SAISONS
S.-Pétersb.
Berlin.
Paris. I
1 Hiver.
I Printemps.
I Eté.
| Automne.
3°,6 to,a 18,0 n,3
1 Année.
A Pétersbourg , le mercure n'a jamais été vu gelé par un froid naturel. A Moscou ce phénomène doit être aussi des plus rares, car pendant les 17 ans, de 1820 à 1837, on ne Ta pas observé une seule fois. On m'a assuré à Bogoslowsk dans l'Oural, que le mér-
1 Voye* les variâmes leçons pour la température moyenne de Berlin, de 8°,6 à 9°,!, selon que l'on s'arrête à différents groupes d'années , chez Mahlmann , dans Repert. der Physik , t. IV, p. 56. Ce physicien préfère pour les 4 saisons: — 0,7; 8,4; 17,6; 9,1; pour Tannée entière, 8,6,
cure n'y gelait que tous les trois a quatre ans et à Tobolsk bi©n plue rarement en*core. Même les abaissements, du thermomètre à — 25° sont moins fréquents à Pétersbourg que ne le prétendent les voyageurs. Selon les observations de 8 heures du matin que renferment les tableaux météorologiques de M. Kupffer, — 25° et an-dessous n'ont été marqués dans les années 1 835 , 1 836 et 1837 de décembre en mars annuellement que quatre à cinq fois ; tandis que sur la pente occidentale de l'Oural , à Virimo-OutJkinsk où M. de DemidofF fait faire d'intéressantes observations météorologiques , le thermomètre est descendu dans le seul mois de janvier i84t , treize fois au-dessous de — 25° et huit fois au-dessous de 3i\
J'aurais désiré pouvoir ajouter au tableau comparatif de Saint-Pétersbourg , de Berlin et de Paris , les températures mensuelles de Moscou ; mais l'important travail de M. PerewotschikofF , fait à ma prière et publié dans le Bulletin de la Société impériale des Naturalistes de Moscou i , a été
1 Année i838, n» IV, p. 4i5-476.
-ô9rédigé d'après- V ancien style <du calendrier usité en Russie. Le* températures moyennes des mois et des saisons ne se correspondent par conséquent pas dans les tableaux de Saint-Pétersbourg et de Moscou , et j'aurais craint d'altérer la précision des résultats en hasardant des réductions hypothétiques.
Moscou.
Latitude : 55°46\ donc 4**o' au sud de Pétersbourg , et 7°i8; à Test de cette capitale. Hauteur du niveau des eaux de la petite rivière Moskwa (niveau près du pont de pierre qui diffère très-peu de la hauteur de l'édifice de V Université) selon le calcul de M. Perewotschikoff ( en supposant 763,mV5 la hauteur barométrique au niveau de l'Océan), G 7 toises1. Les comparaisons avec
1 L. c. p. 4*7- La hauteur de 47 ? toise* que le savant professeur m'avait communiquée en 1837, et qui a été publiée dans Rose, Reise nach dem Ural, 1. 1 , p. 635, se fondait sur un plus petit nombre d'observations. II ne faut pas confondre la position de ¥ Université de Moscou avec celle de l'Observatoire, qui est de 1 8 toises plus élevée.
Saint-Pétersbourg ont donné 56 taises. M. de Gerstner , dans son nivellement du chemin de fer de Pétersbourg à Moscou , s'arrêtait à 60 toises. Les incertitudes tiennent ici , comme dans tant d'autres déterminations hypsométriques au moyen des baromètres, non à la précision de la hauteur barométrique moyenne obtenue par un grand nombre d'années dans la station supérieure , mais à la supposition de la hauteur barométrique moyenne au niveau de l'Océan par telle ou telle latitude. En se fondant sur un accroissement de pression atmosphérique entre 4°° et 700 de latitude (76iM,95 a 763B,a>9g3 réduits à zéro de température ), adopté dans le Traité de Géologie de M. BolotofF, M. PerewostchikofF trouve pour Y Université de Moscou la hauteur de 81 toises. Cet accroissement ne me paraît pas suffisamment constaté. Les observations thermométriquesont été faites à 8 heures du matin, à a heures après midi et à 9 heures du soir. (Des heures homonymes du matin et du soir auraient été préférables.) Les résultats des années 1820 à 1827 sont renfermés dans le tableau suivant. Ancien style.
