CYMÉ
Deux chefs seoliens, Clévas et Ml laùs, étaient partis en même temps <ro Penthile pour aller s'établir sur I côtes d'Asie. Ils fondèrent Cymé, qj devint la plus célèbre et la principal ville de la confédération , et pour s rappeler leur ancienne patrie, ils doj nèrent à la nouvelle ville le surnom d Phriconis, du mont Phricium en U cride (4). Suivant Strabon et Mêla, ( nom de Cymé lui fut donné par ujj Amazone (5). A cette époque, la trj tion mythique des Amazones était f toute son expansion, et un grand n bre des villes de ces côtes, Smyr»« Ëphèse , Myrina , sont censées av< reçu leur nom de quelques-unes de < héroïnes. Cymé fut fondée vingt -
(1) XIH, 6*3.
(a) Pline, V, 3a.
(3) Tacit., Annal., II, 4;.
(4) Strab., XIII, 620.
(5) Mêla, l,i8.
[an fie las iEoliens forent établis à [Moi, et Smvrne fut bâtie dix- huit f§jm lard. Le commerce que faite peuples pélasges avec les s profita aux nouveaux colons, ent leurs possessions au delà i de l'iEolide. Us allèrent rte mines de fer du mont Ida nt Cébrène (fl. Les Cyl étaient principalement adonnés et se rangèrent volonsotis l'autorité des rois de lïk trouvaient dans cette nouvelle i de grands avantages à se faire du commerce intérieur aTec les contrées de l'Oc-
soumission à la Perse ne les pas de conserver une cerk indépendance dont les Cyméens : la preuve dans une circonsi reportante. Le Lydien Pactyas, "■m par le satrape Mazarès, i ia prise de Sardes , vint cherrefuge à Cymé : Mazarès fit r le fugitif; mais après avoir l'oracle des Brancnydes, les i refusèrent de livrer leur hôte, limitèrent les moyens de passer ■ta* et de là à Chio; c'est dans *fcf« Pactyas fut livré aux Peri spm avoir été arraché de l'asile 1 avait cherché dans le temple de "TrPoliade.
(le règne de Darius Cymé fut
cent incorporée à la satrapie
tique et gouvernée tyranni-
t par des satrapes. Pendant les
fomentés par Aristagoras, fils
tyran de Milet, les Cy-
Siatisfaits de l'indépendance dont
ent, se contentèrent de dé-
r Aristagoras et de l'envoyer en
laotiens prirent une part indicé ia révolte d' Aristagoras, et les ^Qx lesbiens, au nombre de dix, se trouvaient en ligne de s devant l'île de Ladé. Ils poul foire pencher la victoire du côté 'Orées; mais au premier engage- ■J 3s prirent la fuite et rentrèrent à Cette velléité d'indépendance 1 remarquée par les Perses, et le sa-
(*j Hérodote, Vie d'Homère, ao.
W livraison. (Asis Minedbb.)
trape de Lydie Artapherne marcha sur l'iEolide et soumit toutes les villes (1). Cette campagne était surtout entreprise contre Hystiée, qui avec ses Lesbiens faisait des descentes sur les côtes de l'iEolide pour se procurer des vivres. Cymé resta soumise aux Perses jusqu'à la chute de Darius, et c'est dans son port que se retira le reste de la flotte de Xerxès après la bataille de Salamine (2). Pendant toute la période qui suivit les sanglantes batailles contre les Perses, jusmrau moment où la résistance de Mithridate et le soulèvement d'Aristonic suscitèrent de nouvelles guerres, « les Cyméens restèrent tranquilles (3). » Ce mot de l'historien Êphore, rapporté par Strabon comme une raillerie, montre la grande différence qui existait entre le caractère des iEoliens et celui de leurs voisins les Ioniens.
Successivement soumise aux rois de Syrie et à ceux de Pergame, Cymé passa sous la domination romaine avec ce dernier royaume; mais elle conserva toujours une apparence de liberté. Le tremblement de terre qui ravagea l'iEolide, sous le règne de Tibère, se fit également sentir à Cymé; elle fut restaurée par la libéralité de l'empereur. Apres la division des provinces faite par Dioctétien , elle fut comprise dans la province d'Asie sous la métropole d'Ephèse (4). Quelques inscriptions, tirées des ruines de Cymé, attestent qu'elle était organisée aaministrativement comme la plupart des villes d'Asie ; elle avait les conseils du sénat et du peuple , et les magistratures secondaires. Les temples, le gymnase, les portiques sont mentionnes dans ces inscriptions. Au cinquième siècle elle avait le titre de ville épiscopale. Maximus. son évéque, assista au concile d'Épnèse. Le voisinage de Phocée et surtout de Phocée-Ia-Neuve , bâtie par les Génois, fut aussi fatal à la ville de Cymé que les alluvions qui comblaient peu à peu son port. Le commerce de transit, qui pendant plusieurs siècles s'ô-
(i) Hérodote, VI, i4-3o.
(a) Hérodote, VIII, i3o.
(3) Strabon, XIII, 6a3.
(4) HiéroclèsWesseling» p. 66 x.
