SCÈNE XI
les mêmes, Miss ANNA, entrant par le fond.
LADY, bas à Clinton,
Voici miss Anna. . . de la prudence.
Clinton , à miss Anna.
Comment, ma chère amie, vous quittez déjà la fête?
ANNA
Oui, je ne sais ce que j'ai. . . je ne me sens pas bien.
POLWARTH
En effet, Mademoiselle, je vous trouve un peu pâle. . . Peut-être la fatigue. . . le besoin. . .
ANNA
Non , non , ce n'est rien.
LADY
Vous paraissez cependant bien agite'e ?
ANNA
Et qui ne le serait pas dans un moment. . .
Quelle crainte pouvez-vous avoir?
ANNA
Vous me le demandez?... Lorsque le plus grand danger menace . . .
CLINTON
Qui donc?
ANNA
Le colonel Arwed.
POLWARTH
Arwed , menacé !
ANNA
L'inquiétude de l'assemblée n'a pu m'échapper. . . et Arwed en est l'objet; tous les regards sont fixés sur lui: on l'observe , on suit tous ses mouvemens.
POLWARTH
C'est vrai , je l'ai remarqué aussi.
ANNA
Lui seul ignore sa position, et semble étranger à ce qui se passe autour de lui; il excite tout le monde à la joie. . . Cela fait un mal. . .
CLINTON
Rassurez - vous ! . . . je ne pense pas qu'Arwed soit menacé d'aucun péril particulier, et quand même il en existerait, il serait imprudent de montrer nos craintes; on écarte quelque fois le danger, en feignant de n'y pas croire. . . Venez , il faut nous présenter au bal.
POLWARTH
Le Général a parfaitement raison; soyons très - gais, si c'est possible.
( Au moment ou ils se disposent à sortir , Butler entre. — Jusqu'à la fin de l'acte , on aperçoit dans le fond , la société' se promener dans les salons.)