GÉNÉRALITÉS
n'ulcèrent pas la peau, à l'inverse de la soie qui, poreuse et irrégulière, cultive les germes atmosphériques dans ses anfracluosités remplies de sang ou de matières organiques. Ce sont ces germes qui ulcèrent les tissus et non pas la soie.
Les sutures cutanées au catgut n'ont qu'un avantage, c'est qu'on n'est pas obligé de les enlever puisqu'elles se résorbent spontanément ; elles permettent donc des pansements rares. Remarquons cependant qu'un pansement ne reste guère plus de huit jours sans avoir besoin d'être renouvelé; dans ce cas, le catgut n'a aucun avantage. Si le pansement reste plusieurs semaines en place, les crins y peuvent aussi rester sans aucun inconvénient, car ils restent en place pendant un temps considérable sans provoquer aucun accident.
Il ne reste donc plus au catgut aucune supériorité sur les crins de Florence.
Quant au fil d'argent, nous ne l'employons guère que pour les périnéorraphies (voir périnéorraphie).
Dans le vagin, nous employons le catgut pour les sutures, de préférence aux autres flls, à cause de la difficulté qu'on éprouve à enlever les sutures qui ne se résorbent pas.
C'est encore pour la même raison que nous suturons au catgut les phimosis, pour lesquels l'ablation des fils serait difficile et douloureuse.
Du araînage clans les opérations sur les membres (1)
Depuis les travaux de Mollière {Cojigrès de cJtirur-
(1) Voir les chapitres consacrés à la laparotomie et à l'hystérectomic pour la question du drainage du péritoine.
SUR l'emploi du matériel chirurgical 109
gie 1888), de ïrélaï {Société de chirurgie 1889), de BoKCKEL [Académie de médecine 1889), de l'un de nous (CiiAPUT, de la réunion sans drainage, Semaine médicale^ 1889), il est devenu classique de supprimer le drainage pour les opérations en tissus sains, car le drain est inutile et dangereux.
Dangereux, il l'est en favorisant les inoculations secondaires au moment du pansement, ou si le pansement se dérange ; il est encore inutile, si l'on a pris la précaution d'éviter de laver les plaies avec des antiseptiques forts. Ceux-ci provoquent un suintement séreux abondant qui rend le drain indispensable, et leur emploi présente d'ailleurs de grands inconvénients et peu d'avantages.
Non seulement les antiseptiques forts exposent aux accidents d'intoxication générale mais ils déterminent encore à la surface des plaies une nécrose superficielle qui favorise le développement des germes ; ils provoquent en outre un suintement séreux abondant qui n'est qu'un phénomène anormal. Bien plus, le drain n'empêche pas l'infection opératoire quand les instruments sont mal désinfectés; il atténue la gravité de l'infection, mais ne la supprime pas; nous connaissons des observations dans lesquelles l'infection grave s'est produite malgré les lavages antiseptiques, et malgré le drainage.
Qu'une pince hémostatique imprime profondément ses mors souillés dans un muscle, et l'on comprendra facilement qu'un simple lavage de surface ne peut désinfecter ces tissus infectés dans leur épaisseur.
Le chirurgien supprimera donc le drainage toutes les fois qu'il sera sûr de son antisepsie, et toutes les fois qu'il pourra éviter de laisser derrière les sutures