Sbeore.
m MMPGS
3 heure»
M~ni
| Mois.
do mâttn.
après midi.
dutolr.
Moyennei.R
[[Janvier.
— li°,i
■Février.
(Mars.
lAvril.
Mai.
Juin.
Juillet.
Août.
Septembre.
Ifi
Octobre.
Novembre.
■Décembre.
— io,5
^Moyenne.
-f- 3Si
Le printemps et Tété sont plus chauds, l'automne et l'hiver plus froids à Moscou qu'à Saint-Pétersbourg , dont le climat est presque littoral.
Kazan.
Latitude : 55° 58', donc presque sur un même parallèle avec Moscou , mais i i \ plus a Test. La hauteur de Kazan au-dessus du niyeau de l'Océan a été , dans ces derniers temps, l'objet de beaucoup de discussions1 ,
1 Compares Kupfter, Voyage dans t Oural , 1 833 ,
cette hauteur étant dépendante à la fois de la hauteur barométrique moyenne de Kazan , de celle du littoral océanique sous une même latitude et de la dépression du bassin de la Mer Caspienne. L'habile astronome , M. Simonoff, qui a accompagné le capitaine Bellinghausen dans son voyage autour du monde , trouve pour le niveau des eaux du Volga près de Kazan , 6 toises au-dessus des eaux de l'Océan. M. Galle s'arrête pair d'autres combinaisons à g toises. La petitesse absolue de ces évaluations hypsométriques est traiment surprenante. Elle indiquerait dans cette région , la plus orientale de l'Europe , une configuration du sol dont il y a peu d'exemples au milieu des terres. La ville âé Berlin est neuf fois plus rapprochée du littoral de la Mer Baltique que ne l'est Kazan de la partie de la Mer Glaciale qui lui est la plus voisine , et le sol de Berlin , selon l'excellent nivellement géodésique du major
p. a 78. Ermah, Reise utn die EnUj Pky-iikal Beob, 1. I, p. 355-359. Poggèndorf , Ann. t. XXXVIII, p. »3o- ?34* Knorre, dans Bulletin de la Soc. de Moscou, 1837, ti° 6, p. 19-28. Ilumboldt, dans Rose, Reise naclt de m Uraly 1837, t. I, p. 637-64i.
Bayer , a* cependant d^j£ près de i 7 toiaes de hauteutf absolue. Danfc ht grande plaine de Lombardie, fond, d'iin* ancien bras dé l'Adriatique y le soL de la eatbeidrale.de Milan est élevée selon M. Delcr os y ati-*dessus dh niveau de FQcéaû de 61 toisés. Le soi de Padouen'» que f toises- de hautcptPj mais aussi Padoue, situé datjs le fond du basais des pkâbes* est six fois plus rapproché «tel1 Adriatique que Kasan ne l'efct de la Mer Glaciales Depuis que Von sait, grâce au nivellement géo* dëstque exécuté par MM. Fuss ; Sabler et SaMritsch vque la surface dé la Mrtr Caspieme n'est paa de 5o toisés*, mais- à peine de 4 3 toises inférieure au niveau moyen dé la Mal* Noire , il ne resterait .plus (i si la haUteiir dé Kazan au-dessus dé r Océan est de g< toisée •) que 22 toises pour la pente du Volga de Rasait à la Caspienne. J'évalue cette distancé k$o? lieoes marines ( de 20 au degné éqikntonal ) i en comptant avec D'Ànville un tiers pour les sinuosités du fleuve. C'est bien peu de chute quand je compare le Danube , le Rhin , l'Orénoque et PÂinazone sur lesquels j'ai navigué , avec la partie du cours du Volga que j'ai tue entre Nijni-Novgorod et
