‹ Asie centraleChapitre 18 sur 60 · III · texte numérisé non relu

III

talion ( phanérogame ) disparaît 1 à 2000 ou 2200 toises de hauteur, quand au Pérou, sur le prolongement de la même chaîne, nonseulement il existe une nombreuse population agricole à des hauteurs supérieures, mais on y trouve encore des villages et des cités. Le pavé de la Haute Ville de Potosi a 2137 toises ou 4l66 mètres d'élévation absolue. Aujourd'hui un tiers de la «population des contrées montueuses du Haut-Pérou habite des régions situées fort au-dessus de celle où toute culture et toute végétation a cessé à parité de Latitude dans l'hémisphère boréal.» •Tai l'avantage de pouvoir consigner ici, diaprés des notes manuscrites très-récentes de M. Pentland, les résultats que ce voyageur a obtenus pendant le cours de son second séjour à Bolivia en i838.

1 Comparez , sur les limites supérieures de la végétation , mon Recueil d' Observations astron. t. I , p. 329 et 332, de même que mes Prolcg. de dis tribut, geogr. plant, p. n 4- Au-dessus de TArenaria bryodes, du Cnicus nivalis et du Chelone gentianoïdes , quelques graminées mexicaines approchent de la limite mémo des neiges perpétuelles.

A ) Cordillère orientale , à Test du Lac de Titicaca. Limite des neiges :

Au Nevado de Guaracolta , dans

le groupe de Vilcanoto, lat.

i4°3o'(déciivitéN. E. au mois

de juillet) 25 fo t. ou 4q5i ni.

Au Nevado d'Ulimani , qui a

373a t. (7275 m. )de hauteur',

lat. 160 4*' (un peu au sud de

la mission d' ^cobaya) , pente

S. O. en novenSre 2439 t. ou 47&> m.

Dans quatre autres points sur les pentes occidentales et méridionales de la même Cor-

1 Cest le résultat de la seconde mesure t ri gonom citrique du Pic septentrional d'Ulimani ; la hauteur de la base, déterminée barométriquement , était de 2o5i toises. Pour prouver la grande confiance que méritent les observations de M. Pendand , je rappellerai que la première mesure , faite onze ans plus tôt, avait donné 37 5 u toises (731 5 m.). Différence de 20 toises. Le colosse plus septentrional , le Sorata ou Tus u baya , à l'ouest de la mission de Challana (lat. i5° 5o ), a , selon M. Pentland, 3o,48 toises ou 7695 mètres. Cest 598 t. de plus que le Chimborazo , seulement 78 t. de moins que le Jawahir, et 44? toises de moins que le Dhawalaghiri ; mais des deux montagnes de l'Himalaya que je viens de nommer, la dernière n'est pas encore mesurée avec précision.

dillère, M. Pentland a trouvé les neiges, en 4 838, à la hauteur ' de

2478 toises ou 4^32 mètres.

2449 — 477$ — En 1 827, les neiges avaient été trouvées plus

élevées sur le flanc N. E. de ces mêmes montagnes. Le fameux Cerro dePotosi(lat. i9°36/) a s5o7 toises d'élévation et reste cependant dépourvu de neiges perpétuelles.

B ) Cordillère occidentale ou du littoral , à l'ouest du Lac de Titicaca. Limite des neiges :

Au Volcan d'Inchocayo, près de

la source de la rivière du même

nom , qui traverse la ville

d'Arequipa , lat. i5°58/. . . 2668 t. ou 5i33 m. Au Volcan d'Arequipa (au N. E.

de la ville), lat. 16' 20/. . . . 2770 t. ou 54oo m. Au Volcan de Chipicani ou de

Tacora, dont l'élévation totale

atteint 335o t. (lat. i7°46 );

pente S. E. en octobre. . . . 2868 t. ou 5592 m.

1 Comptes rendus, t. VI, p. 83i ; t. VII, p. 49°- Journ. ofthe Geogr. Soc. t. VIU , P. 3, p. 4*7 •

Au Volcan de Sajama , Sacauia

ou Sehama , dans la province

de Carangas, ht 4 8° 7' (haut.

totale , 34t8 t.) Soft) t. ou 5915 m.

Au Volcan de Paachata ou Po-

maraspe (lat. 180 io'), dans le

groupe de Carangas , pente

N. £. en septembre 3i3g t. ou 6120 m.

Les mesures de la limite des neiges dans la Cordillère orientale sont toutes barométriques; celles de la Cordillère occidentale ont été obtenues par une triangulation. Sur la pente N. N. E. de Tlllimani les neiges se maintiennent à une élévation de presque 2590 toises; mais en général, dans la Cordillère orientale , composée de schistes à Productus, de roches arénacées , de syénites et de porphyres dans lesquels sont empâtés des fragments anguleux de grauwacke, les neiges descendent bien davantage que dans la Cordillère occidentale qui est toute volcanique et trachy tique. Le Volcan de Tacora a une solfatare très-active à sa base N. E. Le Volcan de Paachata donne encore de la fumée , et M. Pentland croit que le feu volcanique que recèle la Cordillère du littoral rend les résultats de la seconde série moins

