LIGNES ISOTHERMES
Si la surface d'une planète formait une courbe sans aspérités, si elle était composée l'une même masse fluide ou de couches pierreuses homogènes, de même couleur , de nême densité, absorbant également les •ayons du soleil, rayonnant également à ravers l'atmosphère vers les espaces célestes; es lignes isothermes (d'égale chaleur anmelle), les lignes isotheres (d'égale chaleur l'été) et les lignes isochimènes ( d'égale chaeur d'hiyer ) seraieiH toutes parallèles à 'équateur. Sur cette surface unie et homogène, fluide ou solide, les latitudes géographiques , les hauteurs solsticiales , les courants atmosphériques que l'inégalité d'échauf-
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fement de la surface de l'équateur aux pôles et l'influence de la rotation de la terre sur la vitesse des molécules d'air font naître, enfin la chaleur que depuis des milliers de siècles l'intérieur d'une planète, en se refroidissant, a laissée à la croûte extérieure, détermineraient seuls la distribution de la chaleur.
C'est par cette considération générale , moins infructueuse qu'on pourrait le supposer , que doit commencer la Climatologie théorique. Dans l'état actuel de la surface de notre planète et de l'atmosphère qui l'en* yeloppe, les courbes isothermes n'ont conservé leur parallélisme que dans la proximité de la zone torride. Les inflexions de ces courbes sont l'effet de perturbations de différents ordres plus ou moins puissantes selon l'étendue de la surface qu'elles affectent.
Pour démêler l'action simultanée de ces pauses perturbatrices qui déterminent le nonparallélisme des lignes isothermes et la position de leurs sommets concaves et convexes, il faut considérer chaque cause isolément et évaluer le genre et la grandeur de son effet permanent
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ou variable avec la déclinaisoa de l'astre calorifiant. Cette considération conduit à classer les perturbations de différents ordres et à faire entrevoir qu'après l'élévation partielle du sol au-dessus du niveau des mers, la cause la plus puissante qui fait varier la température des lieux , placés sous une même latitude, est la position relative des masses continentales et des mers, c'est-à-dire des parties de la surface du globe qui , fluides (à molécules mobiles) et diaphanes, ou solides et opaques, diffèrent également par leurs pouvoirs absorbants et émissifs , par la quantité de lumière qu'elles absorbent , par la quantité de chaleur qui résulte de cette absorption, comme par les pertes sensibles que le rayonnement leur fait éprouver. Ces rapports d'étendue et de configura* tion entre les masses opaques continentales et les masses fluides océaniques déterminent le plus les inflexions des lignes isothermes, nonseulement en modifiant la température là où elle se développe localement , mais aussi en influant sur les courants atmosphériques. C^es courants mêlent les températures de différents climats et adoucissent, dans la zone des lati-r tudes moyennes, comme vents de remous
(vent d'ouest) opposés aux vents alises, par la fréquence prépondérante de leur direction, la température hivernale de toutes les côtes occidentales des deux hémisphères.
Nous faisons, dans ces considérations préliminaires , entièrement abstraction des inégalités du terrain, de la direction des chaînes de montagnes , de l'état de la surface du sol , nu et pierreux ou couvert , soit des sables du désert , du gazon et de l'herbe des steppes, soit de l'ombrage des forêts. Les circonstances que je viens d'énumérer, et qui ont rapport à l'état nu ou boisé de la surface, appartiennent à des causes perturbatrices d'un autre ordre, secondaire ou tertiaire. Le climat de chaque lieu reçoit l'influence la plus puissante de la configuration de cette partie du continent qui l'environne , de rapports qui sont communs à une zone de terre d'une étendue considérable. Ces causes générales sont localement modifiées par la direction des montagnes voisines (abritant ou refroidissant par la fréquence des courants descendants), par l'état de la surface du sol aride, marécageux ou boisé. La Physique du globe n'est qu'une science naissante , et il est naturel qu'en traitant de ce que l'on appelle
vaguement la différence de climats géographiques et physiques (on devrait dire des déviations du type que présenterait une surface homogène et de même courbure), on ait fixé d'abord plus d'attention sur de petites causes locales que sur des causes perturbatrices d'un ordre supérieur. Cette fâcheuse manière d'envisager les climats nous a été transmise par les Hellènes, dont le pays entrecoupé de golfes et de bras de mer , divisé en bassins par des chaînons de montagnes , articulé pour ainsi dire, offrait dans cette configuration si favorable au développement de la civilisation du genre humain , une merveilleuse variété de climats , et dérobait comme l'Egypte , sous l'influence de petites causes locales, les influences qui appartiennent à la zone entière , à toute l'extrémité sud-est de la Méditerranée.
