de nombre limité qui assurerait la rigoureuse exécution du programme. Cette Commission exéculive se composerait par tiers d'industriels, d'artistes et de personnes compétentes.

Chaque groupement aureit à sa tète un comité spécial composé par tiers des mêmes éléments.

Projet de budget.—Il ne peut èlre que très approximatif. On peut calculer qu'il s’élèverait à environ 13 500 000 fr.

En dépenses. — Administration : 950000 fr. — Installation générale : 1710000 fr. — Constructions : 3800000 fr. — Aménagement et décoration : 830000 fr. — Exploitation : 1 520 000 fr. — Publicité et attractions : 1 815 000 fr. — Encouragements et subventions : 1 875 000 fr. — Imprévus : 1 000 000.

En recettes. — Concessions : 1250000 fr. — Entrées : 3000000 fr. — Subvention de l'Etat : 8000000 fr. — Subvention de la Ville de Paris : 4 250 000fr. (MM. G.-Roger Sandoz et Mezzara).

ACCNMLIR——

Ce projet de budget vise surtout l'emplacement des fortifications. C'est pourquoi la somme demandée à la Ville de Paris est très minime, car 1l semble qu’elle doive prendre d’abord à sa charge les premiers travaux de mise au point des terrains, des fortifications et de la zone, beaucoup de ces travaux étant déjà prévus dans le projet général de la Ville.

Si l'Exposition avait lieu dans un autre endroit, tel que Bagatelle et Puteaux, la subvention de la Ville devrait naturellement être plus importante.

Les travaux devraient être exécutés sous la direction des hauts fonctionnaires de la Ville (M. Frantz-Jourdain, ete.).

Considérations financières. — Une Exposition largement conçue dans un but d’intérèt général doit être faite principalement aux frais des pouvoirs publies, qui en recueilleront ultérieurement les bénéfices.

Quant aux exposants, il faut leur donner le terrain gratuitement, comme dans les précédentes grandes Expositions, d'autant plus que leurs frais, déjà très gros d'habitude, scroat encore plus élevés cette fois-ci.

La sous-commission a.examiné aussi les combinaisons financières précédemment employées, mais il semble que les loteries et émissions de bons doivent être écartées, les dernières expériences ayant été défavorables (MM. Pevtel et Van Brock).

Il y aurait lieu cependant d'étudier une combinaison avec les notabilités financières et les grands établissements, notamment pour l'achat immédiat et la revente ultérieure des terrains si l'emplacement choisi était aux fortifications (M. Peytel).

Rapports avec les Syndicats industriels. — La Commission a actuellement obtenu l'accord complet entre les différentes Suciétés artistiques. Elle doit maintenant réaliser l'entente des Associations artistiques avec les Chambres syndicales, en s'adressant à leurs présidents et aux chefs des industries d'art.

MM.G.-Roger Sandoz, André Bouilhet et Guilleré ont eu un long entretien avec M. Pérol, président de la Chambre syndicale de l’Ameublement et président des Salons du Mobilier. D'après cette conversation très cordiale, il semble que l'accord cherché sera beaucoup plus facile que d’aucuns le croient. Le Président de la Chambre syndicale de l’Ameublement est loin de se montrer hostile au projet. Il aurait cependant préféré voir les comités ct jurys composés par moitié d'industriels et d’artistes sous l’adjonction d’autres personnalités. Nous espérons que les noms proposés le rassureront puisqu'ils représentent un gage d'impartialité.

Aussi bien, il existe de la part de certains industriels un malentendu sur le mot « moderne » qui pour eux s’applique au style en partie démodé de la fin du dixneuvième siècle. Mais il a bien été stipulé que le programme de l'Exposition veut l'évolution de la Décoration et des Arts appliqués à l'Industrie et non l'imposition d'un style officiel (MM. G.-Roger Sandoz, Guilleré et André Bouilhet). Quant à l'inspiration du passé, on ne peut jamais l’écarter complètement ; seuls, devront être rejetés la copie ou le pastiche des styles anciens. Sur ce point, aucune concession ne doit être faite (MM. Aubert, Frantz-Jourdain, ete..).

La Chambre syndicale de l’Ebénisterie va être convoquée par son Président pour lui transmettre sa conversation avec les délégués de votre Commission. Il en est de même de la Chambre syndicale de l’Orfèvrerie-Bijouterie-Juaillerie, dont le Président, M. Paui Templier, a longuement causé avec M.G.-Roger Sandoz.M.Templier adhère d'autant plus au principe de notre projet, que, comme nous, il approuve complètement la suppression des Expositions internationales universelles de Paris et leur remplacement par des lxpositions spéciales internationales ayant lieu tous les quatre ou cinq ans. Il ne fait de réserves que sur les questions de détail et d’organisation.

Quant aux autres Syndicats, nous n'avons pas encore pu les consulter.

“COX Pour résumer, il paraît à votre sous-commission qu'il y a lieu aujourd’hui :

1° De demander à M. le député Roblin, suivant son aimable intention, de déposer le plus rapidement possible son rapport concluant à l'adoption par le Parlement du projet de loi déposé par M. François Carnot et ses collègues, en faveur d’une Exposition internationale des Arts décoratifs modernes à Paris en 1916;

2° De prier la Ville de Paris de résoudre la si importante question de l’emplacement, qu'il soit pris soit sur les terrains des fortifications, soit dans un autre endroit tel que le champ d’entraînement de Bagatelle;

3° De demander au Gouvernement d'étudier le plus tôt possible la proposition de votre Commission d'étude sur l'organisalion générale proposée par elle;

4° De continuer les négociations avec les principales corporations intéressées et d'inviter leurs chefs à une prochaine conversation avec les délégués de votre Commission, pour arriver avec eux à l'entente et à l'accord déjà réalisés entre nos diverses Associations artistiques.

Le Rapporteur, P. Mezzana.

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