certains que la mesure des neiges de la Cordillère orientale. Ce doute, fondé sur des suppositions de crevasses latérales ouvertes, de parois très- perméables à la chaleur et sur l'intensité permanente du feu intérieur, est, je l'avoue , peu justifié par l'analogie des volcans actifs de Quito. Le Cotopaxi et le Tungurahua ne se dépouillent de leur calotte de neiges que peu de jours avant l'époque de très-grandes éruptions. Une source sortant d'un schiste de transition de la Cordillère orientale de Bolivia, à la hauteur des neiges, fut trouvée de i°,3 de température. Une extrême sécheresse de l'air se réunit à Bolivia à l'influence du plateau entre les deux chaînes. « Pendant le séjour que je fis à la ville de Chuquisaca (lat. 19° 2', haut. i458 toises), du i3 janvier au 26 mars, écrit M. Pentland, je ne vis jamais tomber un seul flocon de neige, quoiqu'il pleuve abondamment dans cette saison. Je voyageai dans les provinces de Chuquisaca et de Cochabamba,du 26 février au 1er avril, et quoique les pluies fussent continuelles, elles ne se convertirent pas en neige à 1600 toises de hauteur. Je ne commençai à voir tomber de la neige que lorsque j'avais at-

teint l'élévation de 1 990 toises,prèsCaracollo. » C'est un résultat très-digne d'attention que le rapport qui existe entre la hauteur (oc) le la limite inférieure des neiges perpétuelles st le minimum de la hauteur (j3) , à laquelle tl tombe sporadiquement de la neige. Différence a — {J sous l'équateur , à Qt.'ito — Soo toises; à Bolivia (lat. aust. 160 — 190) = 720 toises; au Mexique, selon les saisons, de 85o à i35o toises. La différence augmente if abord à mesure que oc diminue : elle est dans le sud de l'Espagne , près de Grenade , de plus de 1 700 toises. Ce n'est que depuis le parallèle de 36° ou 37 ° que sporadiquement en Europe et en Afrique il commence à tomber de la neige jusqu'au niveau de la mer. Parmi les diverses causes qui influent à la fois sur a et a — (3, la chaleur estivale est plus puissante sur oc, le refroidissement hiémal plus puissant sur a — |3. Les deux quantités sont fonctions du décroissement du calorique en différentes saisons, et les observations de M. Pentland prouvent que j3 ne diminue pas toujours en raison des latitudes, de même que la hauteur de a suit aussi d'autres loi*. La différence a — {3 atteint

son maximum dans l'Ancien Continent , par les 36" ou 3y° de latitude , et diminue de nouveau vers le nord. Dans le système des climats d'Europe, elle est de plus de i4oo toises par 45° £ et seulement de 600 toises par 67° de latitude; c'est-à-dire elle est près du cercle polaire ce qu'elle est à l'équateur, quoique les valeurs absolues de a soient dans ces deux zones , dans le rapport de 1 à 4- Pour se for* mer une idée plus précise de cette valeur variable (a — 0), de l'effet du décaissement du calorique dans une certaine saison de Tannée, il faut distinguer entre la température de la couche d'air dans laquelle la neige se forme et la température des couches à travers lesquelles la neige passe en agrandissant ses flocons, avant de se fondre et de se réduire en pluie. La grandeur et l'état de consistance des cris* taux agrégés en flocons s'opposent inégalement à la fonte , à température égale et des flocons et des couches d'air qu'ils traversent. Des circonstances météorologiques qui , au premier abord, paraissent entièrement analogues, rendent la rareté de la grêle, dans les basses régions tropicales, plus difficile encore à expliquer (ReL hist. t. II, p. 272).

Récapitulation. (Zone torride de i4° \ à 18* Sud.}

Cordillère orientale le Bolivia, mojenoe. 3490 I. ou 4853 m.\

Cordillère occidentale >Peolland.

la Bolivia, moyenne. 9897 l. ou 5646 m. J

ZONB TEMPÉRÉE DE 3o* ~ A 32° MORD, — Ce

sont les déterminations hypsométriques sur les pentes de l'Himalaya dans la zone tempérée, qui, douze ans avant les mesures faites au Chili à l'extrémité de la zone torride , rat présenté, pour la première fois, une série de phénomènes dont les éléments numériques semblaient d'abord déroger à des lois que , depuis les temps de Bouguer et de La Condamine , on croyait solidement établies. Il ne s'agissait pas du décroissement très-lent de la limite des neiges perpétuelles depuis l'équateur vers les bords de la zone torride, déjà confirmé par mes observations du Mexique, mais de la comparaison de l'équateur avec une partie de la zone tempérée sous le parallèle de la Floride, de Maroc et de la Syrie méridionale. Les recherches sur la limite des neiges dans l'Himalaya sont intimement liées aux mesures des maxima de la ligne

défaite de cette vaste chaîne de l'Asie tempe* rée. Déjà quelques opérations du colonel Crawford et du lieutenant Macartney (des essais de mesures de cimes très-élevées que Ton distingue de la ville de Patna et des angles de hauteur pris dans le Cafiristan ) , avaient répandu1 dans les colonies anglaises, depuis le

