ANTISEPTIQUES PULVÉRULENTS
Pour les pansements nous n'employons que l'îodoforme et le salol.
Nous avons une tendance de plus en plus marquée à substituer le salol à riodoforme à cause de la toxicité de ce dernier.
Toutefois nous conservons encore ce dernier pour les drainages du péritoine ou des plaies profondes.
Le salol n'a aucun inconvénient, il n'est pas caustique, à peine toxique et il est parfaitement antiseptique (1).
Il n'en est pas de môme de l'iodoforme dont l'action antiseptique est remarquable, mais qui provoque des accidents redoutables.
Contre-indications de l'iodoforme. — L'iodoforme est contre-indiqué chez l'enfant, chez les vieillards, les malades atteints d'affections rénales ; on évitera de verser quelques centigrammes d'iodoforme en poudre dans les grandes cavités ; on évitera aussi
(1) Dernièrement l'un de nous a pratique une grelle par transplantation qui n'a pas pris, mais qui est restée en place, sèche, adhérente et aseptique, pendant 40 jours sous un pansement salolé.
le tamponnement de grandes quantités de gaze iodoi'ormée.
Accidents iodoformiques. — Localement l'iodoforme provoque des poussées d'érythèmes ou d'ezcémas.
Les accidents généraux se présentent sous la forme légère ou grave.
Dans la/orme %è'e on constate des troubles gastriques, des accidents nerveux et parfois des éruptions.
Les troubles gastriques consistent en inappétence et dégoût des aliments avec un goût persistant d'iodoforme dans la bouche. Cette odeur augmente quand les malades se servent de cuillers d'argent. Poncet de Lyon a signalé le signe de l'argent : si on touche une cuiller d'argent avec la salive du malade et si on la frotte ensuite avec un linge, on, développe une odeur alliacée spéciale produite par l'action de l'iodoforme sur l'argent.
Les troubles nerveux sont l'insomnie avec agitalion, et délire nocturne assez tranquille.
Le jour le malade est assez calme.
On constate parfois des éruptions rubéoliformes ou scarlatiniformes.
.La température reste normale le plus souvent, tandis que le pouls monte à 120 ou 140.
Cette discordance entre le pouls et la température est un des meilleurs symptômes de l'empoisonnement par l'iodoforme, quelquefois cependant la tempéi-ature monte de 39 ou 40" (Schede).
Dans XdL forme grave^ le délire nocturne est violent; pendant le jour il persiste, mais moins bruyant.
On a constaté dans les formes graves, de Talbuniinuric avec des cylindres épithéliaux dans l'urine.
Tous les symptùiics de la forme légère se retrouveni ici encore plus accentués.
Kœnig a décrit une forme comateuse, et chez les enfants une forme ménùigitique dans laquelle les symptômes sont identiques à ceux de la méningite tuberculeuse, sauf que la température reste normale.
On trouve à l'autopsie la dégénérescence du foie, du cœur, des reins et des noyaux de broncho-pneumonie.
Le traitement de l'intoxication iodoformique consiste d'abord à supprimer l'iodnforme. Behring a "ÏÏernontré refTicacité ' des sols alcalins ; à quatre lapins il administre de l'iodoforme avec un sel alcalin, ils guérissent; quatre autres témoins absorbent de l'iodoforme seulement et en meurent.
L'auteur conseille l'absorption de bicarbonate de potasse ou de soude en solution à 5 ou 10 % .
Préparation de la gaze à l'iodoforme et au salol. Formule de la Salpêtrière
En principe, il suffit défaire une solution d'iodoforme dans un liquide volatil et d'en imprégner la gaze.
La formule générale suivante que nous employons présente de grands avantages.
lodoforme
Térébenthine
Thymol
Phénol
Sulfure de carbone Gaze sans apprêt . .
2 % de l'iodolbriue. . „, ( de la gaze
f l'iodoforme réunis.
:J00 moins le poids de l'iodof.
Kii ùLciblissaiil les poids d'après ces proportions, pour les différents titres employés ordinairement, c'est-à-dire pour les gazes à 10 % , 20 % , 30 % d'iodoforme on trouve :
Gaze à 1 0 % :
lodoforme 11.2)
Térébcnlhinc 0.22
Thymol 0-1 ^
Phénol 1-12
Sulfiu'c de carbone 288.7.5
Gaze sans apprêt 100.00
Gaze à SO % d'îodoforme s
lodoforme 23.40
Térébealhinc 0.S8
Thymol 0.12.5
Phénol 1.2".
Sulfure de carbone 274.60
Gaze 100.00
Gaze à 30% d'iodororme :
lodoforme 43.70
Térébenthine 0.85
Thymol 0.13
Phénol 1.43
Sulfure de carbone 236.30
Gaze 100.00
La gaze sans apprêt est divisée par pièces de 2 mètres; on la fait bouillir pendant quelques instants dans de l'eau à laquelle on a ajouté un peu de carbonate de soude pour la nettoyer, puis on la fait sécher.
On la porte ensuite à l'éluve de Poupinel, à une température de 180" pendant 2 heures pour la stéri liser.
Cela fait, on tasse la gaze, convenablement pliée, dans un cristallisoir stérilisé et on l'arrose avec la
^^"^ Llî>> SIJIISTANCRS ANTISEl'TIOriiS
soluLioa sulfo-cai'boiiiiiue d'iodororme do façon ii rimprégner eiiLièreinent el égalemenl, puis on la sort pièce par pièce du crislallisoir et on l'étalé sur une corde stérilisée également et fortement tendue. Le sulfure de carijone, dont la tension de vapeur est très grande, s'évapore excessivement vite. On peut plier la gaze aussitôt et on l'enferme par petits paquets dans du papier stérilisé, puis chaque paquel est entouré soigneusement d'une enveloppe de [)apier parcheminé.
La térébentine agit comme agglutinatif. Le sulfure de carbone agit h la fois comme dissolvant de l'iodoforme, et à ce point de vue il est ])eaucoup plus avantageux que l'alcool ou l'éther. et comme microbicide pendant l'opération.
Il est bien entendu que toutes ces manipulations sont faites avec des mains aseptiques.
Étant données les propriétés délétères du sulfure de carbone il est indispensable de se placer dans un endroit bien aéré pendant la préparation de la gaze.
Il faut aussi opérer loin de toute flamme pour ne pas s'exposer à de terribles explosions.
La Gaze au Salol, se prépare exactement comme la gaze à l'iodoforme ; toutefois on peut supprimer le thymol et le phénol.
Crayons à l'îodoforme
Nous suivons exactement la formule du Codex c'est-à-dire :
graminos
lodoformc pulvérisé 10 »
Gomme pulvcri.sée O.iO
Eau distillée | ^^^^ possible) Glycérine . . . (
J.KS SUBSTANCES ANTISICI'TIQUES 3o
On mélange l'iodorornie cl la gomme. On fait, à Taicle de l'eau et de la glycérine, une masse de consistance pilulaire que l'on roule et que l'on divise en cylindres de dimensions convenables.
Opérer dans un mortier flambé à l'alcool. Pour les conserver on enferme également ces crayons dans un tube bouché.