Kazan , entre Astrakhan et la Caspienne. Là distance de Strasbourg jusque la bipartition du Rhin en Leck et Waal, n'a qu'un tiers de la longueur du cours du Volga audessous de Kazan, et cependant le sol de la Tille de Strasbourg est, selon un myellement trigonométriqde ' , encore élevé de ?3 toises au-dessus des eaux de l'Océan , c'est-à-dire pour le moins trois fois plus élevé que la hau* teur que les calculs barométriques donnent jusqu'ici à Kazan au-dessus de la Caspienne. De même le cours du Danube , depuis Bude jusqu'à la Mer Noire , est à peu près égal en longueur au cours du Volga au-dessous de Kazan. Bude cependant a encore 55 toises de hauteur absolue, ce qui est six fois la hauteur que nous attribuons à Kazan. Telle est la difficulté des mesures barométriques lorsqu'il s'agit de déterminer des hauteurs très-petites , celles surtout qui disparaîtraient entièrement si Ton se trompait dans cha—
t Voici les hauteurs qui marquent la peute des eaux moyennes du Rhin : Bâle, 127 toises (762 pieds); Strasbourg, 73 toises (438 pieds) ; May en ce, 4i toises (a 46 pieds) ; Cologne , 1 8 toises (1 08 pieds).
cune des deux stations ( dans Pintérieur des terres et sur le littoral ) , en sens contraire d'un seul millimètre de pression moyenne atmosphérique. Six années de bonnes observations ( 1828 - i833 ) y calculées par M. Knorre , ont donné pour la hauteur barométrique moyenne de Kazan réduite à zéro de température , 755""% 57 qui, à cause d'une réduction du baromètre de Pixis à celui de Fortin, deviennent 75iran,,8. Ce chiffre correspond à l'édifice de l'Université qui est de 18 toises plus élevé que le niveau du Volga. Les moyennes annuelles de la période indiquée ne varient ' que de 2~
, En combinant les moyennes de 9 heures du matin, midi) 3 heures après midi et 9 heures du soir, M . Knorre trouve les moyennes annuelles suivantes réduites à zéro de température :
"Vovex l'intéressant mémoire de M. Knorre, dans Pogg.
millimètres , ce qui n'est pas plus que ce que Ton observe dans les régions tempérées de l'Europe occidentale. Doit-on admettre que quinze années d'observations faites à Kazan présenteront une moyenne considérablement plus basse que 754mmf8i ? L'hypothèse d'une hauteur barométrique, réduite à zéro de température « beaucoup plus forte que 76oram1a§ me paraîtpeu probable pour les côtes de la Mer Glaciale. Y a-t-il dans ces contrées une permanence de courants qui empêche les couches de l'atmosphère d'atteindre un équilibre stable?
La température moyenne de Kazan a été trouvée par M. Simonoffpar des observations faites à des heures homonymes de 9 heures du matin et du soir, dans les six années 1828i833, de i%9, savoir:
Hiver — i3°,i
Printemps -+- i,4
Eté -I- 16,8
Automne H- 2,7
Année ■+■ i°,9
Ânnaleriy B. XXXVI, p. 204. Les oscillations des moyennes de midi ont été à Paris môme, de 1 8 1 6 à 1826, en dix ans, entre 754,16 et 757,27.
Les oscillations de la chaleur des saisons
itour de la moyenne se manifestent dans ! tableau suivant.
ÎJLISOV*.
iver.
té.
tttomn*.
néMt
Les calculs de M. Simonoff ont été (kits après le nouveau style. Kazan se trouve tué presque sous une même latitude avec openhague , dont l'hiver est — o% 4* c'est- -dire de 12° £ moins froid.
Cette inflexion de la ligne isochimène est ue en partie à l'élargissement du continent uropéen vers Test et à son manque d1amulation, en partie à la position locale et QSulaire de Copenhague ; car cette ville , le 3°~ plus boréale que Berlin , a les hivers it les automnes plus tempérés, les étés et les >rin temps plus froids 1 .