1 Elphinstone, Voyage to Caboul, p. 9 5. Ha mil ton, Account of Népal, p. 92. Lès* mesures du colonel Craw^ ford semblaient confirmer dès-lors les vagues évaluations du Pic de Chamalari (lat. ?8°5', long. 87*8'),: au nord de Tassisudan, publiées dans le Voyage au Tubet de Turner (Âsial. Bcsearches, t. XII , p. 234- Journal ofthe Royal Inst. 1816, p. 388), évaluations qui atteignaient, non 26000 pieds anglais, comme l'indiquent nos cartes , mais 28000 de ces pieds, ou 4377 toises. • Chainalary is not founded on data sufiïcieutly certain. The distance bas not been deterniined with précision. The grounds of Elphinstones estimate are also very vague. » {Notes manuscrites de M, CoLjbrookey mai i824-) ^e Jawanir est compose de trois pics qui se suivent dans la direction N. E. — S. O. Il est identique avec le n* XIV du tableau des hauteurs du capitaine Webb (lat. 3o' 22' 10' , long. 77° 36 56' ), comme avec les montagnes désignées A n° t, A n" 2 et A n° 3 de. la carte de Herbert. L'intermédiaire des trois Jawahir- Peaks est le plus élevé de tous. « So far as our knoledge extends , disait le capitaine Hodgson en 1819

commencement du 19e siècle, ridée « que plusieurs montagnes de Plnde atteignent où surpassent en élévation les Cordillères de Quito.)» On ne pouvait avoir égard alors qu'à ces dernières, la hauteur du Sorata dans les Andes de Bolivia, inférieure à peine de 78 toises au colosse de Jawahir dans l'Himalaya, n'étant pas connue avant l'expédition de M. Pentland. M. Webb, lieutenant au corps d'infanterie du Bengale, chargé, par lord Moira, de lever la carte du Kumaon, a contribué plus qu'aucun

(Asiat. Res. t. XIV, p. 3*4) the Peak A n° 2 jj the kighest mountain in the worid. » Ces mots prouvent que M. Hodgson ne croyait pas plus que le savant Colebrooke aux 43qo toises ( «8067 pieds- anglais ) attribuées au Pic Dhawalagrri ou Gasakoti (lat. 280 4^', long. 8ou5q/), colosse qui donne naissance à la rivière de Ghandaki , dans le lit de laquelle on trouve les ammonites satagranay symboles d'une des incarnations de Vishnou , et objets du culte brahmanique. Les deux frères Gérard, selon l'excellente et très -récente publication que M. George Lloyd a faite de leurs mémorables voyages, ont persisté dans l'opinion que the «great Tartaric chain » atteint 29000 à 3oooo pieds (4376 à 4690 t.). Voyez Lloyd and Gerards Tour in the Himalaya, i84o, p. i43 et 3i 2 ; Roy le, Illustr. ofthe Htm. bot. p. XI.

autre voyageur, à faire connaître la hauteur de la ligne défaite, et plus tard celle de la limite dés neiges perpétuelles. Mais encore en 1808 la connaissance hypsométrique des montagnes de l'Inde était si peu avancée ' en

1 Lorsque , après une absence de cinq ans , je retournai en Europe, en 1804, je ne pouvais comparer mes observations sur la limite des neiges à aucun ré* sultat obtenu dans l'Inde , dans l'Hindou-Kho ou.au Caucase. On n'a appris à connaître en Europe les mesures de l'Himalaya, les déterminations du maximum de la hauteur des neiges ou de la limite des végétaux, que quinze années après mes travaux du Mexique. En Asie, comme partout ailleurs, d'aventureuses expéditions de voyageurs avaient cependant précédé les mesures et les relèvements géodésiques. La géographie a profité des conquêtes des Chinois et des Mongols , des paisibles pèlerinages de prêtres bouddhistes, du zèle de conversion et de l'habileté diplomatique des Jésuites. Il sera intéressant de réunir dans un même tableau les époques les plus mémorables de ces progrès de l'orographie asiatique dans l'Inde, le Tubet et la Chine occidentale. Les PP. Jésuites Bénédict de Goes se rendent de Goa à Lahore et Kachmir (1698), puis (1 602) de Lahore, par Peshaver, Badakshan , Kachghar, Yarkand et Hami, à So-tcheou, eu Chine j Les PP. Jésuites Antonio de Andrada et Manuel Marquez (i6a5), de Dehli, par Sirinagur, au plateau du Tubet , sur les rives du Haut Sutledge (Ssetledj

la comparant à celle de l'Amérique espagnole que M. Webb écrivit dans une lettre adressée

ou Ssatadru), dans le pays des laines de Schawl d'Oundès, de Daba et de Charapangue (le Tshaprang riu capitaine Herbert, le Chaprung de Moorcroft, lat. 3i° 8% long. 77° 12').

Les PP. Jésuites Dorville et Gruber (1661) voyagent de Peking, par Sening, par les montagnes du Khou- Khou-Nor (Khoulkoun-Noor) et par H'Lassa, à Agra, dans l'Inde, en a i4 jours;

Les PP. Jésuites Desideri et Freyre (1714*1726), se rendent de Dehli, par Kachmir, Leh (Ladak), à H'Lassa. Cest aussi l'époque du célèbre voyage des deux Lamas géographes que l'empereur Kang-hi envoya de Peking à H'Lassa et aux sources du Gange.

Le P. Horazio de la Penna , capucin , réside à H'Lassa pendant 33 ans, comme chef de la mission tubétaine qui fut dissoute en 1 741 •

Le P. Jésuite Tiefenthaler, Tyrolien (1766), se livre à des recherches géographiques dans la province d'Oude, le Kemaun et le Népal. Il a vu et figuré, le premier, sur sa carte, le colosse du Dhawalagiri (4390 t.), Montes Âlbi , qui Indis Dolaghir, nive obsiti. Le capitaine Webb se sert constamment de cette même dénomination de Dolaghir.

