CHAPITRE IV
SIPYLUS TÀNTJLLIS.
^fcuré sur leurs médailles avec *J TDMNEITÛN EPMOS. l'Her- «Teinnites. II faut bien distin- *» ville de la montagne du ■"J qoi se trouve dans la Teu- '* «as laquelle le Gaïque prend **■ Cette chaîne prend naissance J*nts nord du mont Sipylus et ■* unitte orientale de l'ancien ■»oa Pergame. Au nord le mont "* * rattachait à l'Olympe My-
"»**», «y. V> ch. i3.
Si nous avons fixé le fleuve Hermus comme limite méridionale de l'/Eo- Iide pour nous conformer à la géographie romaine, nous savons cependant par Hérodote que l'ancien territoire s'étendait jusqu'à Smyrne, et que cette dernière ville fit même partie de la confédération. Nous devons donc regarder le versant du mont Sipylus comme compris dans l'ancienne /Solide, d'autant plus que les ruines qu'on y rencontre appartiennent toutes à l'époque archaïque et sont même antérieures à l'arrivée des ^o liens.
La partie du mont Sipylus dont nous nous occupons est bornée au nord et à l'ouest par le cours de l'Hermus, à l'est par la rivière de Kara sou, qui passe à Nymphio et va se jeter dans le fleuve, et au sud par la mer et par la grande vallée de Bournabat, qui est le prolongement du golfe de Smyrne. Sur le versant sud de cette montagne, dans la partie oui domine le fond du golfe, s'élèvent d'antiques murailles qui ont appartenu à une ville importante; elles offrent le caractère le plus archaïque, et rien dans ces ruines ne présente la moindre trace de la civilisation hellénique. On y reconnaît au contraire tout le style de cet art asiatique dont on retrouve les vestiges dans les plus anciennes villes de la Cappadoce et de la Phrygie. Des tombeaux en forme de tumulus sont irrégulièrement placés sur les pentes de la montagne, dont le sommet est couronné par une acropole et sillonné par les anciens remparts.
Parmi les tumulus que l'on observe encore, il en est un qui a depuis longtemps attiré l'attention des antiquaires.
Une tradition qui a fini par s'accréditer le signale comme le tombeau de Tantale, cité par Pausanias, et l'examen des lieux aussi bien que la comparaison des textes n'eut fait que confirmer cette opinion.
Strabon (1) est le premier auteur qui parle des tremblements de terre de Si- Ci) Liv. I, p. st.
L'UMVKRS.
pylus et du lac qui surgit à sa place. « Et Sypilus fut englouti sous le règne de Tantale, et les marais ont formé des lacs. » Il revient sur ce sujet une seconde fois (1), et dit qu'il ne faut pas regarder comme une fable ce qu'on raconte du mont Sipylus et de son bouleversement. Pline (2) fait allusion aux mêmes événements en ces termes :
« Ont été englouties les villes de Daphnus et d'Hermésia, et Sipylus, qui s'appelait autrefois Tantalis, capitale de la Mœonie. C'est là que se trouve aujourd'hui l'étang Salé. » Il est à remarquer que Pline vient de décrire le golfe de Smyrne et Clazomène; ces lieux n'en étaient donc pas éloignés, et c'est de là qu'il reprend la suite de sa description : « En revenant de douze milles en arrière... »
Dans un autre passage (3), il revient sur ces phénomènes géologiques :
« La terre en s'affaissant a englouti la haute montagne de Cibotus avec la ville de Curis, Sipylus dans la Magnésie , et antérieurement, dans le même endroit, la célèbre ville qu'on appelait Tantalis. » Le territoire de Magnésie s'étendait en effet jusqu'au Sipyie (4).
Pausanias donne plus de détails sur la topographie de Sipylus , et ces détails sont tout à fait conformes à celle de la ville ruinée qui domine le £olfe de Smyrne (5). « Il y a plusieurs preuves du séjour de Tantale et de Pélops dans notre pays; on voit le port ( Xijjl^v) de Tantale, qui a reçu le nom de ce roi, et son tombeau, qui est remarquable. On voit aussi le trône de Pélops dans le mont Sipylus; sur le sommet d'urie montagne est le temple (Up<Sv ) consacré à la mère des dieux, Plastène. En passant le fleuve Hermus, on voit à Temnos une statue de Vénus... » etc.
La description de Pausanias est des plus conformes, non-seulement à la topographie des lieux, mais encore à la carte générale ; car de ce point, en suivant la carte, on va droit sur Temnos,
(i) Liv. XU, p. 579.
(a) Liv. V, ch. «9., (3)JLiv. II, ch. 41.'
(4) Strabon, XII, p. 571.
(5) Liv. V, ch. i3.
soit que Ton place cette ville à Menimi où à Guzel hissar, comme je l'ai pr posé plus haut.
L'emplacement du Hiéron est on !
peut mieux déterminé , « sur le sol met de la montagne ; » enfin le li dit « le trône de Pélops » se reconnu dans une localité voisine.
Pausanias (0 revient encore sur sujet de la sépulture de Tantale, Glsj Jupiter, en visitant les tombeaux <H gos. « J'ose assurer, dit-il, que ce toi beau n'est pas celui de Tantale, (ils Jupiter; car j'ai vu son tombeau mont Sipylus, et c'est un monume remarquable ( 8eôfç dR-tov ). » C'est pr que la même expression dont se s Hérodote en parlant du tombeau d' lyatte, qui était aussi un tumulus
Le tremblement de terre de Sipy et le lac qui s'est formé sur l'empl»
ment de la ville sont des faits trop i néralement attestés, pour qu'il soit m sible de les révoquer en doute. Pline!
dit que l'étang (stagnum, bien d férent de lacus ) avait été nommé ù\ Pausanias , après avoir développé !
théorie des tremblements de terre [i ajoute : Idée, ville située sur le md Sipylus, fut abîmée de la sorte; Fe| qui sortit de la montagne engloutitj ville, et forma un lac (Mjivrj que " nomme Saloë.
Il est une autre observation à sur le texte de ce passage. Pour di gner le lac Saloë, Pausanias se sert mot A({ivt), c'est le marais dontj»| Strabon; c'est aussi le lac Salé | Pline. Ne doit-on pas en conclure q| dans un passage précédemment Pausanias a voulu parler d'autre <
Sue du stagnum Sale. Gédoyn a uit le port de Tantale. En effet.
tous les lexiques, le mot \ipfy ®/F un port; c'est le mot Xijivtj qui ' dire un étang, un lac. On ne corn vrait pas pourquoi Pausanias se seij servi de deux mots qui ont un sens différent, pour désigner la me chose. D'ailleurs l'étang s'appelle i gnum Sale ou Saloê r , mais non 1 stagnum Tantall. En disant At^v T
(1) Liv. II, cli. ?a.
{%) Liv. V, ch. «9.
(3) Pausanias, Liv. VII, du «4.
m. Pmanias a donc voulu, en Apierd'nn port de mer : l'ins- MnseoJe de la carte suffit pour eu piiot Le port de Tantale était pkm les deux caps qui s'avancent «siTtst-ii pas évident, pour tous m* ont la moindre notion de la
S perçue, que le même auteur, ITot&oo Xijujv, et A((iVT} 2afci «oalu parler de deux choses dif* te? Je crois donc, d'après Pins- ■ des lieux, comme d'après le * Pansanias, qu'il faut traduire :
ftieTantale. La position de Tan- *r la rive nord du golfe de Smyrne iprait naturel lement pourquoi i, dans son chapitre 29 , si soucié, après avoir mentionné Claet les villes de la rive sud , immédiatement à ladescription de