1 Copenhague (lat. 55°4i') 8°,i^J»|
Berlin
(lat. 5*°3i) S° filial7 -
Oural. Catherinenbourg. Slaloust.
Onze degrés à l'est de Kazan , par con-* séquent par la même différence de longitude que nous ont présenté Moscou et Kazan r s'élève la longue chaîne de l'Oural , formant par ses rides assez parallèles entre elles , la limite occidentale de l'Asie. Catherinenbourg (lat. 56*48'), un degré plus septentrional que Kazan , semble, à en juger d'après un petit nombre d'années d'observations que nous possédons jusqu'ici , n'avoir une température annuelle que de très-peu plus froide. On est surpris de ne trouver qu'un demi-degré de diffe- -rence. J'admets pour la hauteur de Catherinenbourg au-dessus du niveau de la mer 127 toises. C'est le résultat moyen déduit i° d'observations correspondantes faites pendant 5 mois à Kazan et à Catherinenbourg ; 2° de deux années d'observations de Catherinenbourg (i836 et 1837) publiées par M. Kupffer et calculées par le jeune astronome M. Galle1.
1 Voyez plus haut, t. I , p. 444* Kupffer , Annuaire magnétique et mit. n° II r p. i4o ; n° II , p. 2 1 o. Galle , dans Rose, 1. 1, p. 275-278. Quinze jours de mes pro-
Les observations correspondantes donnent 126 toises , les moyennes mensuelles de i83o et 1837 , les premières 126 toises , les secondes 12g toises1. M. Galle a fait la remarque curieuse, en calculant les hauteurs par chaque mois , que la différence des deux stations Saint-Pétersbourg et Catherinenbourg, augmente, en i836, trèsrégulièrement en raison de la différence de température. Une observation entièrement semblable a été faite par M. Lenz, membre de l'Académie de Saint-Pétersbourg. Le niveau de la Mer Caspienne paraissait s'abaisser ou s'élever selon que les différences de températures aux bords de la Mer Noire et de la Cas-
près observations de Catherinenbourg, correspondant à des observations de M. Simonoff à Kazan, donnèrent, après avoir comparé très-soigneusement mon baromètre de Fortin au sien, ia3 toises.
l' Catherinenbourg paraît plus élevé quand , en été ,
il fait plus chaud à Catherinenbourg qu'à Pétersbourg,
"moins élevé pendant l'hiver plus froid de l'Oural.
M Galle trouve Catherinenbourg pour une différence
de température dans les deux stations :
de + a°,5 à o° i4i S 45.
de o° à — 4°,3 q3 *, 07.
de — 4°,3 à — 8°,7 g* «, 74.
pienne augmentaient ou diminuaient réciproquement. Il est très-probable selon la judicieuse observation de M. Galle , que des courants aériens qui troublent l'équilibre de l'atmosphère, contribuent aux anomalies que présentent les résultats du calcul. Les comparaisons de Catherinenbourg et de Kazan ne manifestent pas ces différences qu'offrent les comparaisons de FOural avec le littoral de Saint-Pétersbourg. Voici la marche des températures moyennes mensuelles à Catberinenbourg , à Slatoust et à Saint-Pétersbourg pour Tannée 1837.
Année
|(Kopfi«r,Anniiair«, n°IIl, p. «10.)
Janvier.
Février.
Mars.
Avril.
Mai.
Juin.
Juillet.
Août.
Septembre.
Octobre.
Novembre.
Décembre.
Année.
Chaîne de l'Oural.
Ôeâherinenboutg.
Lat. 56* 48'.
Lnn;. $8° i5\ Haut. i*Gloise«.
SUtoutt.
Lat. 56° u».
Loua. 57» 3*'.
Haut. 16» t.
Saint- Pétersbourg.
Lat. 57» «i\
Long. 07* 67'.
