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IV. Route de Petropawlowsk a Tachkejid, Kokahd

et Kachghar.

Les 72 stations où Ton a campe la nuit ne sont indiquées que par leurs noms, sans évaluer les distances en verst.

i) Petropawlow8h , sur l'Ichim (selon mes observations lat. 54° 5*/, long. 66° 46'). — 2) Karatoumary endroit marécageux, route dite du Khan. Lacs Bichkoul. — 5 ) Campement dans la forêt de Kountirek. — 4) Lac de Saragatch, au sud de Jiistkamych. — 5 ) Daukara, sur les bords de la Chitchaglinha , qui traverse la steppe. — 6 ) Forêt de Tchoubar-Aighir. — 7 ) Lac de Maschak-Kamysch , après avoir traversé quelques collines. — 8 ) Basarboulak , sur la rivière Janas- 80U. On voit la chaîne du Kontchetau ( Koptchatau). — 9) Source de Khoshigoul- Boulai. Pays montueux. — 10 ) Lac de Tchagalan. — 11) Rivière Talymbet - Karassou , à la vue des deux monticules Karabalyl et Elandou. — 12 ) Trois sources à' Ouich-Boulak. Montagnes assez élevées, couvertes de pins. — i3 ) Dumbraly, ravins entre deux collines où les caravanes sont souvent attaquées par les Kirghiz de l'icn'im. — 14 ) Rochers de Kouichahou , entre des lacs. La plaine plus ouverte, mais nue. — i5) Lac Ssossykoul, au sud de la forêt de J amante h oubar. — 16) Tombeau ( Ssoujouk ) du chef kirghiz Ta ir- Bergen , sur les bords de Tlchini. — 1 7) Slepped'O kniulla, traversée par la petite rivière Noura. — 18 ) Collines de Koulan-Outmesâ. Jusque-là on peut aller en chariots. — 1 9 ) La montagne escarpée dislir-tal, près de la rivière Chinitchiassou. — 20 ) Source

de Karaboulal. — 21) Karagatch > campement sur la rive du Ssarassou. (C'est le Sory-sou, affluent du Bakboidariy selon la grande carte de Klaproth; le Saruig-su, eau jaune de M. Erman, Rei&e, 1. 1, p. 44°\ 49 5- M. Grimm fait de Saraasou un affluent du Yar-Yakchi qui , après un cours trèslong du N. E. au E. S. débouche dans le Lac Telegoul, assez près du Sihoun, auN. O. d'Otrar.) — 22) Campement de la rivière Bleue, Kouksou. Presque pas de pâturages dans la steppe argileuse. Les caravanes, dans tout ce trajet, sont souvent pillées par les Kirghiz noirs ou des rochers (Kamenie Kirgisi). — 23 ) lies cinq collines de sables avec des puits, Bichtau. — 24 ) Sources salées de Ssaryboulak , au pied du Mont Bouglai - itagla. Steppes arides. — 25) Sources de Shadaly* Plaine épineuse très-incommode pour la marche des chameaux. — 26) Source de Berutichkan. — 27 ) Tombeau d'Ouwanass, près d'un puits. La steppe fait horizon. — 28) Passage du T*cJiouiy près de la Pierre, Karta. On passe la rivière à gué ; lorsque les eaux sont très-hautes on forme un pont radeau en bois et en roseaux. (Le Tchoui ou Tsoui ne parvient pas au Sihoun ou Syr-daria, pas plus que L- Yar Yatchi. Après un cotirs de plus de 200 lieues du S. E. au N. O. le Tchoui débouche dans le Lac Kaban-koulak.Ci: lac porte aussi les noms de lieilegoul ou Kliochi-goul. Cette multiplicité de noms,

due à la multiplicité de langues et de dialectes de ces contrées, a fait naître plus de confusion sur les cartes d'Asie. La dernière partie du cours du Tchoui est dirigée de l'est à l'ouest. Voyez plus haut, t. II , p. 297. ) — 29 ) Petite forteresse de Soussat sur les frontières du territoire de Kokand. (Beaucoup de tigres dans les environs, comme dans les hauts roseaux des rives du Tchoui, t. 111, p. 101.) — 3o ) Pied du Karatauj sources. — 01) Stations de mûriers. — 5i) Montagne de TclvouLah. — 55) Le Mont et la caverne du Lion , Arastandytan, près des rivières Bougoun et Tchejan. Grand danger de l'attaque des Kirghiz noirs. ( Une tradition fabuleuse a sans doute donné lieu à la dénomination de la caverne. Peut-être a-t-on confondu le tigre avec le lion, confusion à laquelle en Perse, par exemple , le mot de shir donne lieu.) — 54 ) Campement sur la rivière Bouralta , dans une vallée étroite. — 35 ) Gué de YArs. — 56) Rivière Badask, près de Tchimhet , ville du Kokand. — 3y ) Kosiykour-tauy terrain montueux près de la rivière AnilcJie. — 38) Campement à la descente du Kindertati) près des bords de la Kaljassa. — 59) La colline déserte de la Kaljassa. On voit quelques villages à l'entour. — 4° ) Après avoir passé le site marécageux de Karakamysch , on arrive à lavilleTachkend.La population nous a été exagérée par les indigènes. Ils portent à 10,000 (?) le III. 28

