‹ Asie centraleChapitre 38 sur 60 · III. Fragment d'uïi routier de Gouldja a Pekug · texte numérisé non relu

III. Fragment d'uïi routier de Gouldja a Pekug

(Ce n'est pas un itinéraire complet, ce sont des renseignements recueillis avec soin lors d'un événement assez rare. Une députation de la Horde moyenne des Kirghiz appartenant au district Ssemisnaiman, fut mandée à Pékin g par le gouvernement impérial en 1826. Le sultan Tauk Agadaien conduisit la députation en Chine. Un autre chef kirghiz, appelé Bodel Negmetow, se trouvait dans le voyage, et c'est de lui que les notions qui suivent, ont été obtenues. 11 manque tout ce qui a rapport aux pays situés au S. E. d'Ouliassoutai-Khoio. )

« D'après les ordres de l'empereur, parvenus avec célérité de Chine à Kouldja (Gouldja), nous nous mîmes en route de ce dernier endroit, tous à cheval. Les montures furent changées de station en station. Des chameaux kirghiz portaient nos bagages. »

De Kouldja à Ssary-Boulak • 20

De Ssary-Boulak à la station Talkan. . . • .". af>

De Talkan au Lac Ssairankoul 4°

De Kouldja à Ssairankoul la route passe à travers un pays montueux, abondant en bois de construction comme en arbres fruitiers, traversé par beaucoup de ruisseaux sur lesquels sont construits des ponts très-bien entretenus. Le voyage est agréable et facile. Le Lac de Ssairankoul a i5 verst de tour. A chaque station ou trouve une population qui m'a paru de 400 âmes.

De Ssairankoul à Liws<i. - . . 45

Pays dépourvu de bois, presque en plaine* De Liwsa au ruisseau d' Assipu&ylou . ...... 25

Le nom de la station signifie cuisine, gargotte.

Deux stations d'Assipusylou à la ville de

Dshin 55

Depuis Liwsa, la population de chaque poste augmente. La ville chinoise de Dsliin a 5oo maisons. La population, de 4ooo âmes, est composée de Dzungars et de Chinois noirs {KaraCliinois). Des nomades Kalmuks Torgoutes font paître

verM.

leurs troupeaux autour- de la fille. On trouve c^aàs ta environs une belle cascade et des forets de chênes (ï). L'agriculture rend peu, quoique les champs soient arrosés par des canaux que Koa a. conduits du haut des montagnes. .Jùa récolte des légumes tst abondante*

( C'est , a n'en pas douter , la ville de Daing, appelée en chinois Fung-junphou, un peu au sud du Lac BculkbaUi* au N. E. de Gooldja. La carte que

èKlaproth a publiée sons le nom de ipereur Khian-loung , place Dzing lat. 44° 4c et long 8 1° }.) De la ville de Dshin ( Dzing ) au village

Bourhhana • 43

C'est le nom que les Chinois donnent au village. Les Ta tares, qui sont mahométans, l'appellent Awlia ou village saint.

De Bourkhana au village Matyn. . . . • 4^

A peu près 3oo maisons et population de îooo aines, Chinois, Kalmuks et Tungans-Tartares, tous agriculteurs. Chaque race a son chef, auquel le gouvernement impérial laisse pleine liberté d'action.

Forêt de sapins et de chênes. (Cette indi-

\eiit.

cation de chênes que nous avons, déjà trouvée plus haut, près de Dzing, est intéressante pour la Géographie des .plantes. La Sibérie n'a pas de chênes, depuis la partie orientale de l'Oural jusqu'à l'Amour : mais il y en a au Caucase * et dans le nord de la Perse 2.)

De Malyn au .village de San% « • . 4°

Population de 1 5o habitants en 4o maisons. Temple chinois «rempli d'idoles. A là sortie du village nous rômes une espèce de phare rempli de matière combustible servant de moyen pour donner des signaux. (J'ai déjà rappelé plus haut, a l'occasion du second itinéraire de . la Première Série,, de quel usage télégraphique sont les signaux de feu pour les .Chinois, à des distances de plusieurs centaines de lieues.}. /

De San à la ville trèsfcomiherçaiite de . Kur-

Kara-Ssou. ...... .,.♦.:.* 5o

La ville, environnée de murailles, a 600 maisons et : une population de

1 Quercus castanesefolia Meyer, Q. iberica Steven, Q. macranthera Fischer.

' Quercus aesculus L. et Q. lusitanica Lam.

3oooÀmes* Le- plu* grand nombre sotit deaTungana., le reste det Kafanaks et des Kara43hraw. Des nomades Torgoutes et Kaltnuks «ont répandu* dans la plaine qai cependant est wltivdfe en P**^i»

La rille est environnée de hcfsaKsàM située au botdd'tttie petite ri*iétfE(6elfc. rivière -est nn affinent dit Kotor qui. se ' jette au >N. &• dans le Lac BotdkhaUi- Nomi Le véritable nom iartarè de la viïl^est Kour*Katt**Qiiéi6u> en «Amiois Somi^iehlung^pliem. La carte de Ktapn- Iwng lai donne-' fcfe 44* |v long. 8IW.

C'4st le méridien de lTîrin-kïiabirgan, qui est le plus1 haut -sommet des Monts Célestes ou Thian-chan. ) De Kur-Kara-Ssou trois stations à la ville de Manass** . ••»••*•*•••.". i5o

C'est le siège d'un -gouverneur de province, d'un wan. La ville, située sur les bords d'une rivière ,. a - 8oo maisons et 6ooo habitants, presque tous raahométans. Les champs des environs sont mieux cultivés que ceux que nous avons . rencontrés depuis les bords de l'ili.

