‹ Asie centraleChapitre 17 sur 60 · I.al . 1° 5' N. Siorra Nevada «le · texte numérisé non relu

I.al . 1° 5' N. Siorra Nevada «le

Mciiria.. a33î> fi5o Codaazi.

La limite des neiges est une ligne de ni* veau infiniment plus régulière et plus tranchée sous la zone torride que dans la zone tempérée. Elle fait connaître là 011 aucune mesure directe n'a encore été tentée , laquelle de deux cimes voisines est la plus élevée. Les

1 Vovpz sur les fondements de cette évaluation , Pombo, Noticias varias sobre las Quittas, 181 4, p. 67 et 139; de même, ma Relal. hist. t. HT, p. 214.

indigènes de Quito savaient avant l'arrivée des Académiciens français que leChimborazo était, depuis l'écroulement du Capac-Urcu, la plus haute de leurs montagnes. La limite des neiges perpétuelles ou ligne d'égale hauteur dont le tracé frappe singulièrement dans les vues pittoresques des hautes Cordillères équinoxiales, oscille faiblement sous de petites latitudes. Lorsqu'on tentp d'évaluer l'étendue de ces oscillations dépendantes des saisons, surtout du temps des sécheresses ou des pluies, il ne faut pas confondre la neige tombée sporadiquement ' et ne se conservant qiie peu de

v On peut être surpris de voir que dans un tableau de la limite des neiges, rédigé par vin observateur profondément instruit, le colonel Hall, le commencement des neiges soit fixé au Nevado de Cayambé , placé sous l'équateur même , à la hauteur de i4?*7 pieds anglais ou *aat toises. Ce savant rappelle que La mesure a été faite à l'époque des grandes sécheresses de juin et octobre, où les neiges descendent autant qu'elles remontent pendant le temps des pluies. Pour l'Antisana (i 5838 feet ou i475 1.), le Chimborazo (4 6000 feet ou a5o 1 t.) et le Cotopaxi (1 5646 feet ou 2 44^ t.), les résultats de M. Hall ne diffèrent que de i5 à 20 toises de ceux de M. Boussingault. La hauteur moyenne de la limite des neiges adoptée par M. Hall, qui , muni d excellents instru-

de &49<> toises au-dessus du niveau de 1* Mer du Sud. J'incline à croire que près de l'équateur, l'oscillation de la limite des neiges atteint de 4<> à 60 toises, ce qui n'est encore que ~ de la hauteur absolue de cette limite. Je n'ai rien vu sous les tropiques , ni i Quito , ni au Mexique, qui ressemble aux glaciers de la Suisse. J'avais pensé i° que des causes météorologiques s'opposaient au changement des névés ou glaciers par l'absorjw lion de l'eau qui pénètre et cimente les grains incohérents de grésil et les cristaux de neige; 20 que les coulées de neige , source primitive de tout glacier, n'avaient pas lieu , lors même que la forme et la pente des vallées pouvaient favoriser leur descente , à cause du manque de volume et de poids de la neige siirincombqnte. Sous la zone tempérée , dans les Alpes de la Suisse, par exemple, toutes les eaux qui pendant peuf mois de l'année tombent dans les régions inférieures sous la forme de pluie, ne tombent dans les hautes vallées que sous la forme de neige. L'accumulation des neiges dans ces Alpes et la pression latérale de leur masse sur des plans inclinés , doit par conséquent être beaucoup plus considérable

4|ue dans les ISevados de la zone équatoriale* qui s1 élèvent pour la plupart sous la forme d* cônes ou de dômes isolés 11 dans des coujches d'air très-sec et à des hauteurs qui en égalant la cime du Mont-Blanc , resteraient presque encore dépourvues de neiges pendant une grande partie de Tannée. Les doutes que j'énonce ici sembleraient devoir disparaître devant le témoignage d'un fait rapporté par un physicien dont l'autorité a toujours été des plus imposantes pour moi. M. Boussingault , que j'ai consulté sur l'existence des petits amas de neige et de grésil que les Indiens de Calpi m'avaient dit se trouver couverts de sables , bien au-dessous de la limite actuelle des neiges du Chimborazo, m'écrit : « Je ne sais rien des neiges souterraines du Chiiqborazo, et je doute fort de leur existence; mais au Volcan de Tungurahua, nous avons rencontré , le colonel Hall et moi, à la hauteur de la ville de Quito (donc à peu près à i5oo toises de hauteur absolue) une