Si dans ce tableau le climat de Saint-Pétersbourg se présente en hiver comme beaucoup plus tempéré, ce phénomène est dû peut-être plus encore à la position plus continentale et orientale de l'Oural qu'à la petite élévation du plateau de Catherinenbourg et de la vallée de Slatoust, élévation bien moindre que celle du sol de la ville de Munich . A Saint-Pétersbourg
en 1 837 , quatre mois seuls ont eu une température au-dessous de zéro; dans l'Oural leur nombre s'esl élevé à sept. Les froids ont été beaucoup plus rigoureux dans les montagnes en décembre, janvier et février ( nouveau style ). L'été s'y est montré plus chaud qu'à Saint-Pétersbourg, comme on devait le supposer dans le centre d'un large continent. La différence de hauteur de 126 et 164 toises a dû masquer cependant en partie le phénomène d'une plus grande chaleur d'été. Ce climat continental de l'Asie expose les babitans
a sofferir tor menti calai e geli l .
Dans la lalitude de Paris, deux mois qui
1 Dante, Purgat. canto III. Ce qui est bien plus effrayant que l'intensité du froid de Sibérie, ce sont les bourans ou tempêtes de neige, dont la durée est d'un à trois jours. L'atmosphère devient obscure par la masse de neige qui tombe ( bouran d'en haut ) ou qui est soulevée par la tempête (Jbouran d'en bas).Ce sont les troupeaux des Kirghiz qui souffrent surtout de ces horribles tempêtes de neige. « L'année 1827, tous les troupeaux de la horde intérieure, qui mène une vie nomade entre l'extrémité sud de l'Oural et le Volga , furent chassés par un bouran vers Saratow. On vit périr à cette occasion 28o,5oo chevaux, 3o,4oo bêtes à cornes, 1 0,000 cha-
73 — se succèdent n'offrent aucun accroissement de température qui soit au-dessus de 4% 7 degrés. Depuis le parallèle de Rome jusqu'à celui de Pétersbourg, entre les courbes isothermes de i5°£ à 4°) la différence des mois de mars et d'avril ou d'avril et de mai augmente successivement de 3°, 7 à 6°; et de tous les mois qui se succèdent immédiatement, ce «ont (dans le système des climats de l'Europe centrale) ceux qui offent le maximum d'accroissement de chaleur. Dans le N.E. de l'Europe et dans le N.O. de l'Asie, au contraire, les accroissements de deux mois voisins1 s'élèvent à Kazan et dans l'Oural à 10° et 12°; ils précèdent l'époque du maximum de la chaleur, qui est tantôt en juin, tantôt en juillet, et l'époque d'accroissement en Europe. Cest cette rapidité instantanée du mouvement ascendant de la chaleur, qui caractérise le ré-
meaux et plus d'un million de brebis kirghizes. Gazette <U Pétersbourg (en russe), 1839 p. 3oa. Helmersen, Reùe nach dem Ural, i84i> t. I, p. 166.
1 Différences de mars et d'avril à Kazan (Fragments asiatiques, t. II, p. 35o) ; à Catherinenbourg , d'avril à mai.
veil de la nature , qui explique cet admirable développement printanier des Tulipacées, des L idées et des Rosacées dans les plaines de la Sibérie. Les rapides accroissements et décroissements de la chaleur y sont de mars en avril et d'octobre en novembre. On serait plus surpris des chaleurs d'été de Tobolsk, Tara, Kainsk , Krasnoyarsk et Barnaoul , en réfléchissant sur les glaces qui se conservent si longtemps dans les Toundra marécageux, entre l'Obi et le Ieniseï , entre Berezow et Touroukhansk , si l'on ne connaissait pas l'influence des vents ardents soufflant du sud et du sud-ouest % des steppes arides de l'Asie centrale vers les régions trans-ouraliennes.
M. Adolphe Erman trouve la direction moyenne de tous les vents qui soufflent dans le courant d'une année àTobolsk S. 47° O.
à Kasan S. 5a° O.
à Moscou S. 35° O.
à Saint-Pétersbourg. S. 4*° O.