Le mot climat, dans son acception la plus générale, embrasse toutes les modifications de l'atmosphère dont nos organes sont affectés d'une manière sensible , telles que la température, l'humidité, les variations de la pression barométrique , la tranquillité de l'air ou les effets de vents hétéronymes , là charge ou la
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quantité de tension électrique , la pureté de l'atmosphère ou ses mélanges avec des émanations gazeuses plus ou moins insalubres, enfin le degré de diaphanéité habituelle, cette sérénité du ciel si importante par l'influence qu'elle exerce non-seulement sur le rayonnement du sol , sur le développement des tissus organiques dans les végétaux, et la maturation des fruits , mais aussi sur l'ensemble des impressions qui , dans les zones diverses , sont excitées dans Pâme par les sens. Nous nous sommes bornés ici à nommer une seule modification optique de l'atmosphère , celle de la transmission de la lumière. D'autres sont relatives soit à la quantité variable de lumière polarisée que renferme l'atmosphère , selon qu'elle est plus ou moins chargée de vapeurs vésiculaireç , soit aux rayons qui, émanant d'une source commune avec une égale vitesse, mais venant à se croiser dans des points de l'espace après avoir parcouru des routes légèrement inégales, se détruisent par interférence et ne sont plus propres à exercer une action chimique \ D'autres modifications de l'atmo-7
1 Voyez les expériences ingénieuses de M. Aragosur
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sphère, dont les causes n'ont point encore été dévoilées , se révèlent dans les admirables procédés photographiques daguerriens. L'action de la lumière atteint son maximum ayant midi , et de telle manière qu'il y a dans les effets chimiques les différences les plus tranchées à des heures également distantes de midi, à 40 heures du matin et à 2 heures du soir, à 8 heures du matin et à 4 heures du soir - Toutes ces modifications influent peut-être aussi sur les organes de l'homme , mais leur influence a été jusqu'ici tout aussi peu reconnue que celle de l'intensité des forces magnétiques, variable selon les latitudes , selon le flux et le reflux de la chaleur diurne, et pendant les perturbations de l'aurore boréale.
Parmi les causes nombreuses et en partie inconnues qui tendent à diversifier les climats, la plus puissante est la variation des températures auxquelles l'homme est exposé dans les différentes parties du globe. Aussi changer de climat , dans le langage vulgaire , signifie
le chlorure d'argent exposé aux bandes noires dans le phénomène des interférences. Annales de Physique et de Chimie, t. I , p. 199.
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changer d'impression habituelle de chaud et de froid atmosphérique. Les considératipt» que je consigne ici , et qui sont tirées de mon ouvrage inédit, Essai de Physique du Monde y n'ont rapport qu'à l'analyse de l'effet total des influencés calorifiques.
, Analyser un effet si complexe, c'est énumérer, évaluer, donner son poids, pour me servir d'une expression du calcul des probabilités , à chacune des causes perturbatrices du parallélisme primitif des lignes isothermes* Pour répandre quelque lumière sur te phénomène de la distribution de la chaleur sur le globe, qui résulte de l'action simultanée de tant de causes partielles, il faut ( comme le permet l'état actuel de nos connaissances de Géographie physique ) considérer les phénomènes dans leur plus grande généralité , les caractériser de la manière la plus concise, et n'ajouter des exemples que là où la clarté le demande impérieusement.