Les travaux scientifiques des Anglais commencèrent par la mission de Bogie , qu'accompagna le chirurgien Ha mil ton (1774) au Tubet.

Voyage de Turoer, Davis et Saunders (1783), par le

à mon illustre ami M. Colebrooke : « La hauteur de l7 Himalaya reste encore à déterminer;

passage de Sumunang vers le Teshu-Lama à Teshu- Lumbu. Première mesure approximative d'une des hautes cimes de l'Himalaya, du Chamalari (4^77 t.?)

Expédition du Népal par le colonel Kirkpatrik (1793).

Séjour de Francis Hamilton-Buchanan à Katmandu (1802).

Expédition aux véritables sources du Gange par le lieutenant-colonel Colebrooke, le capitaine Râper et le lieutenant. Webb (1 808).

William Morcrooft (181a) parvient , par le passage de Niti, au plateau tubétain de Daba et de Gertope, aux sources de l'Indus et aux deux lacs sacrés RawanhradetManassa.

Guerre des Gorkhas (1814); voyage géologique de Fraser aux sources du Jumna, aux montagnes de Sirmore et de Gerwhal.

Les grands travaux géodésiques et hypsométriques de Webb , Hodgson , Herbert et des frères Gérard (1819-1825). Investigations de météorologie et de géographie des plantes.

Second voyage de Moorcroft accompagné de Trebecket de Mir lzzed Ullah à Békbur (le Bekoeur de Victor Jacquemont ), Kanawur, Ladakh, Kachmir, Peshaver etBokhara (1819-1825).

Voyage hypsométrique du major Sir William Lloyd (1821), de Caunpur, Koteghur et Kampoor par le Burendo-Pass (236o t.), à Belaspur.

et) prenant la moyenne d'un grand nombre d'angles de hauteur et en appuyant ces angles à une base mesurée de la plaine de Rohilkhand , je trouve que les pics les plus élevés ont 2 1 000 pieds anglais (3284 toises) au-dessus de cette base. » Or la hauteur des plaines de Rohilkhand au-dessus du niveau de l'Océan était inconnue à celte époque, les deux baromètres qu'on avait envoyés de Calcutta ayant été brisés en chemin ' • Ce qui manquait jusque-là à la détermination absolue des cimes et de la limite des neiges fut largement obtenu en 1818 et en 181g au moyen d'un grand nombre d'observations barométriques correspondant à celles que fit le colonel Hardwicke à Dundum, sur le littoral de l'Inde.

Lorsqu'au commencement de l'année 1820 on reçut en Europe les premières notions de

Voyages du capitaine Alexandre Gérard et de ses frères au plateau de K an uni ( séjour du savant hongrois Csoma de Koeroes), à Shipke, Sungnum et la vallée de Spiti, couverte de calcaire jurassique ( 18 i 8- 1829). Voyez sur le détail de ces expéditions importantes pour la géographie physique, Ritter, À sien, t. II, p. 435-585.

1 Âsiat. Res. t. H, p. 448.

ras résultats hypsométriques 1 comme de l'excursion de M. Webb au col de Niti* et au plateau de Daba, les hauteurs auxquelles ce voyageur, et avant lui Moorcroft près du Lac Sacré (Manassarovar), avaient trouvé la terre entièrement dépourvue de neiges, semblaient déroger à tel point à des lois qu'on avait cru solidement établies, que tour à tour on se plaisait a révoquer en doute et les fondements de ces lois physiques et la justesse des observations, récentes. Je tachai dès - lors de prouver dans mon second mémoire sur les montagnes de l'Inde*, que des considérations de physique générale ne justifiaient aucunement le soupçon d'un manque de précision

1 Quarterijr Review , n° 44 > p- 4*5~43o. Journal of Lût. and Science, t. VII, p. 38.

a Nitee-Ghaut.

3 Annales de chimie et de physique y t. XIV, p. 5-55. Occupé en France dès l'année 1816 (L. c. 1. 111, p. 3o3) à prouver combien les travaux hypsométriques de Webb, Hodgson et Herbert étaient dignes de confiance, j'ai dû voir avec quelque peine citer mon nom dans YAdress in the anniversary meeting of the Royal Society in 1837, dans un sens diamétralement opposé à mes efforts et à ma prédilection pour les belles opérations

is la mesure des neiges perpétuelles et que i m'empêchait d'admettre que les neiges à

onométriques faites au pied de l'Himalaya. ■ M. Co- •ooke (est-il dit dans le discours du président) wasalso first person who maintained thesuperior élévation lie Himalayan mountains above the Andes of Ameriin opposition ofthe opinions gênerai 1 y enlerlained bat period and which had been sanctioned by the au rilyof Humboldt's theory of the range ofthe curve perpétuai congélation.» Mes travaux de Quito n'ont que confirmer les très-anciennes mesures des acaniciens français. Des sommets de l'Himalaya dépouri de neige et placés par les 29° et 3i° de latitude, ivaient sans doute, au premier abord , dans l'Inde me, être censés inférieurs en hauteur aux Nevados la zone équatoriale de l'Amérique; mais connaissant nultiplicité des causes physiques qui influent simullémentsur la hauteur des neiges, aucune vue théorie ne devait m'empêcher d'adopter les résultats obtes par des mesures directes. Une plainte légère énoncée :M. Hodgson (Asiat. Res. t. XIV, p. ai i)a peut-être aué Heu au malentendu quej'ose signaler dans cette te. M. Hodgson n'ayant pu se procurer à Calcutta s deux mémoires sur les montagnes de l'Inde, avait asé, d'après des rapports erronés venus d'Angleterre, e j'étais disposé à maintenir la supériorité du Chimrazosur les Pics Jawahir. Mon illustre ami M. Coleooke m'écrivit à ce sujet dans une lettre que je conrve (3 juin 1824) : • You wiil be gratificd to remark