Les vents d'ouest sont aussi très-fréquents , selon le même observateur , pendant toute l'année , vers l'embouchure de l'Obi et à l'extrémité septentrionale de l'Oural. D'après ce que nous avons éprouvé nous-mêmes dans la partie australe et moyenne de la Sibérie > comme dans la steppe des Kalmoucs, nous ne pouvons
A Peking ( lat. 3g° 54' , long. n4° 6' ) la température moyenne de Tannée est de 12%7 ; celle de l'hiver — i° ou — 2°; de l'été + 25°. Dans cette partie la plus orientale de l'Asie, l'été est de i%2 plus chaud qu'à Naples ; mais à Peking trois mois de l'hiver sont au-dessous de zéro, comme à Copenhague, qui est placé i6° plus au nord, et dont la température moyenne de l'année est de 4°i plus petite. A Naples l'hiver est + 9°, 8. Telle est la différence du système des climats de l'Asie orientale et de l'Europe occidentale, que sur les côtes de France, entre Nantes et Saint-Malo, par 47° et 4$°? de latitude, on retrouve la même chaleur annuelle de Peking , cependant ces côtes se trouvent placées sur des parallèles de 7 à 8 degrés plus septentrionaux , et offrent des hivers de 6 à 70 plus tempérés.
J'ai laissé , pendant mon dernier voyage >
croire que les vents occidentaux deviennent plus rares à mesure que de la Hollande on avance vers l'Altaï , comme cela parait être le cas d'Amsterdam à Saint-Pétersbourg. (Schouw, Beitrâge zurvergleichenden Klima* Jofejie, Heft. I , p. 53.)
des thermomètres comparés avec soin dans plusieurs parties de la Sibérie , entre les mains de personnes capables d'en faire un excellent usage , en observant aux heures qui peuvent faire connaître la moyenne des températures des jours , des mois et de Tannée. J'ai déjà reçu plusieurs séries d'observations intéressantes de Bogoslowsk , dans le nord de l'Oural , où des officiers des mines , zélés et instruits, aiment à se livrer à ce genre de recherches. Comme tout ce que l'on a dit jusqu'ici des degrés de froid observés en Asie et supérieurs à celui de la congélation du mercure, est assez incertain, j'ai remis à M. le docteur Albert, qui nous a fait l'accueil le plus obligeant à Tobolsk , et qui visite quelquefois d'office les régions polaires de Berezow et d'Obdorsk , un thermomètre à esprit de vin , dont la division , tracée par les soins de M. Gay Lussac sur le verre même , est exacte jusqu'à — 6o° cent. Les plus grands progrès auxquels la météorologie, et en particulier la théorie des lignes isothermes peuvent jamais s'attendre, seront dus à l'Académie Impériale de Saint-Pétersbourg, si cette illustre société
persite a continuer, d'après les plans que nous lui arons soumis mon savant ami M. Kupffer et moi, sur toute la surface de l'empire russe (de-* puis l'Arménie, Semipolatinsk et Irkoutzk jusqu'à Kola» le Kamtschatka et l'île Kodiak), un système régulier d'observations sur les variations diurnes du baromètre) du thermomètre et de l'hygromètre , sur la température de la terre , la direction du vent et de la quantité d'eau et de neige que dépose l'atmosphère* La simultanéité de ces variations dans la pression f la température, l'humidité, la direction et la prédominance des vents sur une surface continentale si étendue, manifestera , par la comparaison raisonnée des éléments numériques, des lois qui nous sont restées inconnues jusqu'ici. De grands intérêts de la vie agricole et industrielle des peuples qui habitent la Russie européenne , asiatique et américaine, sont liés aux intérêts de la Climatologie générale . dont il m'appartient de plaider la cause. L'établissement d'un Observatoire de physique k Saint-Pétersbourg , dans lequel on s'occupe de la rectification et de la comparaison des instruments , du choix de stations dont
-7*la position astronomique est déterminée avec précision, de la direction des observations magnétiques et météorologiques, des calcub et de la publication des résultats moyens , sera compté par la postérité la plus reculée parmi les services les plus éminents que le gouvernement russe a rendus, depuis la moitié du dix-huitième siècle, à la connaissance physique du globe, à la botanique et à la zoologie descriptive.
