‹ Asepsie et antisepsie chirurgicales [electronic resource]Chapitre 37 sur 60 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

une cavitô où s'accumule et stagne le sang et la sérosilc. On sait que la stagnation de liquides qui ne vivent plus favorise l'infection par les microbes atmosphériques déposés sur la plaie au cours de l'opération.

C'est dire que nous n'acceptons pas le pansement de Schede sous coagulum sanguin ; cette pratique, qui consiste à laisser accumuler des caillots dans les plaies pour faciliter les phénomènes de réparation, nous paraît des plus dangereuses.

Lorsque l'antisepsie a été défectueuse, lorsque la plaie comporte des surfaces très anfractueuses et très étendues, et surtout lorsqu'on ne peut par des sutures supprimer une cavité opératoire, il est indiqué de drainer. On emploiera soit le drain autoclavé soit une mèche de gaze antiseptique.

Les drainages en tissus sains seront laissés 48 heures; au bout de ce temps, on remplacera le drain ou la mèche par une mèche plus petite.

Il est indispensable que le drainage ne reste pas en place plus de deux jours; s'il restait davantage, les germes qui vivent dans le pansement infecteraient les ligatures, ce qui provoquerait des fistules interminables.

Il est àcraindre, si l'on agit sans précaution, que la mèche n'entraîne dans la plaie quelques-uns des germes qui végètent à la surface de la peau. Pour éviter cet inconvénient il faut laver la peau avec de l'alcool avant de retirer le drain, et le remplacer immédiatement par une petite mèche qu'on a coupée d'avance afin d'éviter autant que possible le contact de l'air.

SUR l'emploi du matériel cuirurgical

Emploi des objets de pansement

La plupart des chirurgiens parisiens emploient ])our leurs pansements de la gaze antiseptique, de l'ouate hydrophile stérilisée, une couche d'ouate ordinaire, le tout fixé par une bande ou un bandage de corps.

L'ouate hydrophile est destinée à absorber les sécrétions et à maintenir la plaie à l'état sec; l'ouate ordinaire qui ne se laisse pas imbiber empêche l'infection de la ouate hydrophile lorsqu'elle est mouillée, sans s'opposer à l'évaporation des liquides.

Aussitôt que la ouate est mouillée elle cesse de liltrer les microbes, qui ne tardent pas k pulluler dans son épaisseur et à gagner la plaie, on changera donc les pansements toutes les fois qu'ils seront traversés par les sécrétions.

Nous n'employons guère comme gazes antiseptiques que celles au salol et àl'iodoforme. Comme nous redoutons beaucoup l'intoxication iodoformique nous nous servons exclusivement de gaze à 10 % , au lieu des gazes du commerce à 30 % , et le plus rarement possible. Nous la réservons pour les plaies en suppuration, qui ont besoin d'antiseptiques énergiques ; d'ailleurs le salol au contact du pus laisse persister une odeur fétide. Nous employons encore l'iodoforme pour les pansements vaginaux où il est sans danger; exceptons cependant les cas d'hystérectomie vaginale qui exposent à l'empoisonnement iodoformé. Nous verrons plus loin comment on peut supprimer tout pansement après l'hystérectomie vaginale.

Page 1