la pente méridionale de L'Himalaya se trouvaient à 1900 t.; à la pente septentrionale à 2400, peut-être même à 2600 toises de hauteur. {Ami. de Chimie^ t. XIV, p. 5o,5i et 56.) J'exposai en même temps que la limite des neiges, c'est-à-dire le maximum moyen qu'atteint cette limite pendant le cours de plusieurs années, dépend à la fois dç la température normale des plaines ou des plateaux au-dessus desquels les cimes s'élèvent, du degré de chaleur et de la durée des é*és, de la quantité de neige qui tombe en hiver, de la direction des vents, de la position plus ou moins continen-

that capt.Gerard's observations compared with those of capt. Webb and Hodgson confirm jour position as to the relative limit of constant congélation on eithersideof the snovry mountains. I am not sure that I shallrejoice in your arduous undertaking, the pilgrinage to Himalaya .You find an inadvertent remark of capt. Hodgson in his Account ofthe Himalaya Mountains {Asial. Rcs. t. XIV). I hâve had a letterfrom capt. Hodgson accounting for the oversight, expressing his regret for it and doingyou the justice which every well informed person does. You were certain ly the first in Europe who took up the defence of the measurments of the Himalaya which the Quarterly Reviewers and an Edinburgh professor attcmpted to inpeach. •

taie du lieu, de l'étendue et de la hauteur des plateaux adossés, de la sécheresse de l'atmosphère, du degré de sa diaphancité (de son état serein ou brumeux) qui modifie et l'action des rayons solaires et les pertes de calorique par rayonnement , enfin de l'escarpement des sommets, de la masse des neiges voisines et de la forme dégroupement des Nevados.

Je rappelai que si toutes les montagnes couvertes de neiges éternelles, au lieu d'être en grande partie liées les unes aux autres dans des chaînes continues, au lieu d'être adossées à des plateaux plus ou moins larges, formaient des cônes isolés et d'égale dimension , dans l'étendue des mers, il serait probable que la limite des neiges, par différents méridiens, serait à la même hauteur au-dessus d'une ligne isothere tracée au niveau des eaux. Or, comme les lignes isotheres ont des sommets très-convexes dans l'intérieur des grands continents, il en résulte que par réchauffement estival des terres inégalement articulées, la limite des neiges se relève du littoral vers l'intérieur. La haute chaîne de l'Himalaya met une borne au climat de l'Inde; les moussons et les variations de sécheresse et de pluie qui en dépen-

dent ne le propagent pas au-delà. Le Tubet qui ne forme pas un seul plateau, mais plusieurs hauts-fonds de peu d'étendue, séparés par des chaînons en forme de grille, a un climat particulier dont nous ne connaissons encore que l'extrême sécheresse, et cette prodigieuse différence de températures diurne et nocturne, estivale et hyémale, qui est propre à tous les plateaux recouverts de couches d'air de peu de densité. A égale hauteur, nous le répétons ici, les pentes des montagnes reçoivent une inégale quantité de chaleur, selon qu'elles se trouvent contiguës à un plateau de 2000 toises de hauteur moyenne, ou qu'elles s'élèvent sans interposition d'un massif latéral, au-dessus de plaines très-basses. Si déjà une couche épaisse de nuages placée à 2000 toises d'élévation devient par son manque de diaphanéité une source de chaleur , combien cette absorption des rayons solaires n'est-elle pas plus grande à la surface d'un plateau rocheux ou couvert de sable. Dans le village tubétain de Langtchou, par exemple, à 2266 t. (44* 9m) de hauteur, le sable1 avait une tempé-

1 Asiai. Rei. t XVHI,p. a5i.

— *93 — rature de 54% 3, tandis que l'air n'était échaullé qu'à 7%8 : cependant au nord de Shipke, on a vu, dans une autre saison à 1720 t.(3352m) de hauteur le thermomètre exposé à l'air1, mais dans l'ombre, monter à 28°, 7

L'opinion que j'avais émise dès l'année 1S20 sur la hauteur très-inégale de la limite des neiges perpétuelles aux deux pentes de l'Himalaya et sur la cause physique de cette différence, eut d'abord l'assentiment des hommes dont le nom avait le plus d'autorité dans l'Inde , l'assentiment de Colebrooke , de Webb, de Herbert et du capitaine Alexandre Gérard. Plus tard d'autres voyageurs, Victor Jacquemont, le baron de Hùgel et le docteur Lord se sont prononcés dans le même sens, tandis que le frère du capitaine Gérard (pour le moins en 1822), Mac Clelland et surtout le lieutenant Hutton (1840) ont jeté de nouveau des doutes sur la plus grande élévation des neiges à la pente septentrionale de la chaîne de l'Himalaya. 11 est de l'intérêt de

