‹ Asepsie et antisepsie chirurgicales [electronic resource]Chapitre 33 sur 60 · H ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT · texte numérisé non relu

H ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT

capuchon métallique pour empêcher que la poussière ne se dépose sur le goulot. Nous n'avons

pas pour le lavage des mains des appareils à tuyaux et robinets pour l'eau chaude ou froide; nous nous contentons d'une table en bois (n" 24) supportant deux cuvettes et deux pots à eau:

nous avons, d'ailleurs, fait ressortir plus haut les avantages de cette disposition pour la propreté

Fig. -24. — Table à instruments de Terrillon.

et l'antisepsie. Au-dessus de cette table-lavabo est une petite vitrine à rayons de verre pour les instruments.

La table d'opérations de Terrillon (fig. 23), cons-

OIUÎANISATION ET FONCTIONNEMENT

Iruile par Villain, se compose d'une large plaque métallique percée de trous et encadrée de bois... Les pieds peuvent se replier, ils peuvent aussi s'allonger, grâce à des articulations en baïonnettes. Deux gouttières métalliques s'adaptent à cette table pour soutenir les jambes.

Entre les jambes de l'opérée, on place la table à instruments de Terrillon (flg. 24) qui permet au cliirurgien d'avoir ses instruments et ses éponges très rapprochés du champ opératoire.

Nous avons dans le coin de gauche un réchaud à gaz et une poissonnière pour l'ébullition à la glycérine. Tout près est une table sur laquelle se trouve une petite armoire microscopique (flg. 21) où sont nos provisions de soies et drains autoclavés. Sur la même table sont posés l'aspirateur de Potain, des cristallisoirs pour les soies, etc.

A droite de la cheminée se trouve une autre table sur laquelle sont les boîtes à ouate, des piles de cuvettes, le thermo-cautère, etc.

Enfin le sol est recouvert de linoléum.

Cette simplicité extrême est très avantageuse et elle facilite considérablement le fonctionnement de l'antisepsie.

Points oapîtaiix de l'organisation d'nne salle d'opérations

1° Une salle d'opération doit être largement éclairée du côté nord.

2° Les murs seront peints à l'huile pour être facilement lavés.

3° Le sol sera dallé ou recouvert de linoléum pour être lavé facilement.

4" Elle ne contiendra que le minimum strict des meubles, c'est-à-dire une table d'opérations, une autre pour les instruments et deux autres pour supporter les objets indispensables.

5° Il n'y aura ni meubles, ni rayons au-dessus du rayon visuel (afin d'éviter les nids à poussière).

6" On ne balaiera ni n'époussètera, on lavera le sol et les murs avec des linges mouillés.

1° Le chauffage sera réalisé par l'eau chaude de préférence à la cheminée qui provoque des courants d'air qui soulèvent la poussière.

8° On évitera les appareils compliqués pour le lavage des mains, une table et deux cuvettes suffisent.

9° Il serait à souhaiter que l'on pût stériliser l'air d'une façon pratique et commode; mais, jusqu'ici, ce problème n'a pas été convenablement résolu.

Fonctionnement général des opérations

Il est indispensable de réduire au minimum le nombre des personnes qui concourent à une opération. A la Salpêtrière, à l'exception du chirurgien et d'un aide direct, personne ne touche h la plaie ni aux instruments, éponges, soies, drains, ou objets de pansement.

La marche générale des opérations est ainsi réglée : l'externe chargé des instruments les a choisis la veille, et les a rangés dans la boîte de Poupinel, que la surveillante a fait fonctionner pendant une heure. Le lendemain matin l'externe retire les instruments de l'étuve avec une pince, les fait bouillir un quart d'heure dans la glycérine, puis les range-

ORGANISATIOxN KT FONCTIONNEMENT

dans un grand plateau préalablement flambé et rempli d'eau bouillie légèrement phéniquée.

Pendant qu'un des inlernes donne le chloroforme, l'opérateur et l'aide direct se lavent les mains d'après la technique indiquée plus haut.

Lorsque la malade est endormie, on l'apporte sur la table opératoire, et les infirmiers enlèvent le pansement de l'abdomen. L'opérateur savonne lui-même le ventre, le sèche, puis le passe à l'éLher, alcool, sublimé comme il a été dit plus haut. Avant de prendre le bistouri, le chirurgien se passe les mains à l'alcool et au sublimé, puis dispose les compresses stérilisées autour du champ opératoire.

Pendant l'opération le rôle de l'aide est réduit au minimum, il éponge le sang, refoule l'inlestin qui prolabe et charge les fils sur les aiguillles.

Les éponges sont placées sur la table aux instrument dans un cristallisoir stérilisé, où l'aide direct et le chirurgien les prennent eux-mêmes sans aucun intermédiaire.

Si l'on a besoin de soie pour les ligatures, l'interne en pharmacie toujours présent, débouche un tube de soie, en verse le contenu dans un petit cristallisoir stérilisé, saisit avec une pince stérilisée l'extrémité du fil et le déroule dans une étendue convenable ; le chirurgien coupe lui-même la soie et fait la ligature.

Nous avons pris soin de ne pas faire servir les cuvettes à tous les usages, comme on le fait dans certains services; tout ce qui est antiseptique, liquides, soies, éponges, n'est versé que dans des cristallisoirs en verre soigneusement stérilisés.

Les cuvettes ne servent qu'à recevoir les tumeurs ou les éponges sales.

Enfin, nous avons de grands bassins en fonle ômaillée pour recevoir les pansements ; de cette façon, les objets antiseptiques ne sont jamais en contact avec des récipients souillés parles opérations antérieures.

Pendantl'opération, l'externe instrumentiste range dans le plateau les instruments en désordre (avec une pince stérilisée), à un moment donné, lorsque l'eau teintée de sang devient trouble, il vide le plateau et remet du liquide propre.

Pour les sutures, l'interne en pharmacie débouche le tube des crins autoclavés, les tire un à un avec une pince stérilisée, et les présente à l'aide direct qui les accroche à l'aiguille de Lamblin.

L'opérateur fait le pansement lui-même ; l'interne en pharmacie déroule avec une pince stérilisée, la gaze iodoformée enveloppée dans un papier stérilisé ; le chirurgien la coupe avec une pince et des ciseaux, sans y mettre les doigts et l'applique sur la plaie. Il place par-dessus la ouate stérilisée à l'étuve sèche, puis une couche de ouate ord inaire et un bandage de corps.

Organisation des pansements A. — I^ansements gynécologiques

Les pansements gynécologiques sont faits par l'interne.

Pour éviter d'infecter les malades, on fait les injections vaginales avec l'injecteur des pansements, sur lequel on adapte une canule articulée, stérilisée.

Nous avons daiM» une boîte en cuivre les instru-

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