En supposant un état de la surface de la terre qui rende les lignes d'égale chaleur parallèles à l'équateur, on admet que les pouvoirs absorbants et èmissifs de la lumière et de la chaleur sont partout les mêmes , a égale lati-
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tude. Cest dé cet état moyen et primitif qui n'exclut ni les courants de chaleur dans l'intérieur et dans Fenveloppe du sphéroïde f m le transport de la chaleur par des courants aériens (si toutefois Ton veut admettre une atmosphère autour de la planète), que part une théorie mathématique. Cette théorie tend à fixer sur la surface terrestre supposée unie, dépourvue de plateaux et de chaînes de montagnes, la distance relative des lignes isothermes de n, an, 3n degrés thermométriques
à l'équateur. Tout ce qui altère les pouvoirs absorbants et rayonnants dans quelques parties de la surface placées sur un même parallèle à l'équateur, dit naître des inflexions dans les courbes isothermes. La nature de ces inflexions y l'angle sous lequel tes courbes* isothermes coupent les parallèles à Féquateur , la position des sommets concaves ou convexes par rapport au pôle de l'hémisphère homonyme , sont l'effet de causes réfrigérantes ou calorifiantes qui agissent inégalement par différentes longitudes géographiques. Une con-r naissance raisonnée de ces causes perturbatrices, de leur poids ou prépondérance relative, jointe à l'inspection d'une carte qui
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ferait arec précision l'état de là surface du globe, absorbant et rayonnant inégalement, conduirait à prédire par approximation la direction , le sens de l'inflexion , et la quantité du mouvement d'une ligne isotherme , là où sa trace n'aurait point encore été fixée par des observations de température moyenne: Le même genre de prévision fondée sur l'analyse des causes réfrigérantes et calorifiantes , s'appliquerait aux courbes isotheres et isochimènes, courbes qui offrent la distribution d'une même quantité de chaleur annuelle entre les diverses saisons de l'année. Cette distribution, pour ne citer qu'un seul exemple, est très-différente dans les îles et dans l'intérieur d'un vaste continent; mais elle offre, sur chaque courbe isotherme, des déviations d'un type commun, des oscillations renfermées dans d'étroites limites. Le partage entre la chaleur de l'hiver et de l'été se fait d'après des proportions fixes, et partout où la température moyenne de . l'année s'élève à g° ou g° £ du thermomètre centigrade, on ne trouvera plus en Europe une température moyenne de l'hiver au-dessous de zéro.
La plupart des phénomènes de la nature
offrent deux parties distinctes : Tune qu'on peut soumettre à un calcul exact , l'autre qu'on ne peut atteindre que par la voie de l'induction et de l'analogie. C'est ainsi que la théorie mathématique de la distribution de la chaleur peut lier les phénomènes qu'offrent l'accroissement de température dans l'intérieur du globe à diverses profondeurs , la perte qu'éprouve la surface , supposée homogène , par le rayonnement depuis les pôles jusqu'à l'équateur; c'est ainsi qu'elle peut suivre les inflexions des couches géo-isothermes là où par le soulèvement de plateaux , non par celui de pics élancés , elles se trouvent placées à des distances inégales du centre de la terre. Les géomètres peuvent chercher des expressions analytique* pour les courbes qui retracent les ^variations de la température d'heure en heure9 «lans les différents mois de l'année et sous différentes latitudes , autant que ces variations régulières dépendent, dans une surface dont les pouvoirs absorbants et émissifs sont constants, de la hauteur du soleil , de l'angle d'incidence des rayons, de la durée de leur action selon la grandeur des arcs semi-diurnes ou de l'effet du rayonnement de la surface supposée III. 8
homogène, liquide ou solide; mais datas ce là* hyrinthé de causes perturbatrices qui, agistant simultanément, diversifient les effets sût deiA points de la surface de la terre placés sous un même parallèle géographique , c'est aux physiciens à comparer les résultais d'une théorie mathématique à des faits recueillis avec soin ; c'est à eux à mesurer dans des localités choisies avec discernement, sous l'influence de cir» constances entièrement opposées ( sur des tsôtes orientales et occidentales , dans des île» et dans l'intérieur dés continents , & l'ombre d'épaisses forêts et dans des plaines couvertes de gazon , au milieu de marais bu de lacs peu profonds et dans des endroits arides ) , Veffèl total, c'est-à-dire les températures moyennes de l'année , des saisons et des heures , celles du maximum et du minimum diurnes. La combinaison des faits nous montre la position du sommet ou point culminant de la courbe dé température annuelle par rapport aux deux solstices. Des éléments numériques y recueillis par les mêmes latitudes, sous l'influencé de circonstances opposées , nous révèlent ce qui > daiis Veffèt total , est dû à chaque cause perturbatrice. On peut déterminer empirique-
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ment , je ne dis pas la quantité précise des influences partielles, mais les nombres limites entre lesquels oscillent les effets qu'exerce chaque influence sur la variation des températures moyennes de Pan née, des hivers et des étés.