1 L'isolement des montagnes empêche, même dans les Alpes, la formation des glaciers. Saussure, Voyage dans les Alpes , § 53o. Agassis, Etudes sur les Glaciers', p. 91.

masse énorme de neige endurcie, un véritable glacier comme ceux de la Suisse. Cest le seul glacier que j'aie tu en Amérique entre les tropiques. » Je demande à mon tour si les neiges accumulées au Volcan de Tungurahua étaient bien réellement des coulées des neiges communiquant avec la calotte de neige, d'ailleurs esses mince, qui couvre le cône du Volcan, ou si cette apparence de glacier n'était pas due à un éboulement, à une masse de neiges, qui a glissé sur la pente de la montagne, semblable aux avalanches dans les Alpes, qui, imbibées d'eau , se transforment en glace *. Zone Torridb de i6° a ig° Noan. — Mes observations du Mexique et celles de M. Pentland, faites dans les Cordillères du

1 Saussure, § 527 et 54o. Agassiz, p. i4a. Hugi, tVtsen der Glelscher, «84^ > § 36. Pendant les grande* éruptions du Cotopaxi , La Condamine a vu descendra vers la plaine de Llactacunga , d'énormes quartiers de glace nageant dans des torrents que formaient les neiges fondues. En gravissant le Tungurahua par la Cuchilla de Guandisava, j'ai reconnu, ài658 toises de hauteur, les traces d'un éboulement, par lequel, dans le fameux tremblement de terre de Riobamba (7 février 1 797), une belle forêt de Ccdrela odorafa s'était dépla-

— aÔ7 —

Haut Pérou , nous offrent des contrastes trèsremarquables et au premier abord très-inattendus, par des latitudes correspondantes * mais dans les hémisphères opposés. Ce nW qu'en approfondissant davantage les causes météorologiques si compliquées qui modifient la hauteur des neiges, ce n'est qu'en abandon» nant la supposition que cette hauteur est simplement fonction de la latitude , qu'on est parvenu à expliquer jusqu'à un certain point les discordances que présentent les extrémités de la zone lorride au nord et au sud de l'Equateur. J'ai trouvé sur le plateau du Mexique , entre les 1 g" et i g° x de latitude boréale, le maximum de la hauteur des neiges , c'est-àdire la véritable limite inférieure des neiges éternelles ,

AuVolcan Popootepctl, Ut i8°59'. • . . a34i t. ou 4563 m. Au Nevado liuccîhuatl, Ut. upio'.. . . »3o5 4491

A*Y«lcan «teTolucâ^Ut. 19» n' tftgS 44; 3

cée, en glissant sur la pente de la montagne. Lorsqu'à la distance de 1 5585 toises, sur le plateau de la nouvelle ville de Riobamba, je mesurai le Tungurahua, les neiges desceudaient jusqu'à la hauteur de ai 53 toises. C'étaient donc des neiges fraîchement tombées, formant une ligne de niveau très-régulière, et masquant la véritable limite inférieure #dH neigea permanentes.

La moyenne de ces trois détermination* mexicaines est de 23i3 toises ou 4507 mètres. La limite des neiges, depuis l'équateur traversant les Cordillères de Quito jusqu'aux 19° N. au Mexique, n'avait donc baissé , selon mes mesures, que de 167 toises ou 3o6 mètres. Cette moyenne différait même très-peu de celle que le colonel Codazzi a trouvée dans la Sierra Nevada de Mérida , par les 8° 5' de latitude boréale.

