CHAPITRE VII
LYDIE. — MAtONIE. — MIGRATIONS DBS LYDIENS EN ASIE. — TB1BUS M/KON1ENNES.
Lorsque les tribus thraces passèrent le détroit pour aller s'établir dans la Chersonnèse d'Asie, ces hordes, alors sans nom se distinguèrent entre elles par
Îraelque caractère saillant tiré, soit de eur langage (l), soit de leur campement . primitif (2), soit enCn du nom de leurs chefs (3). Ceux des Thraces qui furent dans la suite appelés Lydiens arrivèrent en Asie avec les Mysi, et comme ils étaient sous la conduite d'un chef du nom de Maeon , on les appela Maeoniens. Ils parlaient la même langue que les Mysi ; laissant ces derniers s'établir sur la côte, les Maeoniens pénétrèrent plus avant dans l'intérieur du pays, et s'installèrent dans un canton fertile entre les fleuves Hermus et Méandre. Ce canton prit le nom des nouveaux habitants et fut appelé Maeonie.
Strabon, qui expose la marche des
(i) Slrabon, XIV, 66a.
(*) Id.,XII, 57a.
(3) Hérodote, VII, 74.
Maeoniens en Asie, n'oublie pas de d qu'il a puisé ces traditions chez les éc vains nationaux , Xanthus de Lydie, Ménécrate <FÉlée, dont le témoigi est d'un grand poids; il s'ensuit <j la souche de la nation lydienne est ginaire d'Europe.
Ces migrations eurent lieu longtem avant la guerre de Troie , et d'après marche ordinaire de ces migrations, 1 doit penser que les Maeoniens ont pi cédé les Mysiens dans leur installât) sur le continent d'Asie. A défaut renseignements plus précis sur l'ami des Maeoniens, les cnronologistes p cent cette migration dans la premii moitié du seizième siècle a%ant not ère. Déjà les Pélasges et les Lélèges cupaient certaines parties de la 0 occidentale, et les régions du sud était habitées par des familles de race phà cienne qui étaient venues dans l'intérifl par les ports de la Lycie.
Les Cariens, sujets de Minos, étai maîtres du sud-ouest de la presqu Il se Gt une fusion de ces diverses pulations, qui, n'ayant pas d'intérêts posés , vécurent en bonne intelligence unis par une communauté de religion, ils finirent par se regarder comme de même race. Les Cariens étaient cependant venus de la Crète , mais cette mi- § ration était si ancienne que du temps 'Hérodote ils se regardaient comn»
autochthones.
Au nombre des tribus qui s'allièrent avec les Maeoniens il faut compter les Cabales, qui ont occupé la région nord de la Lycie, à laquelle ils ont laissé le nom de Cabalie Ces Cabales étaient originaires d'Afrique; Hérodote (1) les décrit aiusi : « Les Cabales demeurent vers le pays des Auschises : ils s'étendent sur les côtes de la mer vers Tauschires, ville du territoire de Barka. > Les Maeoniens s'unirent avec ces peuplades, qui furent appelées Cabales- Maeoniens, ou Lazoniens ; on les retrotw sous ce nom dans le dénombrement à l'armée de Xerxès (2). Ces faits, qui m sont contestés par aucun des écrivain:
anciens , servent à faire comprendre l'ai liance intime qui existait entre les peu
(1) Hérodote, IV, 171.
(a) Hérodote, VU, 77.
ifcla Carie et ceux de la Lydie, et
Et influence cette alliance eut sur
fnrt êts villes ioniennes lorsque
efe Lydie échut à la race des
i d'Hérodote la Cabalie était te pr ces Méoniens Cabales , qui "paient, par quelqne différence je, des Lydiens et des Ca riens, fils étaient limitrophes (1).
o, qui mentionne aussi le petit : t> Cabalie, identifie ces nabi- (ficelés Solymes d'Homère (2) :
dire qu'il les considère * de race phénicienne. La langue ' ot les Méoniens est sans aud'origine thraciqoe; on lui aussi le nom de langue myelle était parlée par les Ly- 1(3); les Ciby rates Cabaiiens parte langue lydienne (4) : ils faisaient liage de la langue grecque et de " s Solymes (qui était sans doute sémitique). « Les Méoniens ntaussi la ville de Termessus, b, dit-on , par les descendants . «Lydiens qui vinrent occuper Ca-
"lApâtie occidentale de la région *~î m dans la suite appelée Lydie hfeée dans le voisinage de la côte. ' époque les colonies ioniennes il pas arrivées, les Pélasges et les ; y possédaient quelques villes.
Ut saurait cependant assigner de lii positives à cette province; les riens anciens se taisent sur ce su- LOd peut cependant être certain que des Lydiens était inconnu du i de la guerre de Troie, car Home fait jamais mention de ce peumais compte les Méoniens au ire des allies de Priam. « Les Gis ■Némène, Antiphus et Mes t h lès, qui ^rmt le jour près du lac Gygée, guilies Méoniens, nés au pied du Tmoi$. > Cène région est celle qui plus informa le cœur de la Lydie, et on voit ptpB ee passage que le lac Gygée, qui
'0 Hérodote, m, go; VII, 77.
W Staboo, XIII, 63o.
U) Strabon, XH, 57a.
(4) Stnboo, XII, 63t.
(>) Sbiboo, XIII, 63o.
W Honère, /&«*., II, 8Ô4.
fut appelé ensuite Coloé, existait au temps de la guerre de Troie : il ne peut donc avoir reçu son nom de Gygès, le premier roi Mermnade, qui vivait à la fin du huitième siècle avant notre ère. Aux fils des Pylémène s'était joint un autre chef de Méoniens, Iphition, fils d'Otrynthe, né « dans la ville opulente cfrlyda, au pied du Tmoius, couvert de neige (4 ) ; » ( cette épithète homérique est conservée par les Turcs au mont Tmoius, qu'ils appellent Bouz-dagh, la mon- • tagne de la glace). Il avait vu le jour près du lac Gygée, aux bords du poissonneux Hylius et de i'Hermus impétueux.
La Méonie était donc bornée au sud par le mont Tmoius; elle s'étendait à l'est jusqu'aux montagnes de la Catacécaumène , au nord jusqu'au Caystre, et à l'ouest elle était bornée par les possessions des Pélasges, où s'établirent les j£oliens et les Ioniens. A l'époque de l'invasion des Cimmériens, la Méonie portait aussi le nom d'Asie (3), qui selon quelques écrivains aurait été donné par les Grecs à tout le continent.
La Méonie s'étendait au sud jusqu'au Caystre , « dans la prairie asienne près des bords du Caystre ; » au nord elle était baignée par le fleuve Cogamus. l*a ville de Méonia, capitale du pays, était, selon Pline (3), près de ce fleuve, puisque les Mxonii étaient voisins des Tripolltaniy dont la position est connue.