I-e temple ionien des Brancbydes
ne fut. pas oublié dans cette profusion d'offrandes; le temples de Delphes el d'autres oracles fomeox avaient dans ces libéralités, une paît proportionnelk à la superstition du nouveau roi. Orgueilleux et craintif, comme les despo* tes d'Orient, Crésus étourdissait la oracles de sesquestiens réitérées; à peiw avaiMl exerce quelque vengeance qu'il m demandait pardon à toutes les divinités, même a celles dont il savait à peine le nom : cette faiblesse de caraetàte devait le conduire à sa perte. Les villes
Grecques avaient vu d'un œil tranquille avènement du prince lydien ; l'or de ses mines s'écoulait lentement, mù sûrement, entre les mains des Grecs, maîtres de tout le commerce de m régions. Éphèse étant arrivée au pi»
hautdegréde prospérité, l'alliance roy* de Mêlas attirait sur elle k faveur da monarque. Pandarus, son neveu, était l'homme le plus influent dans les en* seils de la ville : mais cette ville était toujours libre, elle traitait d'égal iépi aivec Crésus. Sa soumission pacëqœ étant devenue impossible, Crésus pén soumettre les fiers Épbésiens n'eut plus de.ressource que dans In guerre.
L'expédition contre ta Greesd'Ephôe fut. la première entreprise de Groos; malgré les partisans qu'il avait dans h ville , il fat obligé de l'assiéger, et de» les murages cédaient sous l'effort à bélier, lorsque Pandarus eut la pensée de mettre la ville sent kitproteeUoodt Diane , en reliant par une longue eone le temple avec la partie- de la M contre laquelle l'attaque était dirigée cette distance était de oept stades. U ville n'en fat pas moins prise et Créa» se contenta d'emporter un latge tribut, mais laissa les Épbésiens se gouverner par leurs lois. Toutes les: autres vil» ioniennes tombèrent svoeessiveiBeiit as pouvoir de Crésus; mais, loin de leur frire sentir un joug pesant, le prince lydien s'efforçait d'éteindre les anciennes haines entre les différents peuples- Les artistes grecs étaient appelés à sa cour et travaillaient les métaux précieui, que les mines du Tmolua»et d'Astjrrt lui fournissaient avec abondance; <* court moment du règne de Crésus fut la plus brillante période de l'Asie Mineure; les villes grecques étaieetsoaiw*
e, Je commerce avec l'intérieur s'éten- £i jusqu'au* confins de la Babylonie et .iaPeree; toutes les richesses naturel- Wapys étaient mises en valeur, et les
Ï» profitaient de tout ce concours «■stances pour faire leur éduca- * peuple intelligent; les arts de la t et de la poésie puisaient à la asiatique des inspirations nouât sur.les rives du Marsyas on toujours : C'est ici que le roi Midas l'élégie.
par sa politique autant que par fréents habilement distribués avait [lettre lin à l'antipathie qui existait ^ les Grecs et les nations de Test appelaient barbares, Lacédémone été sensible au présent fait par le de l'or nécessaire pour élever la d'Apollon : aussi la proposition faite à cette république fut- Keueillie avec sympathie.
^tfos, maître de l'Asie d'une mer à w jusqu'aux rives de l'Halys, avait pm royaume plus vaste et plus gloqftpe celui de Priam. Les villes d'Iogt^nres^ élégantes et industrieuses, ■**at comme sa couronne maritime ; ■•«te loi fatale qui veut que rien ne **ùble dans les institutions humai- 2fKuôt Crésus, depuis qu'il pos-
fMntQDe marine, à*convoiter les pays *toner. Chypre, qui avait échappe à Jfesapce assyrienne, était alors au Prâtdes Phéniciens : enfin, entre l'HagttfEuphrate il y avait un vaste pays, fw appelle la Gappadoce, et qui était jtola suzeraineté de la Perse ; le roi de gfe longeait à conquérir l'une et •wcontrée et Ton criait dans Sardes :
1 a Mazaca avec Crésus. »
1* oracles interrogés s'étaient bien W» de faire une réponse négative à ^Kstion accompagnée de si riches J2*nts. Crésus conçut le projet <fen- J^Ja Perse, et en trouva facilement •pfeteite dans le désir de délivrer Toréât, Astyage, retenu captif par
J^M songea d'abord a se créer des d» ï v°u?ait compter sur le secours J® «bylonieng aVec lesquels son Pwtte était déjà en bons rapports
22?' u *va*1 au8Si recnercDé ral"
™w Araasis,roi d^pte>4ui<5ûni W «oenuer des Hermnades était monté
sur le trône i la suite d'une révolution soutenue par les troupes grecques. Ces trois Etats comprenaient déjà que l'empire de Perse prenait une attitude menaçante à leur égard : une ligue offensive et défensive pouvait seule les sauver.
Les Perses n'étaient' pas seulement les ennemis, nolitques de ces trois royaumes , et Çyrus ne s'annonçait pas seulement comme un conquérant, mais comme un réformateur religieux. Les Perses ne reconnaissaient qu'un dieu unique et invisible ; ils sacrifiaient à Jupiter sur les sommets élevés des montagnes (1) comme faisaient les Pélasges, mais n'élevaient n| temples u\ statues; ils avaieni autant" dTioJrreur' que de mépris pour le culte " antbroporiiorphique des nations de Touest, etta destruction des idoles était pour eux lin acte méritoire : voilà pourquoi dans la suite de cette' guerre de la Perse contre l'Asie grecque Xerxès déploya sa rage autant contre les temples des Grecs que contre les libertés des villes.