L'UNIVERS
tait fait par cette voie, avait pris une nouvelle direction. Cependant on sait que Cymé jouissait encore au commencement du quinzième siècle d'une certaine prospérité ; elle était tombée entre les mains de Djounéïd, émir rebelle, qui s'était emparé de la plus grande partie de l'iEolide, et qui taisait la guerre à Mahomet 1er. Le sultan vint assiéger Cymé en 1413, s'empara d'assaut de la forteresse, qui fut démantelée; la garnison fut égorgée, mais le vainqueur laissa la liberté aux habitants, qui se répandirent dans les villes voisines. Le commandant était un Albanais , qui se retira près de Djounéïd pour continuer la guerre. Mahomet I*r le poursuivit, s'empara de Ménimenetde Nymph&um, et annexa toutes ces villes aux possessions ottomanes. Depuis cette époque la ville de Cyme est demeurée complètement oubliée. La population, chassée par le mauvais air que répandent les marais environnants , s'est éloignée peu à peu, et ce qui restait debout de l'ancienne ville a fini par tomber en ruine.
On cite parmi les hommes célèbres qui naquirent à Cymé le père du poète Hésiode et Mélanopus, père deCrithéis, qui fut la mère d'Homère. Hérodote rapporte que le nom du grand poète est tiré de la langue des Cyméens, chez lesquels le mot Homéros signifiait aveugle (I).
L'historien Ephore, disciple d'isocrate, était aussi natif de Cymé.
Tout le territoire de cette ville et les contours de l'ancien golfe de Cymé ont été tellement modifiés par les alluvions, qu'il est impossible aujourd'hui de se rendre compte ni de la disposition du port ni de la position de la ville. On ne peut avoir cependant aucune incertitude sur son emplacement, attendu que les terrains qui avoisinent une pointe de terre près du village de Nainourt ont fourni plusieurs inscriptions et des décrets des habitants de Cymé.
11 est probable que le voisinage de la mer a facilité l'enlèvement des ruines.
Les habitants du pays sont encore dans l'usage de considérer les anciennes villes comme des carrières ouvertes pour leurs constructions.
(i) Hérodote, V te <f Homère, ao.
LARISSA. — TBMH08.
Plusieurs villes de l'iEolide ritt»
dans l'intérieur des terres n'ont | laissé de vestiges appréciables; m devons seulement chercher à dét miner leur emplacement. La plus lèbre de ces villes. Larissa, fondée les Pélasges, était a 70 stades à Pesj Cymé. Les jEolienss'enemparèrenta sitôt après leur débarquement, et o tonnèrent dans le pays nouvelleroj conquis les Pélasges qui avaient i vécu à la prise de Larissa. Cette < nière ville reçut comme Cymé et p la même raison le surnom de FI conis.
Larissa prise, les Pélasges n'étai pas encore soumis, et les iSoliens a truisirent à mi-chemin de Cyœ< ville de Neontychos , destinée à me la côte à l'abri des incursions des lasges. Ces deux places étaient bien tifiées, et en observant avec quelqw tention le pays tel qu'il est aujourdl on peut retrouver remplacement Larissa dans les moutagnes au nord Guzel hissar. On ne doit pas y d« vrir de ruines romaines, car sots règne de Tibère cette ville était serte.
Ces deux villes étaient situées la route qui mène de Cymé à Smyi c'est celle qui fut suivie par Bon dans son voyage à Cymé (i). Aqji d'hui on ne suit plus cette route; continue au bord de la mer par Gt hissar et Menimen.
Après avoir franchi le Kondc Tchaï , on aperçoit dans l'éloignea le village de Guzel hissar, bâti au s met d'une colline rocheuse. Tout terrain est bien arrosé; aussi t fréquenté par les tribus nomades, de ses fontaines est située près a enceinte consacrée à la prière des sulmans; on y trouve plusieurs I ments d'architecture en marbre b et quelques débris d'inscriptions; l d'elles rappelle la consécration 4 autel par la prêtresse Anthis ; de gfj blocs de pierre équarris sont les ind de constructions plus importantes vées en cet endroit. 11 convient à)
(i) Hérodote, ibtd.
la place de la ville d'£gse (ira) qui était dans la partie montante de IVfioiide, et située sur la ^fcCymé à Smyrne.
ïcaaos, la dernière des villes de la ^fanoo aeolienne, était située, ni table de Peutinger, à trentejailtei de Cymé, c'est-à-dire à !*ltt. Cette distance nous mèneifelà de Ménimen ; il est à croire
* a* exagérée. Le village de imbt, près duquel on trouve dif-
* ranges d'antiquité, et qui est «r une colline escarpée, rém à l'idée qu'on doit se faire tilte de Temnos. Strabon nous ; à ce sujet une indication topo-
JJM qa'on peut regarder comme K Dour remplacement de Temfl&fr- « Ces deux villes, dith aont situées sur la hauteur qui jjj» territoire de Cymé, celui des J«* celui des Smyrnéens, et le «.«quelle coule l'Hermus. » Il est ■■possible de songer à mettre «sur remplacement de Meni- ^râqoe cette dernière ville est a nie gauche du fleuve. L'indi- « Pausanias n'est pas moins ^îjj part de Smyrne en décri-
■/!£? tt aJoute ; * Quand on a lîynns, on voit une statue de ».i Temnos (2). » Les Temnites, *» que les nomme Etienne de ft) avaient certains droits sans •Péage sur le fleuve Hermus,