nombre des nuisons. Il y a dans k ville de belle* manufactures de soieries et de toiles de coton. Les eaux des montagnes environnantes sont conduites par des canaui dans les mes de Tachkend. Ces canaux se renaissent à un lac appelé TchikchiL (C'est le Lac Tchirtchik da Voyage deMeymdorf, 1. 1, p. 1 15 « niais on a rapporté a ce savant que les canaux qui arrosent la ville sont dérivée du lac et que Ton s'en sert également pour l'acrosement des champs. Cette version est plus probable.. Pour aller de la forteresse de Sousssik à Tachkend, la caravane doit avoir passé k lest de Tounhat qui est auaii placée sur le Sihoun, vingt lieues an nord de Tachkend. Le père Àvocba a donné à cette dernière ville, réunie depuis i8o5 au khanat de Kokand, la t. 4$° 5 , long, bien incertaine 66° 2g'.) — 4» ) En sortant de Tachkend, la caravane a passé à gué la rivière Tchirichik et est parvenue à travers des champs et la plaine & la petite ville de Kouraschou. — 42 ) Carava oserai de Kariwat, près de la montagne Kandyriau. — 45) Source et caravanseraï de Mour-tam , près du Mont Khoahant. On trouve des turquoises de peu de valeur dans cette montagne. — 44) Petit bourg de Karakamysch sur les bords du Syr-daria qu'on traverse en bateaux. — £5) Bourg Karapalessan, près de la rivière de ce nom. Sables arides. — 4^) La ville de Kokand (Khôkhan), plus grande et plus populeuse que Tachkend , à 8 verst dn Sir-

daria. ( Lat. 4*° 25', long. 68° 6 , selon le Père Arocha. Cette position, qui n'a été remplacée par aucune observation moderne , se trouve bien arbitrairement altérée, même en latitude, dans les cartes les plus modernes. Comparez le tableau de positions comparées puHié par M. Zimmermann , Geogr* Analyse der Karte von lnner-Aaien^ p. 34.) De Kokand à Kachghar les caravanes comptent a5 stations.) — 47 ) Le village Ak-ir ou Palesaan. — 48 ) Le village Karantchitoum. — 49 ) La ville de Margljant. ( C'est Marglùlan ou Margliinan, i5 lieues à Test de Kokand.) — 5o) Le village de Min-tenou. — 5x) Le village SAriivan. — 5î) Och, sur la frontière du territoire chinois, avec douane et forte garnison destinée à repousser les invasions des Chinois et des Kirgliiz-noirs. ( Voyez sur Och ou Takht-i-Souleiman, la note que j'ai ajoutée au 6* routier de la iM série.) — 53 ) Village Madi. - 54) Village Langar, au milieu des montagnes , dernier village du khanat de Kokand, vers le sud-est. — 55) Sources du Tchountchourssou. — 56 ) Station de Gourchou. — 57) Le monticule aux pierres à fusil, Kan-mak-tam. — 58) Campement au bord de la rivière d'Alautar, Ces quatre dernières stations sont visitées par une tribu de Kirghiz noirs qui reconnaissent l'autorité du khan de Kokand. — 59) La même rivière d'^taztfar,mais sur un autre point

de son cours. — 60) Passage du col de Terjak* Diwan (dans le Terek-Tagh). Kirghiz nomades* -— 61 ) Forêt de Pougai - bachi. — 62) Station d'ighin. — 63) Station Nagrakalen. — 64) Station Sarakamych. — 65) Station Jasskitchou.

— 66 ) Station Aksalyr. — #7 ) Station KouchjoukoiUch. — 68) Station Kourgachkan ( mines de plomb). — 69) Kisyl- Oui ou maison rouge. — 70) Premier piquet chinois. — 71) Second piquet.