Depuis un demi-siècle, on a accumulé des observations de température sous les climats divers sans reconnaître les lois dont elles sont Fexpression fidèle, lois qui ne peuvent se manifester qu'en groupant les faits d'après des considérations théoriques. Il faudrait ici, comme en général dans tous les travaux de physique, de chimie, de géographie des plantes ou de géologie de superposition, isoler l'effet de chaque cause, passer progressivement des phénomènes simples aux effets des
forces opposées.
Les causes perturbatrices qui altèrent le
parallélisme primitif des lignes isothermes modifient aussi, pour me servir d'une exprès» sion introduite par Mairan1 et Lambert*, le
1 Mém. de T Académie , 1719 , p. i33 , et 1765, p. 1 45-iic
■ Pyrûmetrie oder von dem Muasse des Feaertf 17799 p. 34t..
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-climat solaire (les effets du mouvement pé** riodique de la chaleur solaire) et le réduisent au climat réel. Une théorie -mathématique peut déterminer ce qui appartient à l'inégale exposition des parties de la surface des rayons solaires de l'équateur au pôle, à cet accroissement (en raison du carré du cosinus de la latitude) qui dépend de l'obliquité et de l'inégale durée d'action des rayons. En comparant, je ne dis pas les quantités absolues de chaleur qui ne nous sont pas connues, mais les différences de température, déterminées par la théorie mathématique du climat molaire , aux rapports et éléments numériques qui résultent de l'observation des climats réels, on parviendrait à isoler approximativement ce qui , dans l'effet total, est produit par le manque d'homogénéité de la superficie, par l'inégale répartition des pouvoirs absorbants et émissîfs. Lorsque ce premier départ sera établi, l'examen des causes perturbatrices du parallélisme qu'affecleraiebt les lignes d'égale chaleur sur une fctaveloppe homogène, ne peut être qu'empirique. L'effet total est produit par le mélange de températures de différentes latitudes qu'amènent les vents ; par le voisinage des mers qim
sont d'immenses réservoirs d'une chaleur peu variable ; par l'inclinaison , la nature chimique, la couleur, la force rayonnante et l'évapôration du sol ; par la direction des chaînes de montagnes, la forme des terres, leur massç et leur prolongement vers les pôles; par la quantité de neige qui les couvre pendant l'hiver, enfin par ces glaces qui forment comme des continents circompolaires et dont les parties détachées , entraînées par les courants , i&odifîent quelquefois sensiblement le climat pélagique sous la zone tempérée. En groupant habilement les faits, paç la comparaison d'éléments numériques obtenus, à égale distance de l'équateur, sous des circonstances les plus opposées , on pourrait isoler chaque cause perturbatrice partielle et approcher de l'évaluation de son poids. Le ^raisonnement procéderait ici comme on fait; en appliquant le calcul aux. phénomènes physiques très-complexes. En isolant par exen^pU parmi 32 températures moyennes, observées jusqu'à 5ooo mètres de hauteur au-dessus du niveau de l'Océan, les stations placées sur la pente nue ou boisée de la Cordillère des Andes de celles qui se trouvent au milieu de vastes
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plateaux, j'ai trouvé, comme je l'ai fait voir ailleurs1, pour les plateaux une augmentation de chaleur annuelle qui n'excède pas, k cause du rayonnement nocturne, i* £ à *°,3 du thermomètre centigrade.
