‹ Arts appliqués et industries d'art aux expositionsChapitre 95 sur 126 · EXTRAIT DU RAPPORT ANNUEL DE M. FRANCOIS CARNOT, PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU RAPPORT ANNUEL DE M. FRANCOIS CARNOT, PRÉSIDENT

.... Au mois de mai dernier, les représentants attitrés de deux Sociétés, avec lesquelles nous sommes toujours heureux de collaborer dans l'intérêt des Arts Dévoratifs : la Société d’Encouragement à l'Art et à l'Industrie et la Société des Artistes décorateurs, vinrent trouver votre Président pour examiner avec lui l’éventualité d’une Exposition internationale d'Art décoratif moderne. Ce projet, lancé depuis plusieurs années dans des articles de critiques d'art, n'avait pas encore trouvé son heure; ei quelques esprits informés pressentaient l'importance qu'une semblable manifestation pourrait avoir pour nos Industries d'Art, cependant les groupements les plus directement intéressés dans l'Industrie comme dans les Sociétés d'artistes, n’en avaient pas encore percu clairement la nécessité.

Les yeux commencaient pourtant à s'ouvrir, sous la menace de la concurrence étrangère, de la lutte économique chaque jour plus âpre, de l’évolution indéniable des besoins de la clientèle individuelle ou collective. Industriels, artisans et artistes comprennent enfin la nécessité d'une union pour la création de modèles nouveaux, mais cette union ne se réalisera que si on lui donne un but immédiat, si on lui assigne un délai fixe, si les événements viennent l’imposcr, en placant, à date déterminée, les producteurs français face à face avec leurs concurrents étrangers, sous les yeux du monde entier.

Dans ces conditions, oui, nous qui connaissons les ressources profondes du tempérament et du génie francais, toujours stimulés par l’orgueil national, autant et plus que par l'intérêt, nons sommes certains de leur voir réaliser un effort sans lequel les Industries d'Art de notre pays risqueraient de voir leur échapper la suprématie que notre fierté ne pourrait se résoudre à abdiquer. (Applaudissements.)

C’est pour cette raison que votre Président, fort de l’assentiment de votre

COX

Conseil, signait, avec les Présidents de la Société d'Encouragement à l'Art et à l’Industrie et de la Société des Artistes décorateurs, une lettre ouverte demandant au Gouvernement de réaliser à Paris, en 1915, une Exposition Internationale des Arts Décoratifs Modernes.

En même temps, les burcaux de ces trois Sociétés prenaient l'initiative de constituer une Commission d'Etude, chargée d'élaborer un rapport sur cette question complexe et délicate.

Cette Commission, convoquée au Pavillon de Marsan, appela la collaboration de toutes les Sociétés s’occupant exclusivement ou partiellement d'Art décoratif. Nous sommes heureux de dire que toutes répondirent à notre appel, et que, bientôt, l'Union Provinciale des Arts décoratifs, la Société des Artistes Francais, la Société nationale des Beaux-Arts, la Société du Salon d'Automne, la Société francaise de l’Art à l'Ecole, étaient officiellement représentées à nos séances où des critiques d'Art, des membres les plus qualifiés du Conseil municipal de Paris ct de l'Administration municipale, venaient nous apporter cordialement le concours précieux de leur expérience et de leur avis.

Ua rapport, aussi documenté qu'intéressant, élabli au nom de cette Commission par M. Guilleré, approuvé et signé des représentants de toutes les Sociétés réunies, fut adressé aux pouvoirs publies vers la fin du mois de juin. La gravité de la crise extérieure empêcha le dépôt d'une proposition de loi an mois d'octobre, mais dès que la situation diplomatique permit de proposer à l'examen du Parlement une question d'Exposition internationale, votre Président déposa à la tribune de la Chambre une proposition de loi, contresignée par des représentants de tous les groupes politiques sans dislinction d'opinion, tendant à décider l’organisation, à Paris, d’une Exposition internationale des Arts décoratifs modernes, en 1915.

La Commission du Cominerce, saisie de celte proposition de loi, a désigné, comme sous-rapporteur, M. Roblin; celui-ei s'acquitte avec zèle de la mission qui lui est confiée, et son rapport sera déposé et mis en discussion dès la rentrée de la Chambre. Il m'est permis de vous dire, dès maintenant, que l'opinion du rapporteur est nettement favorabe à notre proposition, et que la grande majorité de la Commission semble tout acquise à son principe.

Nous ignorons assurément cuel rôle l'Union centrale pourra être appelée à jouer dans l'organisation de l'Exposition projetée; en tous cas, celui qu’elle a rempli jusqu'à ce jour, en groupant autour d'elle, dans un même esprit de dévouement à une cause nationale, les Sociétés artistiques les plus adverses entre elles, et en réalisant l'union de tous leurs efforts, ce rôle est un honneur pour l’Union centrale,

car il témoigne des sentiments qu’elle inspire et dont nous avons le droit d'être fiers.

MCE

No 2078

CHAMBRE DES DÉPUTÉS

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