( Le véritable nom chiuOis de la ville est Soui-lai-hiam. La petite rivière de

vcral»

Manass débouche au nord dans PAyar- Noor. Elle nait comme tous les fleuves de ces contrées, à la pente septentrionale de la grande chaîne du Thian-chan.)

Suivent cinq stations dont je. n'ai pas marqué les noms et les distances relatives. Elles peuvent renfermer ensemble vingt à trente mille âmes.

De Manass à la ville d' OurounUalia . • i^5

La ville, résidence temporaire d'un gouverneur-général ou Dshanslial, est ceinte de double» murailles*. On assure que la population se compose de 60000 âmes, y compris une garnison deMandchoux de la garde impériale, au nombre de 6000. Une foire annuelle réunit beaucoup de marchands étrangers. La ville est très-considérable. Les yivres sont abondants, les champs très-fertiles. (Cette fertilité est probablement due à des matières volcaniques décomposées. Voyez plus haut , 1. 1, p. 4°« Le nom chinois . d'Ouroumtsi est Ty-Houa-Tcheou. Elle a été anciennement célèbre d'abord sous, le nom de Pe-thing, résidence du Nordf habitée par les Ouighours, puis comme une Pentapolis de Bichbalik. La carte de

Khisn-louug place Ouroumtai. pur lati 45*5o et long. 86-57'» Vojei KUprolk, A/An. rel. à CA*iêr\. V, p- 555^563.) D'Ouroumtsha (Oaroomtsi) à 1* forteresse de

yttiisoffs* • •-•*,• •■• • • •"•-•'• • ••••••••■•• w^p*,* 4**^

Près d'uae chute d'au. Sealetndai 'ioo maisons et irâoo ftmecr; De Minom à Myjaco* ••*..;. .;k* • . • *.J . . ..... •■ 75

De Myjaco b N&tfabcu* ••*/.'* •••>.-.• 45

* 'BfjjaèaetNoatslMisoBl des villes : de sooo habitants* v . .<•" ■ - .•• ■.»-

De Naataba à la ville de £buacAoH». * . * u » - 35 Ville tels, «'fortifiée. Garnison de f 0000 Mandchous.

( Jusqu'à Ouroumtsi , la route a été de l'ouest à Test en longeant pour ainsi dire la pente septentrionale de la grande chaîne de Thian-chan, à une distance de i5 à 20 lieues : puis la caravane s'est dirigée au nord vers Gobdo-Khoto, sans doute pour éviter la partie sud-ouest du Gobi au snd du lleuve Djabgan, eonnue sous les noms de Naimanminggan et de Sariha-Gobi.)

Le chef kirghiz qui accompagnait le sultan Tauk-Agadaien, sans donner le détail des différentes stations où s'arrêtait la mission, raconte simplement qu'après avoir charge à Koutchoun les chameaux d'outrés de cuir remplies d'eau, ils ont

traversé le pays montagneux et aride habité par les Kalinuks-Saklchines et Kalmuks-Kalna, vivant sous la domination chinoise, mais administrés par des princes indigènes. Dans la ville de Khobda (Gobdo-Khoto, voyez le routier qui procède), ils trouvèrent V Aniban ou gouverneur de la province qui visitait les piquets (garnisons) de la frontière. Bodcl-Negmeton ne donne que 200 maisons et 1000 (?) habitants à Gobdo-Khoto. La population est entièrement composée de Kalmuks.

Treize stations (ensemble de 35o verst ) de Gobdo-Khoto (lat. 48° 8', long. 87" 35') à Ouliassoutai-Khoto (lat. 47°4<>'> long. 94° 1 i') ». Direction O. N. O.-E. S. E. La caravane passa une large rivière à gué (sans doute le Djabgaa). La ville Ouliassoutai {foret de peupliers) que le voyageur Pesterev appelle Oulialaï, est la résidence du Djangdjoun ( Negmeton écrit Djaruthoul) , gouverneur-général des Mandchou*. L'absence des femmes frappait la mission dans toutes ces villes

1 Ce sont les positions de la carte de Khian-loung. M. Grimm en construisant sa carte d'après d'autres itinéraires, place Gobdo lat. 48°3o , et Ouliassoutai lat. 47°3o'. Comparez Pesterev qui visita Gobdo en 1780, dans Klaproth, Mag. Asiat. t. 1, p. i5a, et l'utile ouvrage de M. Timkowski, Voy. à Prking, t. I, p. ia5.

de la Mongolie chinoise. De la Tille d'Ouliasèoutai au campement Kourotdlaby il y a 5i stations. Le chef kirghis évalue cette distance de 800 verst sans habitation quelconque et presque sans arbres. Il nomme le sol aride et sablonneux. Les Kaknuks nomades de cette contrée ne tentent aucune culture. On trouve a KourouUaby un petit temple (adoratoire) chinois. Plusieurs ruisseaux qui viennent des montagnes arrosent cette partie du désert . De KourouUaby au campement des Kalmuks de la tribu Kara-Tchabar je compte 27 stations. Distance 700 verst. Toute la population mile de cette tribu nomade est forcée de servir dans l'année chinoise depuis le jeune fige jusqu'à la plus haute vieillesse. Les Kara-Tchakara ne cultivent rien, mais ils fabriquent des étoffes. A la distance de 5o verst au S. E. du campement des Kara-Tchakars, la députation rejoignit la grande route qui, à travers le Gobi oriental , conduit par la ville de Dshanshak (?) et par Kttschik-Bishan de Kiahhia à Peking.

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