Je cite de préférence un résultat emprunté à la région tropicale, parce que là où les forces vives de la nature se limitent et se balancent avec une admirable régularité, il est plus facile d'isoler une seule cause perturbatrice et de connaître l'état moyen de l'atmosphère et le type de ses variations périodiques. On doit considérer d'abord chaque cause comme si elle existait seule, puis discuter lesquels des effets, en les réunissant, se modifient, se détruisent ou se superposent comme dans les petites ondulations qui se rencontrent et se croisent. Lorsque les causes agissent isolément, on peut les sommer d'après la nature deAleur signe, selon qu'elles augmentent ou diminuent la température moyenne d' un lieu comparée à une certaine quantité de glace fondue : mais lorsque plusieurs causes se réunissent , la
1 Voyez mon Mémoire sur les lignes isothermes, parmi les ftfém. de la Société tfAreueil, t. III , p. 533.
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quantité de l'effet est modifiée d'après des lois, plus difficiles à reconnaître. L'évaporation du bassin d'un lac, par exemple, est une cause fngoràque ; son effet augmente par des courants qui baignent la surface des eaux, mais si ces courants amènent en même temps de l'air dont la température excède celle de l'eau, l'effet frigorifique de l'évaporation est contre- . balancé par l'effet calorifique du courant d'eau. Le résultat définitif est un exhaussement de température dû à l'action du vent sud-ouest diminuée par l'évaporation. De même, une couche légère de nuages agit de detpx manières opposées, en diminuant à la fois l'effet de l'action solaire et la perte de chaleur qu'éprouve la surface du globe par le rayonnement. L'effet total qui résulte de l'action solaire est souvent moins grand par un ciel entièrement serein qu'à travers une couche très-légère de nuages , puisque cette couche diminue la déperdition de la chaleur du sol par rayonnement vers l'espace.
Quant à l'action qu'exercent, par l'inégale distribution locale des pouvoirs absorbants on émissife de la surface, les causes pertaÀatrices sur la forme des lianes iso-
thermes, on peut l'envisager de la manier* suivante: chaque cause considérée séparé* ment augmente ou diminue la température moyenne de a comme si ce point s'était rapproché ou éloigné de l'équateur sans changer de méridien. Admettons que l'effet résultant de. toutes les causes perturbatrices augmente la température de, a et la* rende semblable à la température d'un point plus rapproché de l'équateur, alors la ligne joignant ce dernier point et le point a que nous considérons, devra nécessairement remonter vers le nord. C'est de cette manière que, parle changement des pouvoirs absorbants et émissifs, et par l'inégale action de certaines portions de l'enveloppe du globe sur un système de points voisins d'une ligne isotherme, cette ligne prend des inflexions à sommets concaves ou convexes. C'est aussi par un effet analogue, par la réunion des circonstances qui augmentent la température de l'Europe, c'est-à-dire de l'extrémité occidentale et péninsulaire de l'ancien continent, que la ligne isotherme de 12°,8 cent, passe par Milan et le centre de la France sous les 45°£ de latitude, quand sur les côtes orientales, de l'Asie
«ilAmérique, à Pékin et en Pensylvanie, t descendre, pour la trouver, au moins 'à 3g*| de latitude. Ce qui, par l'extrême ilexhé de phénomène, échappe à l'applia rigoureuse d'une théorie mathématique être lié par des lois empiriques. Les les manifestations du magnétisme ter- >, en déclinaison, en inclinaison et en nté des forces, n'ont aussi pu être :par des lois générales, que depuis l'é- » où l'on a commencé à tracer des lignes » points de la surface qui jouissent siinëment des mêmes propriétés magné- 1 et à suivre le mouvement de leurs inma dans la suite des siècles. Ne doit-on dmettre que des mouvements analogues, infiniment plus lents et non périodiques tarier les sommets concaves et convexes ignés isothermes, surtout la forme des i isothères et isochimènes ?
est certain que des changements assez dérables sont produits dans l'état de jioppe du globe, soit par les progrès des tés humaines lorsqu'elles deviennent trèsireuses et très-agissantes , soit par des * géologiques presque inaperçues dans
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la lenteur extrême de leurs effets et tenant ait manque de cet équilibre que la lutta des éléments et des forces n'a point encorde entièrement atteint. Dans les Gaules, en Germanie et dans la partie septentrionale du Nouveau Monde, où, $ous l'égide d'institutions libres et fortes, la population et la puissance intellectuelle des sociétés font des progrès rapides, les mêmes parties du globe n'ont pas conservé la même latitude isochimène. Si par l'effet de grandes causes géologiques «W une portion d'un continent, la prépandér* rance moyenne de certains vents était changée sensiblement, la hauteur barométrique et la quantité de vapeurs condensées y seraient modifiées aussi. La Géographie physique a ses éléments numériques, comme le Système du monde, et ces éléments seront perfectionnés progressivement à mesure que Ton saura disposer les faits dans le but de .reconnaître les lois générales pu milieu du conflit des perturbations partielles.