1 Forbes Royle f Illustration of the Botany of tlu? Himalaya and Cas hm ire , i833, p. 38. (Comparez Lloydand Gerards Tours in (lie Himalaya, t. II, p. 101 .)

la géographie physique d'examiner les fondements de ces assertions divergentes. Je me crois d'autant plus engagé à offrir au lecteur l'ensemble des faits que depuis l'époque ou j'ai dû renoncer au vif désir que j'avais de visiter le plateau de la Tartarie chinoise, mon attention est restée constamment fixée sur les livres et les journaux publiés dans l'Inde et renfermant des données hypsométriques. J'ai rappelé plus haut (dans la note de la p. 290) que, selon une lettre de M. Colebrooke écrite en juin 1824, les observations du capitaine Alexandre Gérard comparées à celles des capitaines Webb et Hodgson , justifiaient mon assertion sur l'inégalité d'élévation à laquelle se maintiennent les neiges des deux côtés de l'Himalaya. Dans la même année, M. Colebrooke m'écrivit encore : « There is a paper qfmine^ in the Journal of the Royal Institution for 1819 (vol. 17, n° i3j, on the limit qfsnow. I deduced front the matériels which 1 had, that the limit of constant congélation was i3oooyè^(2o32 toises) in the parallel ç/~3i°, according to capt. Hodgson's information, and i35oo/eet (21 10 t.) ai la t. 3o° according to capt. PT^cbb's. Indeedcapt. Gérard found

végétation in full actwity at the élévation of 16800 feet (2626 t.) in lat. 3a°. (Trans. of the -Geol. Soc.vcl. VI, p. i38.) This forcibly corroborâtes your position, that the limit of perpétuai snow is higher on the north than on the south side ofthe Himalaya, n Voici les évaluations aux deux pentes :

Pente xifliDiofULE : 1954 t. Webb1.

2o32 t. Colebrooke.

2110 t. Hodgson.

2080 t. Alex. Gérard".

1800 t. Victor Jacquemont*.

2100 t. Charles de Hiigel.

Pentk septentrionale: 2600 t. Webb.

2900 t. Moorcroft*.

3200 t. Alex. Gérard *.

1 Forcing Quart. Reviens n° XIX, Aug. i833.

* Asiat. Journ. vol. XIX (1823) p. 63 o. Presque à la même hauteur (201 5 t.), Hodgson a vu, dans sa troisième journée au-dessus de Gangotri, sortir le Gange d'une voûte de neiges au bord de leur limite inférieure. Asiat. Res.t. XIV, p. 114-117.

3 Au nord de Cursali et de Jumnautrioù la limite des neiges est horizontalement très-tranchée. Jacquem. Voy. dans VIndc, p. 99

* Tours in the Himalaya by Llayd and Gerardsy i84o, p. 320.

5 Asiat. Rcs. t. XVIII, p. 254- Mais au passage de

3078 t. Victor JacquemoDl1.

25oo t. Vigne.

Ces éléments numériques sont à peu près les moyennes qui résultent des journaux de route des différents voyageurs. Les données partielles diffèrent d'autant plus entre elles que rarement elles indiquent une mesure directe de la limite des neiges, mais que le plus souvent les chiffres hypsométriques désignent simplement l'élévation à laquelle on n'a pas trouvé de neige dans telle ou telle saison. Ce qui causa le plus de surprise aux physiciens de l'Europe, fut la nouvelle que le courageux Moorcroft, dans l'expédition qu'il fit àOundès et aux Lacs Sacrés pour acheter des chèvres à laine de Schawl) avait traversé le passage de Niti-Ghat, le 3o janvier 1811, sans avoir rencontré la moindre trace de neiges à une hauteur que le capitaine Webb, qui traversa aussi le Niti-Ghat sans neige le 21 août 1819, trouva, par quatre baromètres et des observations correspondant

Charang, Gérard place déjà la limite des neiges à ?55o t. et même 200 t. plus bas au passage de Harang, au S. E. de Murung, sans doute sous l'influence de la crevasse du Sutledge.

1 Voyage dans l Inde ) p. 396.

— *97 — tes faites sur les côtes par le colonel Hardwicke, de 16814 pieds anglais ou 2C3o toises (5 126'"). Un grand nombre (Tau très passages de l'Himalaya, entre les vallées deBuspa et dePabur, atteignent très-uniformément l'élévation de 2460 toises (celle du Mont Blanc) et ne sont exempts de neiges que pendant un petit nombre de mois 1. Sur le plateau de la Tartane chinoise, aux environs du Lac Chimorerel*, vers Test de la chaîne méridienne de Paralassa, le capitaine Alexandre Gérard ne trouva pas de neige à la hauteur de 2970 t., pas plus que près du pont de Changrezhing, par lat. 32°2,5 au nord de Shipke, à 3 190 t. 8 (62i6m). Il attribua, comme moi, cette grande élévation de la limite des neiges perpétuelles à la réverbération des hautes plaines qui bordent l'Himalaya vers sa pente septentrionale. Il reconnut comme moi que si la végétation cessait à la même hauteur des deux côtés de la chaîne, une grande partie du Tubet et de la Tartarie

1 Tels sont les Passages de Neebrung, Gounas et Gousoul. Voyez Tours in the Himalaya by Lloyd and Gerardsyt. II, 66.

* Asiat. Journ. vol. V, p. 91. Royle, p. 3g.

