IS
L'UJSIVRRS.
Romains out trouvé partout une répulsion extrême pour ces sortes de divertissements. Les stades, assez nombreux en Asie, suffisaient pour les spectacles nui exigent de l'agilité, de l'adresse et lu courage. Mais ce qu'on aura de la peine à comprendre, c'est que ces mêmes peuples, qui repoussaient les jeux de 1 amphithéâtre , ne se faisaient pas scrupule de former des gladiateurs pour aller les vendre aux Romains. On appelait ces troupes : familles de combattants. Marc-Antoine en fit exercer avant de les envoyer à Rome, où il voulait les faire combattre aux jeux de la victoire rcpbç xo\tç Ir.wlxiwç iyûvaç. Une inscription de 111e de Cos fait mention de la troupe de gladiateurs qui avait para aux spectacles, sous l'archontat de Lucius Paconianus. Antérieurement à l'établissement de la puissance romaine en Asie , existait-il des confréries de gladiateurs qui faisaient leurs exercices aux funérailles ou aux panégyries , ou bien les Romains ont-ils transporté en Asie ces jeux qui faisaient partie de toutes les grandes cérémonies (1)? On ne peut répondre à ces questions que par des conjectures; mais tous les documents fournis par les historiens tendent à prouver que les premiers amphithéâtres de pierre sont des ouvrages tout romains, et dont l'origine ne remonte pas beaucoup au delà du règne de Titus. Auguste avait eu le projet de faire construire un amphithéâtre en pierre (2) ; mais ce projet ne fut jamais exécuté.
Nous savons , au contraire , que plusieurs amphithéâtres de bois s'écroulèrent ou furent incendiés, et causèrent de nombreuses catastrophes.
La construction des théâtres, au contraire, remonte presque aux temps héroïques. Du moment que les combats d'athlètes furent organisés, la construction d'un édifice pour jouir de ce spectacle fut la conséquence de celle des théâtres; il n'est pas étonnant qu'aucun auteur n'ait pensé à signaler cette innovation. Les rois d'Asie, allant en amis
(i) F'oy. l'inscr. de la dédicace du temple d'Auguste à Ancvre , Asie Mineure , t. Ier.
fi) Siu-tour», /// P'esfHtsiano, cap. \.
ou en suppliant réclamer des seeou du peuple romain, étaient toujours coi vies à ce spectacle ; et l'on vit un r d'Arménie , Tiridate , descendre h même dans l'arène, et tuer de sa mai en présence de Néron, deux taureai furieux (1).
Il est aujourd'hui démontré que toi les amphithéâtres de pierre sont pc teneurs au règne des Césars, et < pourrait aller même plus loin, et ai que le plus grand nombre de ces édifie a été construit dans une période assi limitée, et que l'on pourrait renferm en trois siècles.
Le système d'appareil est le sel moyen de juger l'époque de la constrol tion d'un édifice sur lequel il n'exis aucun autre renseignement; et dai toutes les provinces de l'empire roroail les amphithéâtres offrent entre eux mj plus grande ressemblance qu'aucd autre genre d'édifice. !
En comparant un grand norabi d'amphithéâtres, notamment ceux i Nîmes et de Fréjus, de Cimiez(Cemj nelium), l'amphithéâtre Castreose à Rome, et celui de Rusicada en Afrique!
on verra que les dispositions générale sont partout les mêmes, et la coustrod tion n'indique pas une différence d'à!
siècle entre eux.
L'amphithéâtre de Pergame peij être rangé dans la même catégorie; i quoiqu'il soit en grande partie « truit, il en reste suffisamment pool qu'on en retrouve toutes les disposi tions.
S'il est une chose qui prouve corn bien les combats de gladiateurs étaiejj peu goûtés en Asie , c'est la petite dij mension de cet amphithéâtre, dontl* rêne a les mêmes proportions que cellj de Cimiez, petite ville ignorée de lalJ gurie. Plusieurs auteurs, et notammert Tacite (2), disent néanmoins que W Romains ont pris des Étrusques W combats de gladiateurs. Il ne reste efl Asie aucun monument écrit ou fyp qui prouve nue ees jeux aient été el usage avant l'invasion romaine.
L'amphithéâtre de Percame est daw une position qui mérite d'être étudiée,
(x) Dion Cassius.
(*) Annales, liv. XIV, ch. î»o,
ASIE MliNEDUE.
, xrw qu'il cou court à prouver que ; ■ spectacles aquatiques faisaient nér itiIm ment partie des divertissements ! s* Ton offrait au peuple avec les chasfclHles luttes d'hommes et d'ani-
I lepmd axe de l'arène a seulement 41km de longueur, et le petit axe tf aères. L'épaisseur des construc- ^at partout de 43 mètres de large, IV fi donne 136 mètres et 128 pour * extérieurs. La différence n'éqoe de 8 mètres, le monument paraître circulaire; et le grand.