En classant les circonstances qui déterminent la forme des lignes isothermes d'après leurs signes positifs ou négatifs^ on reconnaît au premier abord pqrmi les causes qui élèvent
la température moyenne annuelle d'une contrée : la proximité d'une côte occidentale dans la zone tempérée ; la configuration d'un continent offrant des péninsules et des mers intérieures; les rapports de position d'une portion du continent , soit à une mer libre de glace qui s'étend au-delà du cercle polaire, soit à une masse de terres continentales d'une étendue considérable,, placée entre les mêmes méridiens, sous l'équateur ou dans une partie de la zone tropicale ; la prépondérance de vents qui soufflent du sud et de l'ouest dans l'extré» mité occidentale d'un continent de la zone tempérée; des obaînes de montagnes serrant d'abri contre les vents qui soufflent de régions plus froides; la rareté des marais et le déboisement d'an sol aride et sablonneux ; la séré*nité habituelle du ciel pendant l'été ; la proximité de quelque courant pélagique amenant des eaux d'une température plus élevée qur celle àes mers environnantes.
Parmi les causes frigorifiques de signe né*
gàtjfi nous comptons: l'élévation du lieu au-
desHUs du niveau de l'océan, avec absence de
plateaux étendus ; la proximité d'une côte
orientale f>ar les latitudes hautes et moyen*-
nés ; la configuration d'un continent dépourvu de sinuosités, se prolongeant vers le& pôles jusqu'aux glaces perpétuelles ( sans interposition de mer libre) , ou ayant entre les mêmes méridiens que la contrée dont on discute le climat, selon la dénomination de l'hémisphère, au sud ou au nord, une mer équatoriale sans terre ferme ; des chaînons de montagnes dont la direction empêche l'accès des vents chauds, ou le voisinage de pics isolés qui causent fréquemment, le long de leur pentes, des courants descendants nocturnes; de vastes forêts ; la fréquence des marais qui forment de petits glaciers souterrains jusqu'au: milieu de l'été ; un ciel brumeux qui diminue l'action des rayons solaires dans leur marche vers la partie solide du globe ; un ciel serein hivernal qui favorise l'émission de la chaleur. Dans Ténumération des causes qui sont perturbatrices de la forme des lignes isothermes, on pourrait suivre la classification d'effets de signes contraires dont je viens de parler, mais cette classification offrirait le désavantage de séparer des phénomènes complexes qui, diversement modifiés, agissent lent aussi et altèrent les effets ep le*
superposant. L'influence de ces phénomènes n'est aucunement la même sur la quantité dé chaleur que reçoit un point du globe dans l'espace d'une année, et sur la distribution de cette quantité annuelle entre les différentes saisons. Pour ne pas perdre de vue l'unité de la nature, c'est-à-dire le résultat de toutes les forces qui se pénètrent, se combattent et se balancent réciproquement, il faut abandonner une classification en deux séries de signes contraires et préférer celle qui naît de la considération de l'état du globe terrestre enveloppé de couches de fluides élastiques, de cet océan aérien dont le fond est formé en partie par la surface de la mer, en partie par la terre ferme, hérissée de montagnes, nue et sablonneuse ou couverte de végétaux. Nous allons examiner rapidement , sous le point de vue le plus général, la triple action du sol, de la mer et de l'air sur la distribution de la chaleur, inégale dans des systèmes de points placés à la même distance de l'équateur. Je me bornerai à quelques exemples que m'ont fournis de longs voyages déterre dans l'intérieur des deux continents, au nord et au sud de l'équateur, par 4 85* de longitude et plus de 72° de latitude, à
des élévations très-diverses au-dessus du niveau de la mer.