5 Trans. oflhe Asiat. Soc. t. I, p. 379.

chinoise serait inhabitable pour l'homme ' . H trouva dépourvus de neiges des sommets à* 281 5 t. de hauteur sur le plateau de Bekhurf près de la rivière Tagla et entre le Sudledge et le passage de Zamsere *.

Le capitaine Gérard se livrait à une supposition bien hardie sur la sécheresse croissante de Fair. Croyant que vers le nord le plateau du Tubet s'élève de plus en plus, il demande si Ton ne trouvera pas un jour des régions « qui sous les climats polaires, à cause de leur hauteur au-dessus du niveau de la mer, restent dépourvues de neiges3 dans toutes les saisons de Tannée. » Le même voyageur dépeint l'exhaussement remarquable de toutes les limites de culture et de végétation en arbre comme

1 Trans. of the Asiat. Soc. (1826) t. I, P. 2. 357 et 36 2.

* Lloyd, Tours in the Himalaya, t. II, p. 82, 106 et 117. « I had a sight of the Hans Bussum, dit John Gérard, now quile black. It had lost ail his snow and

we would say ils grandeur. I think it is 17500 feet C2735 t.), an astonishing height in this parai le 1 oflatitude (3i° £) toconceive that it does not enter the région, of peren niai showersof snow. » (L. c. t. l,p. 291.) 3 Asiat. Rcs. t. XVI1I, p. 256.

dépendant de la hauteur des neiges du Tubet et de la Tartane chinoise. On a vu cultiver avec succès dans ces régions alpines le froment jusqu'à 1880 toises1 (3663m), ce qui est la hauteur des Paramos dans la zone équinoxiale et excède de plus de 4°o toises les cultures de froment que j'ai vues sur les plateaux des Pastos, de Quito et de Caxamarca. Dans le Kunawur les récoltes d'orge (Hordeum hexastychon) sont abondantes à 23oo t. (448am) de hauteur, et le capitaine Gérard pense qu'en remontant le Sutledge, on verrait encore prospérer cette céréale jusqu'à 2660 t. (5i84m) *. Une variété tartare d'orge appelée Ooa ( voisine de l'Hordeum cœleste?) est cultivée à des hauteurs où il gèle presque journellement, le froid des basses couches de l'air augmentant par le rayon-

1 On trouve près du village de Nako(lat. 3i°52 ), à Test du Haut-Su lledge, « luxuriant cropsof wheat and barley, » à 1985 I. de hauteur. Trans.ofthe Âsiai.Soc. t. 1 9 p. 364- A la hauteur de 1870 t. il y en a près du confluent du Sutledge et du Spiti, comme aussi autour du village de Manès. Tours in the Him. by Lloyd and Gerardsj t. II, p. 166 et 246.

• Royle, lllustr. p. a36.

— 3oo —

nement du sol ' . A la pente indienne ou méridionale de l'Himalaya , les chênes , les pins Deodwara et d'autres conifères en grands arbres ne montent qu'à i845 toises*. 11 y a quelques bouleaux nains à 2o3o t. Sur la pente tubétaine ou septentrionale de l'Himalaya au contraire, le capitaine Gérard a vu de grands troncs de bouleaux et la limite des forêts à 2200 t. Le petit bois et les broussailles, tels qu'on les trouve dans les Paramos des Cordillères et qui suffisent pour le chauffage des habitants de ces froides régions , montent jusqu'à 265ot. (5i()4m).

Il serait injuste de jeter des doutes sur la précision des résultats comparatifs des deux pentes, résultats si importants pour les lois de la distribution de la chaleur sur le globe. La précision qu'on a pu obtenir dans ces contrées alpines et éloignées de tout centre de civilisa-

■ Asiat. Res. t. XVIII, p. 25 1 .

* a From Shecar we descended upon soil and grass and the limit of for est we observed at 1 1 8oo feet : this is the gênerai height of trees on the southern faeeof the Himalaya : on the northern slope which is better wooded, the trees extend higher.» Lloyd and Gérard*, Tours in the Himalaya, t. II, p. 19.

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tion, n'est certainement pas comparable, à l'exception de quelques points mesurés plusieurs fois, au degré de certitude hypsométrique qu'ont atteint, à l'aide du baromètre, Saussure et Deluc dans les Alpes, Ramond et d'Aubuisson dans les Pyrénées, mais lorsqu'on examine en détail et en ayant recours aux documents originaux, les travaux des voyageurs anglais, de Colebrooke, Webb , Herbert, Hodgson, William Lloyd, Alexandre et John Gérard, on obtient la conviction que pour tout ce qui concerne les grandes lois thermiques, les contrastes des climats et de la végétation, les éléments numériques déjà recueillis sont suffisamment exacts. Il ne s'agit pas, là où la nature se manifeste sur une vaste échelle d'étendue verticale ou de soulèvements gigantesques, de la question de savoir si les limites des neiges ou si la culture des céréales atteignent 5o ou 60 t. de plus que les chiffres n'en indiquent : il s'agit de grands phénomènes de la nature, de la différence de la hauteur des neiges sous l'équateur en Amérique et par les 3o* £ et 32° de latitude dans les régions asiatiques, de la différence entre les deux pentes ou plutôt entre la pente indienne méridionale et les sommets nei-

geux qui sont superposés au plateau du Tubet et de la Tartane. Ces contrastes atteignent des quantités qui excèdent toutes les limites d'erreur probable en réfléchissant sur les moyens employés. Les voyageurs anglais ont eu la candeur très -louable de rappeler celles de leurs mesures barométriques qui se fondent sur des observations correspondantes, et celles (malheureusement en plus grand nombre) qui en sont restées dépourvues1. Ils indiquent

