CHAPITRE XI
CHUTE DBS BOTS HÉRACLIDES LYDIE. — AYÉNBMENT DBS MB!
H A DBS.
Pendant les premières années oV dynastie des Héraclides la puissance syrienne n'avait fait que s accroître sous les descendanst de Ninus ft Bélus la Lydie était sinon tributaire, moins une alliée fidèle de cet emp L'influence des Assyriens sur les ro] mes de l'Occident, de l'Asie Mina s'était manifestée au moment de la pi de Troie , puisqu'ils avaient envoya prince Memnon au secours du Priam. Les rois de Lydie, autant p se mettre en garde contre les Assyri que pour veiller à leur sûreté pars nelle, appelaient à leur service Grecs, qui commençaient à devenirnj breux sur les côtes d'Asie , et ces è niers savaient profiter de leur petit dans le royaume pour gagner une fluence qui mettait entre les mains leurs chefs tous les ressorts du çow nement. Les Gariens étaient poissa
r de Candaule, et Gygès, fils de . Caries d'origine, commandait ^k les pins aguerries, i récits d Hérodote nous montrent ! de Candaule, motivée par une t de sa femme, la reine Nysida .
irlristorien veut être fidèle aux i de son récit ; il veut que dans - — ; événements de 1 histoire femme soit toujours là les événements. Si la de Candaule n'eût pas déjà été dans les conseils des gardes cala révolte de Nysida contre réidée du roi Candaule n'aurait i pour résultat de changer* la dy« des rois de Lydie, et le chef des suis autre appui que celui de ne serait pas monté sur le qui irrita « les Lydiens mécon- (1), ce fut surtout l'attitude des et le secours que le nouveau roi lt de sa nation. Avec Gygès les avaient le pied sur les marches de Lydie , et la double hache, de la puissance des Héraclilussi l'emblème adopte en Carie.
&&nce lydienne s'étendit alors a côte occupée par les Grecs.
la haine des Cariens contre les «insistait toujours, et dès que Kes d'origine carienne furent ar le trône de Lydie* la pensée «mettre Plonie devint le point de ~ fe toute la politique lydienne, do nord, le pouvoir de ces rois it jusqu'à la Propontide; plunues avaient été fondées par des lydiens, et portaient leur nom.
renir d'une origine commune la Mysiens avait facilité l'union de provinces; une communauté reli- Rsserraît encore ces liens ; on donc d'un côté la ligue des trois , les Mysiens, les Lydiens et les contre les peuples grecs de ; ces derniers possédaient, il ftai, plusieurs places fortes, des villes ritimes dont la prospérité faisait en- !* • leurs ennemis ; ils avaient pour Jfcn Athènes, dont l'alliance pouvait j* être d'un grand secours en cas f«e guerre déclarée ; et sur le contient d'Asie, le temple de Didyme, qui
W Hérodote, I", XIII.
était communaux Éoliens et aux Ioniens, complétait', comme centre religieux, le panionium de Mycale, et réunissait sous ses portiques les alliés des Ioniens, comme le centre religieux de Labranda, portant h son frontispice la double hache d'Hercule, réunissait les confédérés lydiens, cariens et mysiens.
L'antagonisme entre les Ioniens et les Cariens ne venait pas seulement du souvenir des cruautés que les Ioniens avaient exercées en Carie, en assassinant les hommes pour enlever leurs veuves. Il y avait encore une rivalité d'intérêt qui avait pris naissance sur les bords dulîil, où les deux peuples avaient formé des établissements sous la protection des rois d'Egypte. Pendant tout le temps que les peuples de Carie furent exclus de la participation aux affaires publiques, ils s'appliquaient à la fabrication et au métier des armes ; leurs mercenaires allaient servir chez les princes étrangers; leurs négociants faisaient connaissance avec les rivages inconnus, et comprenaient tout ce que les entreprises maritimes pouvaient assurer de jouissance à un Etat; aussi dès qu'un soldat carien fut devenu roi de Lydie, toutes ces pensées se formulèrent autour du nouveau roi , et les villes ioniennes comprirent aussitôt que leur liberté et leur existence même se trouvaient menacées par la nouvelle politique des Mermnades.
En effet toutes les aspirations des rois de Lydie les portaient à créer une nouvelle puissance maritime carienne et lydienne, et à incorporer par la conquête les villes florissantes des Ioniens dans les limites de leur royaume.
Cest ainsi que la chute de Candaule fut pour les Grecs d'Asie le signal d'une guerre prochaine, qui devait ruiner pour longtemps leur commerce et leur
Imissanœ, et finalement les réduire sous e joug des rois de Lydie. Ces princes étaient maîtres de toute la Mysie jusqu'au Rhvndacus. La riche principauté de Dascylium les mettait en communication avec la Propontide et l'HelIespont, mais du côté de l'ouest le territoire ionien les séparait de la mer, les Grecs étaient maîtres de l'embouchure des fleuves de la Lydie. Smyrne commandait l'Hermus, Éphèse le Caystre,
L'UNIVERS
Milet le Méandre , et les troupeaux des des Milésiens allaient paître sur le territoire des Cariens. D'autre part les moyens de défense des Ioniens étaient en partie paralysés 4>ar la jalousie qui •divisait les principales villes. Épbèse et Milet suspendaient toute action commune; les éléments divers de population dont se composaient ces villes formaient des partis hostiles, qui penchaient les uns pour la soumission, les autres pour la résistance. Dans de pareilles circonstances il était impossible de songer à former une armée , les petites villes contenaient des habitants de races diverses, Pélasjzes, Léléges et Cariens qui ne faisaient pas cause commune avec les Grecs.
La race carienne dominait dans les villes situées à l'embouchure du Méandre Milet, Priène et Myus. Les Lydiens étaient mêlés aux Grecs dans les villes de la côte depuis Ephèse jusqu'à Phocée.
Chio et Érythrae formaient un autre groupe, dont les citoyens se reconnaissaient au dialecte, toutes ces populations étaient loin de vivre en parfait accord , et les hostilités s'étaient souvent manifestées par de sanglantes guerres civiles , soit au sujet de l'élection de magistrats, soit par des tentatives de tyrannie que voulaient imposer les partis puissants. Les alliances que les Grecs avaient contractées avec leurs nationaux du continent, n'avaient aucune valeur dans cette occurrence, et l'fonie resserrée dans ses étroites limites sur le bord de la mer ne devait compter que sur le courage de ses vaillants colons. Les villes doriennes, resserrées par les Cariens, ne pouvaient donner aucun subside; c'est dans des circonstances aussi défavorables pour la liberté des Ioniens que Gygès entra en campagne, il marcha contre Smyrne, la ville la plus détestée des Cariens; mais le courage de ses habitants sut faire face à un aussi pressant danger, et les Lydiens furent repoussés. Colophon fut plus maltraitée, la ville tomba au pouvoir de l'ennemi, et les habitants ne conservèrent que la citadelle.
L'expédition contre Milet n'était qu'à son début lorsque Gygès mourut. Ardys son successeur (670) continua la guerre et s'empara de Priene , après une résis-
tance héroïque. La chute de ceH place portait un coup mortel à la ligu ionienne , et la contrée tout entière fl tombée au pouvoir des rois de Lyil s'ils n'eussent été obligés eux-mémi de veiller à la sûreté de leurs propr provinces en résistant à l'invasion d Cimmériens.