t de gradins, qui, déduction des préctnctioos , devaient s'ésd moins à trente, diminuait enpar Fœifles dimensions de l'arène, constructions du portique d'eusoot extrêmement massives, et pferies se trouvent hors de propor- 1 avec les épaisseurs des pilastres, ijrierie du grand axe offre au con- Bn développement inaccoutumé, ans sa longueur que dans sa larr. Cet axe est orienté, à peu de chose >,Dord et sud ; la galerie du nord qui est à droite) se trouve pour ^m suspendue sur l'abîme. Un ra- WfttMieaissé, et dont les rives sont à je,* prolonge dans, toute la direc- ■■■ k Taxe, il est indubitable que ce ■ Ite km était couvert par un plané*êt (mis, car il n'existe aucun arra- «uii de maçonnerie.
la pénétrant avec beaucoup de difïïftjftésous le sol de cette galerie, 00 ar- |Jt à une porte qui donne dans le gte-fl fallait encore là un système d'es- Utreon de plans inclinés en bois. Il • probable que les gradins étaient de ■fe matière.
k largeur des arcades est égale à gfe des piliers, ce qui donnait à l'édi- « ua aspect assez lourd. Toute la
C Bière précinction était en contredu sol extérieur ; les galeries com- ■naiquaient de deux en deux à cette PrçoDetion. Les autres arcades don- ^wnt accès aux escaliers qui condui- **ût dans la partie supérieure. Il y *«it dans le pourtour de l'édifice garante arcades, plus celles qui com- ■wmqoaient aux axes; mais les ar- ; °d«s du petit axe n'étaient aucune- ■wat distinguées des antres. On remar-
quera dans le plan que les ga'. vi s du grand axe ne sont pas semblables. Ce
3ui prouve que ces galeries ont donné e tout temps issue au ruisseau, c'est qu'il existait à droite et à gauche de chacune d'elles des couloirs qui con-' duisaient dans l'arène. Il n'est pas possible que cette arène, convertie en naumachie , ait présenté assez de surface pour y donner des joutes ; on devait se contenter d'y faire combattre des animaux amphibies, des crocodiles, des hippopotames, que d'habiles nageurs allaient attaquer au milieu des eaux.
Quelquefois des troupes de nymphes, jouant de la conque marine , venaient varier les exercices nautiques.
VE CRATÈBB DE MA.BBHE.
On conservait dans la grande salle d'un bain turc un vase de marbre de grande dimension dont les sculptures avaient de tout temps attiré l'attention des voyageurs. Spon estun des premiers qui aient signalé ce monument. Nous le retrouvâmes en 1837 et vers cette épo-
3ue le sultan Mahmoud fit hommage e ce vase au gouvernement français ; il est aujourd'hui conservé dans une des galeries du Louvre. Ce vase est de forme ovoïde sans base ni col ; il est entouré d'un bandeau sur lequel sont sculptés douze cavaliers courant au galop. Des cannelures et des entrelacs complètent la décoration, qui ne manque pas de grâce. Les opinions se sont partagées sur la destination autant que sur la forme première de ce monument. On voit sur certaines médailles de Pergame un vase d'une forme presque sphérique contenant des palmes destinées aux vainqueurs des jeux. On a pensé que tel avait été l'usage du vase de Pergame. D'autres ont imaginé que le monument était incomplet et au'u avait autrefois une base, un col et des anses ; en un mot que c'était un véritable cratère monumental comme les anciens avaient l'habitude d'en dédier dans les temples ou d'en offrir en présent comme symbole d'une alliance contractée. Les Lacédémoniens, ayant accepté l'alliance proposée par Crésus, firent faire un cratère d'airain orné jusque sur les bords de figures sculptées, et voulurent en faire
ne
L'UNIVERS
présenta Crésus(l). Ces vases étaient destinés à mêler l'eau au vin dans les sacrifices et les festins; leur dimension est à peu près invariable ; ils ont la contenance de six amphores.
Le vase de Pergame fut découvert en 1350 par un descendant du prince de Karasi, nommé Kara Osman Oglou, qui vivait exilé dans un fief des environs de Pergame. Deux autres vases de marbre furent découverts en même temps, et comme ils étaient d'une dimension peu commune et faits d'un seul bloc de marbre, Kara Osman en fit présent au sultan, nui les plaça dans la mosquée de Sainte- Sophie , ou on les voit encore aujourd'hui. Le cratère de marbre étant couvert de figures ne put être affecté à un usage religieux et fut placé dans le bain, où il resta jusqu'en 1837.
(i) Hérodote, liv. I, cfa. 70; *£/</., liv. I, di.5i.
Indépendamment des vases de fo ovoïde gravés sur les médailles, on citer un monument de même fc conservé dans le musée de Munie qui fut découvert dans l'île de Rbo il est décoré d'un bandeau sur le sont représentés des dauphins et de réïdes ; c'est un ouvrage grec. Cet es pie peut donner raison a ceux qui sent que le vase de Pergame est c plet.
Le pays situé au sud du Caïqu au sud-ouest de Pergame a été gardé par quelques géographes anc comme faisant partie de la Mysie qu'à Thyatire, qui, selon Strabon, «< considérée, par quelques-uns, coinn dernière ville de la Mysie; » mais la rt du Caïque, formant une limite géoi phique naturelle, les villes situées au du fleuve seront mieux placées i l'AColide et la Lvdie.