— y*) Ville de Kachghar (selon l'observation astronomique du Père Hallerstein et là Table des positions du P. Mailla, lat. 590 25/, long. 7 i° 37').

Cet itinéraire nous apprend que depuis le village de Langar jusqu'à Kachghar, sur une longueur de 18 campements qui équivaut vraisemblablement à 110 lieues nautiques, le pays est entièrement dépourvu d'habitations stables. Les caravanes de Kachghar mettent généralement 14 heures pour arriver d'un campement à un autre. Dans cet intervalle elles s'arrêtent un peu vers le milieu du jour. Si Ton compte pour chaque journée 40 verst en été, on ne doit, pendant l'hiver, surtout lorsque les neiges couvrent le pays, évaluer la journée qu'à 25 verst. C'est sans doute selon la première hypothèse que les conducteurs de caravanes comptent de Petropawlowsk à Tachkend i56o, à Kokand 1800 et à Kachghar j8oo verst de dislance itinéraire. (Les villes de Petropavlovski et Tachkend sont presque

sous le même méridien ; les différences de longitude avec Kokand et Kachghar ne sont probablement pas au-delà de i° \ et de 5°. Ce n'est donc que la différence de latitude qui influe le plus sur la distance que les caravanes ont à parcourir , et ces latitudes sont assez sûres, puisque toutes se fondent sur des observations astronomiques.

Petropavlovsk , lat. 5405a', long. 66* 46'

Tachkend 43 3 66 29

Kokand 41 ^3 68 6

Kachghar 09 'i 5 7 l $7

Or en comparant ces positions aux distances itinéraires qu'adoptent les caravanes , ou voit au premier coup d'oeil que c'est la route montagneuse et solitaire de Kokand à Kachghar qui devient la source d'une grande exagération de distance. En calculant clans l'hypothèse de la terre sphérique, les distances directes selon les coordonnées de latitude et de longitude que je viens d'indiquer, on trouve de Petropavlovsk à Tachkend 1 2 1 5 , de Tachkendà Kokand 2 1 4> de Kokand à Kachghar 546 verst (de io4i4i4au degré).Si Ton compare les i56o verst des caravanes aux 12 15 verst du calcul, on trouve , pour les sinuosités du chemin , un peu plus que le quart de la distance directe , ce qui est assez probable, mais entre Kokand et Kachghar, la comparaison de la distance itinéraire supposée et de

la distance géographique directe , rigoureusement calculée, offre une différence de 654 verst, de sorte que ce n'est qu'en doublant la distance directe qu'on trouverait le chiffre qu'il faudrait ajouter pour obtenir la distance supposée* Ce genre de calcul jette quelque jour sur la nature du terrain que l'on parcourt. D'Anville, dans un Mémoire célèbre sur les fondements de sa Carte de l'Amérique méridionale, conseille d'évaluer les sinuosités des grandes rivières, valeur moyenne, au tiers de la distance directe. Partout où à l'Orénoque , au Cassiquiare et au Rio-Magdalena , j'ai pu naviguer du nord au sud, ou , ce qui est moins sur, comparer des longitudes chronométriques à la vitesse du courant exactement déterminée par des corps flottants, la correction prescrite par d'Anville m'a paru trèsexacte. Dans les steppes d'Asie au contraire, l'augmentation du tiers m'a paru presque trop forte 5 cependant à de grandes distances, là 011 le fréquent passage des rivières où un sol marécageux détourne les voyageurs, la correction pèche, en Sibérie, plutôt en moins. U Itinéraire des Postes russes, publié officiellement à Pétersbourg (PoLchtowoy Dorojnit)9 fixe par exemple la longueur de la route de Pétersbourg à Irkoutsk à 6076 verst,de Pétersbourg à Ekatherinenbourg à a453 verst. Or en supposant celte dernière ville, selon mes observations astronomiques, par lat. 56°4o/, long. 58° 1 5', et ïrkoustk,

selon M. Fuss, par lat. 52° 17', long. ioi°56', on obtient pour la distance directe d'Eka therinenbourg à Irkoutsk (de l'Oural au Lac Baikal ) 2640 verst », tandis que le livre des postes en donne 5623 : il faut donc ajouter plus qae le tiers (—) pour les sinuosités. En France et en Allemagne, partout où il y a des chaussées ou chemins ferrés, la correction du quart suffit. Voyez Arago dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour i8'2j,j). 1 34-

1 D'irkoutsk à Péking (lat. 3^54', long. ii4°5') il y a 1 553 verst de distance directe calculée par les coordonnées de longitude et de latitude.

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