En Asie , comme dans le Nouveau-Monde , on remarque que les lignes isothermes deviennent peu à peu parallèles à Péquateur, à mesure que Ton approche de la zone lorride. Ce résultat est confirmé par les températures moyennes des mois , que j'ai tirées de plus de douze cents observations trèsprécises, dont je dois la communication à M. l'abbé Richenet, jadis attaché aux missions étrangères de France. Il est intéressant de comparer les climats de la Havane, de M acao et de Rio-Janeiro , les deux premiers de ces endroits étant placés sûr les bords de la zone torride boréale et près de côtes orientales, le dernier sur les bords de la
fcone torride australe. J'ai déjà offert dans un endroit1 le tableau suivant, auquel jVjouterai les températures moyennes des trois mois les plus chauds et les plus froids de Tannée.
Macao. Havane. R Jo-» Janeiro*
(Ut 8«»ii'N.) (lat.9»w9,N.)0«l*«,,>54'S.)
Tetnp. moy. de Fan.
de déc.-fév.
de juin-août
du mois le plus froid
— le plus chaud
L'influence frigorifique dé la configuration
et de la position de l'Asie devient surtout manifeste à Macao et à Canton lorsque les vents d'ouest et du nord-ouest baignent le vaste continent couvert de neiges et de glaces; cependant les contrastes de la distribution de la chaleur entre les différentes saisons sont beaucoup moins sensibles dans les ports de la Chine méridionale qu'à Pe- Icing. Pendant neuf ans, de 1806 à 181 4 7
1 Relat. hùl. 1. 111, p. 3o5 et Zji. Les chiffres ont été corriges d'après les plus récentes observations de M. Ramon de la Sagra et d'autres physiciens.
l'abbé Richenet, qui se servait d'un excellent thermomètre à maxima et rninima de Six, Ta vu descendre à Macao jusqu'à + 3%3 cent. , le plus souvent à peine jusqu'à + 5*. A Canton le thermomètre atteint presque quelquefois le point de la congélation , et , par l'effet du rayonnement vers un ciel sans nuages , on y trouve de la glace sur les terrasses des maisons, dans des lieux qui sout entourés de palmiers et de bananiers. De même à Benarès ( lat. géogr. 25° 20r , lat. isoth» 25°,4 cent. ), la chaleur, après avoir atteint en été souvent 44°) descend en hiver à 7°,2. Le mois le plus froid à Benarès a cependant encore i5°,2 de température moyenne. La hauteur de la ville n'est que de 5o toises au-dessus du niveau la mer.
Plus au sud , entre le tropique et l'équateur, surtout entre o° et i5° de latitude, les températures moyennes de l'atmosphère continentale sont sensiblement les mêmes dans les deux mondes. Les observations asiatiques les plus précises et les plus centes donnent :
Pour Bombay 26%7
— Manille 25°,6
— Madras 26°,9
— Pondichéry 2()%6
— Batavia *7°i7
— Singapore 2Ô%5
— Malacca s5%7
— Ile du prince de GaHes . . . 26% 3
— Trinconomale 26%g
— la Pointe de Galle 27%2
— Cotes entre Panama et Payta
de 26°,o à 27°,2
La température moyenne de la zone équatoriale proprement dite de o° à io° ou à i5° le latitude , a été singulièremeut exagérée jusqu'ici ; loin d'être" 290 comme Pont préindu Kirwan et M. Atkinson, elle ne me Murait1 pas dépasser 27°,7. Le climat de Pon-
â C'est presque à ce même résultat (a7°,6) que s'est irrêté récemment aussi M. Halstroeraen discutant l'entemble des observations intertropicales du capitaine Lutke. [Dépend, et de cabre medh} t836,p. 34* On the nttrit température oflhe equator, inséré dans le Singapor Ckronicleyjun 1826, et dans Moor, Notices ofthe Indian ArehipelagOy i$$J> p. *74> imprimé à Singapore. Bouslingault dans Ann. de Chimie^ juillet i833.)