L'alliance de ces trois peuples aidée de celles des Lacédémoniens aurait peutêtre suffi pour arrêter le torrent des peuples de Tlran, si Crésus. 'dans son orgueil n'eut commis une faute irrépâ-' rabie motivée, par la réponse ambiguë de l'oracle.
Nous arrivons, ici au dénouement de.
cette histoire de Lydie,, qui, malgré les lacunes qu'elle présente, nous offre encore le tableau réuni de toutee qui peut faire la gloire d'un peuple, richesse, puissance et poésie. .
Crésus, persuadé qu'il aurait bon marché de l'armée perse, marcha contre Cyrus avec son armée lydienne, et ses contingents de Grecs d'Asie. Parvenu aux rives del?Haty&, il tra verse ce fleuve avec son armée soit sur des ponts, comme le croitHérodote, soit en divisant le fleuve en plusieurs canaux faciles à passer à gué. La marche-qu'il suivait en partant de Sardes était le nord-est ; û arriva au bord du fleuve en longeant les monta-
nqui furent plus tard les limites sud i Galatie dans la région où l'Halys forme un grand coude pour couler de l'ouest au nord, et l'arméegagna la vallée du fleuve d'aval en amont; c'est ainsi
(i) Hérodote, I, i3i.
rOt^ÇU
LUNIVËRS.
qu'il fout entendre les mots d'Hérodote (1). Thaïes imagina de détourner sur ïa droite de l'armée le fleuve qui coulait à sa gauche. LHalys franchi, Tannée lydienne se trouva dans la région appelée Ptérie, pays montagneux qui s'étend jusqu'à Sinope. On reconnaît sans peine le district situé entre la ville moderne de Youzgatt et les rives du fleuve, et dans lequel le village de Boghaz keui, le village du défilé, forme le point culminant. Crésus s'y établit , ravagea les terres des Syriens (Cappadociens), et s'empara de la capitale des Ptériens, dont il fit les habitants esclaves. Hérodote ne dit pas le nom de cette capitale, mais Etienne de Byzance la nomme Ptérium, ville des Mèdes (2), c'est bien la capitale de la Ptérie. Crésus prit de même toutes les villes de l'intérieur et de la frontière, et finit par transporter en entier la nation syrienne. Voilà donc la ville de Ptérium située sur la rive droite de l'Halvs, dans un pays montagneux, ruinée, dépeuplée et complètement abandonnée. Depuis cette époque aucun historien ancien ne fait
S lus mention de Ptérium ; néanmoins , ans la table de Peutinger on trouve une ville du nom de Ptérami, située entre Néocésarée (Niksar) et Tavium ( Nefes keui), précisément à la place qu'occupait Ptérium ; Hiéroclès mentionne cette même ville sous le nom de Pteamaris, il est permis d'y voir le nom corrompu de Ptérium. On doit ajouter que si les ruines de cette ville existent encore, il ne doit s'y trouver aucun monument postérieur à cette époque reculée, mais que tous au contraire doivent porter le cachet de l'art oriental. Nous avons retrouvé ces ruines dans le territoire du village de Boghaz keui, et nous les décrirons quand nous serons arrivés dans la Cappadooe (3).
Cyrus après avoir rassemblé son armée envoya des émissaires dans l'ionie, pour essayer de la détacher de l'obéissance de Crésus ; mais les Ioniens se refusèrent à ses propositions : les deux armées en vinrent aux mains aux environs de Ptérium ( h tij «rcpffl x^Pîl )>
(i) Hérodote, liv. Pr, 75.
(%S Steph. Bft,t voyez Ptérion.
(3) Fvf . Plénum et Boghaz keui.
comme dit Hérodote, et non pas dm les champs de la Ptérie , car cette r gion montagneuse n'offre pas de plaii où puisse se développer une armée.
Le combat fut sanglant, mais sans r sultat , et les deux armées se retirera chacune dans ses cantonnements.
Crésus rentré à Sardes licencia s troupes, et songea à réclamer le secoui de ses alliés pour la campagne pw chaîne ; mais, par une marche rspid< Cyrus fit entrer son armée en Lydie, < la capitale même était menacée aval que les Lydiens fussent rassembla sous les armes.
Crésus, obligé de résister avec l< seules troupes disponibles, et dont | cavalerie formait la majeure partie marcha contre les Perses ; les deux ai mées se rencontrèrent dans la vas!
plaine de l'Hermus, non loin d'une pe tite ville appelée Thymbrée : et peut être la cavalerie lydienne eut-elle di»
perse l'armée de Cyrus , sans un strat* gême qui est resté célèbre.
Harpagus, général mède, sachant combien la vue et l'odeur des chameaux inspire d'effroi aux chevaux, fit placer aa premier rang de l'armée perse, rart troupe de chameaux montée par des cavaliers. L'effet de cette tactique ne m fit pas attendre ; {es chevaux de la w valerie lydienne, effrayés à l'aspect de* chameaux , se ruèrent en désordre iffi uns sur les autres, et prirent la fuite: l'armée lydienne maigre des prodiges de courage fut obligée de battre en retraite, et se retira dans les murs de Sardes.
L'armée victorieuse investit la ville, qui fut prise après quatorze jours «e siège, et Crésus tomba prisonnier entre les mains du vainqueur.
(Test ainsi que s'écroula l'empire de Lydie, après une seule bataille perdue; les peuples divers qui le composaient ne firent aucune tentative pour s'opposer à la domination perse ; loin de II» les Éoliens et les Ioniens, à la première nouvelle des victoires de Cyrus, s'empressèrent d'envoyer à Sardes des députés, pour offrir au roi de se reconnaître ses sujets, aux mêmes conditions que leur avait accordées Crésus ; mas lerw de Perse refusa , et les villes se pwj* rèrent à la guerre pour défendre Je** propre liberté.