CHAPITRE XII
INVASION DES CIMMÉRIESS.
Déjà ces hordes nomades partij des bords de la mer Caspienne avaiei entrepris des expéditions sur les côti de la mer Noire. Elles s'étaient emparé de Sinope et avaient fait une irruptk en Lydie. Leurs troupes arrivaient l'improviste au milieu des campagne livraient tout au pillage, et se retiraia au milieu des camps retranchés qu'i avaient établis au moven de leurs du riots ; une autre troupe de nomades, l< Trères, accompagnait les Cimmériens les premiers ont laissé dans la mémoâ des écrivains anciens une réputotia de férocité incomparablement pte grande que les Cimmériens ; ils onttn versé la Lydie, et ont ravagé de fond e comble la ville de Magnésie sur le Méai dire (1); leur apparition en Asie causa chez les populations une profonde ta reur, et a peine osait-on leur résiste) Les Cimmériens s'emparèrent delà ni de Sardes; mais incapables de se rend!
maîtres de la citadelle, ils abandonnera leur conquête. Quelques voix cepend»
s'élevaient pour conseiller la résistance Callinus à Ephèse composa des hymne pour réveiller le courage des citoyens Au même moment les Cimmériens ai saient irruption dans la ville; mais, par li protection de la déesse, le temple fo préservé. Les Orientaux donnaient 1 nom de Sakai aux tribus scythes q« habitaient les montagnes (Koh) de 1 Oimée , et ces hordes étaient connue sous le nom de Kôh-Sakai, Scythes de montagnes, d'où les peuples moscovite ont fait le nom de Kosaques.
Les Cimmériens arrives en Asie sou le règne d'Ardys y séjournèrent p^o dant Tes douze années du règne de Sa
Ci) Strabon, XVI, 647.
. ib fanal expulsés par AJyatte,
k Crésus, vers Tannée 606 avant
ère. Sadyatte, fila d'Ardys, monta
tetrioe en 631, il régna douze an-
basant toute cette période l'his-
Ksentionne aucun fait remar-
rest assez dire qu'il conserva
pâtes faites par ses prédéces-
JiPhrym'e jusqu'au fleuve Halys
pouvoir des Lydiens, et déjà on
écrire : Balys amnis qui Ly-
terminal {!).
AJyatte fils, de Sadyatte,
kir le trône , la ligue ionienne
pmr ainsi dire rompue; Milet res-
ile, mais sa puissance était telle
Lydiens, inhabiles à la mer, ne
s'en rendre maîtres. Fidèles
de ses prédécesseurs , Alyatte
rça la guerre contre les Ioniens,
de Smyrne, et entreprit la con-
deliHet.
onze années consécutives ait résister aux attaques des rois de enfin un secours inattendu arri- Grecs, et forçait les Lydiens de k paix avec eux.
IS^arition des Mèdes en deçà du ■ft Halys mettait en danger lNexisssflîe de l'empire de Lydie. Les éaient maîtres de toute la haute ,iTmive était tombée en leur pou- Ea 606 Cyaxare, fils de Phraorte t-fib de Déjocès, avait fait alliance Sabonassar, roi de Babylone, et princes d'Ecbatane se regardaient ne les successeurs des rois d' Assyla Cappadoce était devenue vassale 'Médieet, sous prétexte de réclamer lues scvthes transfuges, Cyaxare déclaré' la guerre à Alyatte. Mais tiojrame de Lydie, qui s'étendait de vnifysie au Taurus, pouvait opposer * Medes des peuples aguerris : ces •Jjere avaient pour alliés les peuples *ftnn et de la Mésopotamie. Le prince fcGlitie Syennesis, le roi de Babylone ubf&ete étaient au nombre des alliés, jjid'accord pour abaisser la puissance Tvnoe. Alyatte avait son armée compte des Mysiens et des troupes éoi^ms, et surtout de ces audacieux Caba», dont la vie était un perpétuel
combat; la guerre se prolongea pendant cinq années, et finit par un événement qui a eu un grand retentissement dans l'histoire , et qui a causé bien des soucis aux savant8.et aux astronomes. Au commencement de la sixième année, au moment où les deux armées étaient au plus fort de la mêlée, une éclipse de soleil vint changer en nuit la lumière du jour, les Mèdes frappés de terreur, suspendirent le combat. C'était un usage chez ces peuples de ne combattre qu'eu plein jour; effrayés, par ce qu'ils regardaient comme un prodige, les Medes songèrent à conclure la paix ; les princes de Mésopotamie furent chargés de la négociation, et Alyatte en garantie du traité donna sa fille Arienis en mariage à Cyaxare (1).
L'éclipsé de soleil qui donna lieu à la paix entre les deux peuples a été le sujet des observations ae plusieurs savants qui ne sont pas tombés d'accord.
Il doit en ressortir une date précise, qui fixerait astronomiquement le règne d'Alyatte et celui des princes oui ont concouru au combat ; elle avait été prédite par Thaïes de Milet. Pline place cette éclipse dans la quatrième année de la quarante-huitième olympiade, soit, selon Curtius (2), le 28 mai 585 avant notre ère : alors Thaïes aurait été dans sa cinquante-quatrième année; mais comme Cyaxare est mort en 595, il faudrait supposer, que le roi des Mèdes était alors Astyage et non pas Cyaxare , et que le roi de Babylone était Piabucodonosor. Les chronologistes modernes hésitent entre le 3 février 625 et 608 avant notre ère, mais alors se présentent d'autres difficultés, qui n ont pas encore été résolues (3).
Alyatte avait épousé deux femmes, l'une de race carienne, l'autre de race ionienne : il eut plusieurs enfants. Crésus, fils de la carienne, avait été élevé dans les honneurs du commandement. Il avait été nommé gouverneur de la Mysie ; ce fut lui qu' Alyatte désigna pour son héritier. Alyatte avait eu de sa femme
(i) Hérodote, iiid.
(0 Lettre de Darius à Alexandre, au.
Q.C*t,ïf.lVf n.
WLtoraUo*. (Asie Mineure.) t. ii,
Curtius, griechisebe Geschichte , t. I, p. 473.
(3) Voy. Hérodote, trad. de Miot, t. I; p. 19a, 193.
byGoo^îe
«a'tlfttVKRS,
ionienne un autre fils, nomméPantaléon ; à peine arrivé sur le trône, Crésus le fit mettre à mort avec ses partisans : ainsi se perpétuait dans la famille royale cette haine des deux races qui fut la perte des Grecs de, l'Asie.
Alyatte mourut après un règne de cinquante «sept ans. 11 laissait un royaume florissant, dont la richesse surpassait celle de tous les peuples voisins. Le peuple lui éleva untombeauet chaque classe de la population y concourut : à cette œuvre les courtisanes lydiennes y apportèrent la plus grande part. Le tombeau d' Alyatte fut élevé en forme de tumulus; ce monument existe encore :
nous l'examinerons en étudiant la plaine de Sardes.