J'ai taché de suivre avec beaucoup de soin, surtout à la pente des deux Volcans de la Puebla1 (le Popocatepetl et l'Iztaccihuatl )

1 Ce qui doit contribuer à donner quelque confiance aux angles de hauteurs pris simultanément de la cime et de la limite des neiges , c'est que de bonnes observations barométriques correspondantes , faites en novembre 1817, par M. Samuel Birckbeck , au sommet du Volcan de Popocatepetl , et par £1. Vetsh à Mexico, offrent pour la cime du Popocatepetl une hauteur absolue de 2789 toises : hauteur qui ne diffère que de 18 toises du résultat de ma triangulation (2772 toises) dans le Llano de Titimpa , près du village de San Nicolas de los Ranchos. Déjà, en avril 1827, la mesure barométrique de M. "William Glennie avait donné 47884 pieds anglais , ce qui encore ne diffère que de 22 toises de ma mesure trigonom étriqué. La différence est un

visible sur les bords du lac de Tescueo, du ^liaut de la* pyramide de Cholula et du Llano de Titimpa, les oscillations de la limite des neiges selon la différence des saisons. Voici les résultats de mes mesures dont les trois premières sont trigonoméïriques et les deux dernières faîtes à l'aide du. baromètre f mais dans des circonstances très-favorables.

Aa Popocatepetl, 30 nov.i34i t.

À rixlAccîhuatl. ao no*. i3oS

Aii Pic a'Ontaba,^ fc> : .

écu volcan de Tolqca ry

20 sept aag5

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18 janv. 1088 t.

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a5 janv. 1307 aaou

peu plus grande au Llano de Titimpa 9 que M. Glennlè trouve ia64 toises au lieu de *a34* (Compare*: mon Recueil d'Observations astronomiques, t. II , p. 543; Oètnkanns Astron. ukd hypsom. Grundlagen det Erdfcsch&ibung , t. I , p. a3 ; Burkart , 1. 1 , p. 69.} Lorsque les questions de physique générale dépendent presque entièrement de certains éléments numériques , il me parait indispensable de mettre le lecteur à même de pouvoir discuter le -degré* de probabilité relative qu'offrent ces éléments. Les légères différences numériques que l'on peut remarquer entre le* données •coi*signées ici et celles de mies publications antérieures , tiennent à de nouveaux calcula auxquels M. Galle a bien voulu soumettre l'ensemble de mes observations*. 1 Au mois de mars , après le froid hivernal , pendant

D'après ce tableau, la moyenne des ûsqîL» lalions a été dans les années i8o3 et i8o4Y de 3ao toises (6a3 mètres). On ne peut être sur* pris de la différence d'étendue que l'on observe entre les grandes oscillations mexicaines et les très-petites oscillations de la limite des neiges perpétuelles à Quito. L'influence des plateaux voisins plus ou moins chauffés selon les saisons, les variations de l'humidité de l'atmosphère et l'état de sérfnilé du ciel, agissent simultanément pour élever ou abaisser le bord de la calotte neigeuse. Or, à la ville de Mexico, à il 68 toises de hauteur, les trois mois de décembre, janvier et février ont eu en 1826 une température moyenne1 de i«%7,

lequel, même à la ville de Mexico, la moyenne dea nuits est au-dessous de 6°, un voyageur très-instruit, M. Burkart , a trouvé les neige» du Volcan de Toluca déjà à 735 tobes d'élévation au-dessus de la ville du même nom , ce qui , d'après mes observations barométriques, ce donne que 21 14 toises de hauteur absolue. Mes observations assignent au sommet du Volcan (au Fraik) 2*372 toises, à la ville de Toluca 1379 jtoiaes. M. Burkart {Aufenthall und Rcisen in Mexico , 1. 1 , p. 180 , f 34 «t 187), trouve i359 toises pour la première, a387 toises pour la seconde de ces hauteurs.

1 Voyez , pour les fondements de ces évaluations ,

tandis que les trois mois les plus chauds (tuai -| juin et juillet) ont eu 19°, 6. Sous l'équateur, à Quko, la moyenne des mois lea plus froids et les plus chauds ne diffère , selon mes propres observations et celles du colonel Hall , qu'à peine de 1 ou 2 degrés.