1 Voyez les explications données par le capitaine Alexandre Gérard dans une lettre déjà écrite en juin 1821, mais publiée très-récemment (en t84o) par M. George Lloyd. « There is sometimes a différence between my heights and those bv captain Herbert of 3oo or 400 feet (47 ou 62 t.). Herbert had no barometer, whilst I had two of Dollond's best construction. Herbert used the boiling point of water and in the trials made et Soobahtoo he found différences of i *■ or i° J Fahr. Besides Herbert hatno correspondent baroinetrical observation, whereas I always had at Soobahtoo or Kot-

gurh : but generally the différences with captain Herbert's heights are very little. » (Willam Lloyd's andGerard's, Tours, t. II, p. 3.) Comparez sur les incertitudes hypso métriques, dans le voyage aux sources du Gange et du Jumna, un excellent mémoire du capitaine Hodgson dans les Asiat. Rcs. t. XIV, p. 66, t o 1 , 127 et i5o.

les différences entre les résultats barométriques et ceux qui sont tirés de la détermination du degré de l'ébullition de l'eau ; ils ajoutent souvent une comparaison détaillée entre plusieurs tubes de baromètre plus ou moins récemment purifiés d'air et de vapeurs. Nous les voyons occupés de ces soins dans les positions les plus pénibles. A dater des années 1817 et 1819, on a exécuté dans l'Inde des travaux dont un grand nombre est comparable à tout ce que, dans d'autres contrées hors de l'Eu-* rope, des physiciens voyageurs solidement instruits, ont offert de plus satisfaisant.

Aux anciens témoignages sur l'inégale élévation de la limite des neiges aux deux pentes de l'Himalaya on doit ajouter les assertions les plus récentes de Victor Jacquemont, du baron de Hûgel, de M. Vigne et du docteur Lord. « Les neiges perpétuelles, <Jit le voyageur français dont la perte a été si généralement sentie, descendent plus bas sur la pente méridionale de l'Himalaya, que sur les pentes septentrionales, et leur limite s'élève constamment à mesure que l'on s'éloigne vers le nord de la chaîne qui borde l'Inde. Sur le col de Kionbrong (entre les rivières de Buspa et de

Shipke ou de Langzing Khampa) à 558 1 mètres (2863 t.) de hauteur selon le capitaine Gérard l , je me trouvai encore de beaucoup au-dessous de la limite des neiges perpétuelles dans cette partie de l'Himalaya (lat. 3i°35', long. 76°38/). Le lieu où j'étais placé était certainement un des plus favorables pour la détermination de cette limite. Il y avait des montagnes neigies assez voisines pour que je puisse apprécier leur médiocre hauteur au-dessus de ma station. Je crois pouvoir porter la hauteur des. neiges permanentes dans cette région de l'Himalaya à 6000 mètres (3078 t.), lorsqu'en Amérique, sous l'équateur même, elle est, d'après M. de Humboldt, à 4800 mètres (2462 1.). Ce phénomène, il faut l'avouer, est aussi inexplicable 1 que les grandes courbures des lignes isothermes (?). La faible quantité de neige qui tombe chaque hiver (dans le plateau de la Tartarie chinoise) est sans doute une des raisons pourquoi les cimes qui n'excèdent pas 6000 mètres, s'en dégagent chaque été. L'excessive sécheresse de l'atmosphère dans toutes les saisons et l'impétuosité du vent desséchant

fEn pieds angl. t83i3. V. Lloyd, Tours, t. II, p. n3.

-qui ne cesse de souffler, doivent aussi accélérer leur évaporation. Lorsque Ton ne connaissait encore que les observations faites par des voyageurs anglais sur les pentes méridionales ou indiennes de l'Himalaya , on expliquait la hauteur surprenante1 de leurs neiges perpétuelles par l'immense courant du vent

1 M. Jacquemont semble oublier que puisque les neiges perpétuelles sur le bord de la zone tropicale, au Mexique par exemple (lat. ig° ^), commencent à a35o t. d'élévation et dans les Pyrénées (lat. 42° è) ^ 14°° t. il ne pouvait paraître surprenant que par les 3o° de latitude, sur la pente méridionale de l'Himalaya, la limite des neiges se trouvât, selon Webb, à 1954 t., selon Colebrooke à ao3a t., selon Gérard à 2080 t. A la pente méridionale de l'Himalaya, est-il dit dans mon second mémoire sur les montagnes de l'Inde, imprimé en 1820, les neiges commencent, sinon exactement d 3700*10. (1900 t.), comme le faisait soupçonner f analogie des mesures du Mexique, du Pic de Ténérîffe, qui est dépourvu de neige perpétuelle, de la Sierra Nevada de Grenade et de la chaîné des Pyrénées , du moins d 38oo ou 385o mêtrès (i,938 ou 1964 1.} d'élévation au-dessus du niveau de la mer. Ce n'est qu'à la pente septentrionale que T analogie semble en défaut de 1074 m. (55o t.) puisque les neiges y commencent à 4900 m- ou ?5i5 t. {Ann. de Chimie, t. XIV, p. 5o.)

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