Avant de considérer plus spécialement l'état thermométrique du globe terrestre en distinguant le sol continental, les mers et, l'enveloppe atmosphérique, il sera utile de rappeler les fondements, je devais dire le degré de précision des éléments numériques qu'emploie la météorologie moderne. En supposant les thermomètres dûment vérifiés et exposés convenablement à l'air, les moyennes de température annuelle sont conclues soit des maxima et minima diurnes , soit de la combinaison de plusieurs heures d'observation inégalement éloignés du midi, soit d'heures de même dénomination. La méthode des extrêmes diurnes la plus ancienne de toutes, a été facilitée par des thermomètres à maxima et minima , avec cylindres mobiles ou propres au déversement, dans l'ingénieux appareil de M. Walferdin. Quoique en différentes saisons de l'année la supposition que la demi-somme des extrêmes diurnes représente la moyenne de toutes les ordonnées de la courbe de température diurne n'est pas entièrement exacte, la méthode des extrêmes est toujours très - reçommandable.
Poue* combiner des heures qui ne sont ni homonymes ni celles de la plus haute ou plus basse température du jour, M. Schouw l a détenttiné avec un soin extrême les éléments numériques des variations horaires de température poW trois endroits * Padoue, Leith el ApeUrade, placés entre les parallèles de 45° et 56% et fondés sur 28,000 observations partielles , recueillies laborieusement par MAL Toaldo, Ghiminello, BreWstér et Neubef. L'égalité des accroissements et des décroissemants progressifs dans une zone si étendue est extrêmement remarquable. On connaît aujourd'hui les coefficients par lesquels, ebtre les parallèles que nous venons de nommer, on peut réduire la moyenne de chaque heure du jour et de la nuit à la moyenne des températures des mois ou de Tannée entière déduite dé l'ensemble des observations horaires. Cette possibilité d'une réduction précisé est bien précieuse dané la pratique , lorsque l'observateur n'a pas la faculté dé marquer l'état du thermomètre aux heures du maximum et
* Pflanzengeo graphie , p. 57 et 68. Neuber, Coll. met. p. i$8>
du minimum de la température diurne. Il résulte d'une très-grande masse d'observations (par exemple de 28,000 pour Padoue, Leith et Apenrade), que malgré la différence d'une heure entière qu'offrent ces trois points de la Lombardie, de l'Ecosse et du Danemarck par rapport aux époques absolues dont la température, le matin et le soir, représente exactement celle de l'année entière , on trouve la différence de l'époque du matin à celle du soir partout la même, à trois minutes près. Les époques proméridiennes et postméridiennes auxquelles il faudrait observer, pour obtenir, par le résultat moyen d'une seule heure, la moyenne de l'année, se trouvent éloignées à Padoue de nb i4'; à Leith de nh 12'; à Apenrade de nb n;.
Les heures qui représentent le matin et le soir la température moyenne de toute l'année, varient d'ailleurs quelquefois dans des lieux qui paraissent appartenir à un même système de climat. A Leith par exemple, ces heures sont g heures du matin et huit heures du soir, àPlymouth, après 5 années d'observations horaires, 8 heures du matin et 7 heures du soir. La distance de 1 1 heures reste la même : à
Madras cette distance n'est que de îoh. La température moyenne de Tannée correspond aux moyennes de g heures du matin et de 7 heures du soir.
Telle a été la rapidité des progrès de la météorologie sous le rapport des éléments numériques accumulés que nous possédons aujourd'hui, déjà 16 lieux de la terre, depuis les tropiques jusqu'au parallèle de 74 f où, pendant une année entière, le thermomètre a été observé d'heure en heure nuit et jour. Ces lieux embrassent des températures annuelles de — t8%7 à 4- 270,8, de sorte que pour une grand nombre de latitudes isothermes on peut appliquer aux différentes heures de l'observation les coefficients qui réduisent la température d'une heure à la température annuelle de Tannée ou à celle des saisons1.
Un autre résultat numérique, dont on doit la première connaissance à M. Brewster, est le résultat suivant : la demi- somme des tempéra-
• Wilhelm Mahlmann, MitdereVerthe'ilung HcrTVârmeaufder Erdoberflâche, i84o, p. 8, 1 32-1 36. Voici les lieux d'observations faites d'heure en heure : Madras , lat. t3° 5'. — Padoue , lat. 45° *4'. — Pfymouth , lat.