Il est intéressant de comparer la hauteur des neiges du Mexique avec celle qu'offre le plateau de l'Abyssinie sur un parallèle un peu plus méridional. M.. Rûppel1 nous a fait connaître ^élévation des sommets du Buahat

(lat i3° 12') et de l'Abba Jarat (lat. i3° 10'), qui . pendant toute l'année sont couvertes de neiges. Ces sommets ont 2246 et 2349 toises de hauteur au-dessus des eaux de la Mer Rouge. La limite des ileiges en Abyssinic diffère donc très-peu de celle des Nevados du Mexique. Nous apprenons par l'itinéraire hypsométrique de M. Rûppel 1 qu'un plateau

Burkart, t. It p. i5a. Pour apprécier l'influence du refroidissement nocturne dans les différents moi*^ M fuit aa rappeler que le thermomètre s'est soutenu , le matin à sept heures , de mars à juin , entre iâ°,6 et i6%4; de juillet à novembre , entre i6w,a et iaf,7; en décembre, janvier et février T à 6°,o ; 6°,6 et f,g. ' Reise in Abyssinien , t. I , p. 4*4» *• H > p» 44 5.

adossé au Buahat , à Une hauteur absolue de de 2 1 80 toises , n'était courert que de neige fraîchement tombées1 et n'entrait pas dans la limite des neiges perpétuelles.

Récapitulation. {Zone toride de ii\à « 9 J N.)

JL»t. i3° 10'. Montagnes d'Abyssinic 1100 t. ou {187 m.

tâl. 19°-! 90 i. Montagnes «lu Mexique. . . i3i3 4^°4

Zone torride de 16° à 190 suo. — Ce que nous savons sur la limite des neiges dans cette partie de l'hémisphère austral, est dû

1 II tombe sporadiquement de la neige, à Quito, i •io5o toises ; au Mexique , où les vents du nord et du nord-ouest arrivent à travers un vaste continent prolongé vers le pôle boréal et couvert de neiges qui a bais* sent la température, à 1 55o toises de hauteur moyenne. Dans des cas extrêmement rares , on a observé le phénomène des neiges sporadiques , même à Mexico (t i;3 toises), le jour de l'expulsion des Jésuites , et à Valladolid de Machoachan (1000 toises). Un peu plus au nord, parles 200 53' de latitude australe, M. Lepervanche a vu, en juillet 1 839, des pitons de File de Bourbon se couvrir de neige à i54o toises d'élévation. (Comptes rendus de t Âcad. des Sciences, t. IX, p. 735.) Dans l'île de Ténériffe , la neige a été vue une fois un peu au-dessus de la Laguna (lat. 28* J et hauteur 290 toises). Voyez Relation histor. t. I , p. 110.

à M. Pendant) dont les mémorables travaux ont enrichi à la fois la géologie , la physique du globe et la géographie astronomique. Ce voyageur, dès son premier voyage (1827), a fixé celte limite pour la Cordillère orientale |du Haut-Pérou, entre les i4° { et 160 f de latitude, à 2670 toises (5200m) d'élévation au-dessus du niveau de la Mer du Sud , tandis que dans les Andes de Quito elle descend, tout près de l'équateur, à la hauteur moyenne de 2470 toises ( 48ooni ) et au Mexique, sous la latitude de 19° N. correspondante à celle du Haut-Pérou, à 23 1 3 toises (45o4ra). M. Ara go1, en publiant ce curieux résultat, ajoute la judicieuse remarque « que dans les deux Cordillères (orientale et occidentale) du Haut-Pérou, sur des revers opposés, le décroissement de la chaleur est modifié, comme à la pente tubétaine de l'Himalaya, par le rayonnement et par l'influence d'un grand plateau. (Celui de Titicaca a 1986 toises de hauteur.) Dans les montagnes du Mexique, entre les 180 et 19° de latitude, toute végé-

1 Annuaire du Bureau de* Longitudes, pour Tan i83o, p. 33i.

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