‹ Asie mineureChapitre 137 sur 428 · PHILADELPHIE · texte numérisé non relu

PHILADELPHIE

elphie est sitoée à l'extrémité ede la Lydie, à vingt-huit mileSardei, non loin des versants du nii doot elle est séparée par 'une qui ra en s'élevant jusqu'au Mêla montagne. Elle fut fondée par ^tftiladelpne, roi de Pergatne, qui pnsou nom.

Jwdaaon de Philadelphie a été

Ht par sa position stratégique : elle

uteen effet l'embranchement des

Moi de l'orient conduisent d'une

Tilt tallée du Méandre et d'autre

* celle de l1 Hermus, et les siège*

n que Philadelphie eut à sou-

Bfevent que la position était bien

^ On autre motif de créer en ce

- J faste centre de population était

f^ttrême fertilité du pays , qui

■^aui même ne dément pas son

»? réputation.

*■ part ces avantages de position,

Wpaie occupait un sol plus sujet

*«» autre à l'effet des trenible-

*«e terre. Aussi Strabon et tous

iwieorsqui ont parlé de cette ville

at s'étonner que les habitants

«ent à y demeurer.

JWefphie, dit Strabon, est on ne

g* P'us sujette aux tremblements

m • 'jet ,e8 muraiH€8 des mai-k ■s entrouvrent à chaque instant; ■ «ntôt un quartier de la ville, ? on autre qui éprouve quelque !*; aussi ne comprend-elle qu'un «nombre d'habitants : il y a même i* «étonner que ce peu d'hall aunent à rester dans une ville Cfl^ma«ons ne sont pas sûres, KLw??rc Plus donnant que les r^Vsan de Philadelphie l'aient bâtie

sur un tel terrain (1). » Dans un autre passage Strabon a déjà fait la même observation : « Dans Philadelphie, les murailles mêmes des maisons ne sont pas sûres, car elles se crevassent presque tous les jours par l'effet des secoosses, en sorte que les habitants sont attentifs à remédier par un maçon* nage continuel aux accidents causés par la nature du sol (2). » Il est juste de aire que Strabon écrivait sous le règne de Tibère, et c'est précisément a cette époque que l'Asie Mineure fut ravagée par de terribles tremblements de terre, gui se sont renouvelés, il est vrai, mais a de rares intervalles. Philadelphie fut fondée vers l'an 130 avant notre ère ; elle avait donc à peine 160 ans d'existence quand Strabon écrivait ; il y a 1830 ans de cela, et Philadelphie existe encore.

Le système de construction des murailles et des monuments , qui sont composés d'un béton solide, revêtu d'un parement en petits moellons de gneiss, a peut être été choisi dans le but de parer aux secousses du sol ; mais la constitution géologique du pays laissait peu de choix dans la nature des ma* tériaux; on ne trouve dans le mont Tmolus aucune de ces belles carrières dont on peut tirer des colonnes et d'au» très grandes pierres de construction. Il s'en suit que les ruines des anciens monuments qui existent encore ne présentent que de grandes masses, aujourd'hui a peu près informes, et qui n'offrent qu'un intérêt médiocre au point de vue architectural.

La ville est bâtie sur plusieurs collines, et l'enceinte des murailles a la forme d'un grand rectangle presque régulier. L'ensemble des murailles subsiste encore presque en entier; il y a cependant du cdté du nord une large brèche qui forme rentrée de la ville: les anciennes portes sont dans un état de ruine complet. La muraille était défendue par des tours rondes , espacées de vingt à trente mètres.

A la seule inspection des ruines qui subsistent encore, on peut conclure que jamais Philadelphie ne s'est distinguée par la richesse et la beauté de ses mo-

(i) Straboo, XIII, 6aS.

(a) Id., XII, 579-

LTOIfVEHB.

numents. Hy a liétt de croire que «es murs de moellons bruts étaient re* vêtus de stuc et d'enduits qui ont dis* paru; mais dans leur forme actuelle on pourrait difficilement reconnaître leur destination primitive : il n'est pas éton* nant que chaque voyageur ait pu les attribuer selon sa fantaisie à d'ancien» nés églises ou à des temples romains. A l'orient s'élève une coltine, séparée de la ville par un ravin et couronnée . par un système de murailles appartenant à l'ancienne acropole. En examinant le système de fortifications, on doit reconnaître qu'il est bien inférieur à celui de plusieurs autres places de la même importance, car en réalité Philadelphie était la. clef de la Lydie.

Elle avait, il est vrai, un double mur en avant du front de la place, mais H n'était pas, comme à Nicée, défendu par des tours alternant avec celles de la muraille; on voit encore en avant de la ville des traces de murailles au niveau du sol, qui ont peut-être fait partie du système de défense.

Philadelphie fut au nombre des villes romaines d'Asie qui acceptèrent avec empressement la foi chrétienne , et si l'on en juge par les actes des martyrs, les chrétiens de ces régions purent pratiquer leur culte avec assez de liberté. Elle mérita d'être mise au rang des sept églises de L'Asie, et saiut Jean vint lui-même pour y révéler la parole de Dieu. La conduite méritoire des chrétiens de Philadelphie est citée comme un exemple aux autres communautés chrétiennes.

D'après la rareté des marbres dans les ruines de cette ville, on peut penser que les inscriptions y sont en petit nombre : on en cite cependant quelquesunes, qui nous apprennent que les jeux communs de l'Asie se célébraient à Philadelphie.

Les monuments de l'époque byzantine sont aussi pauvres que ceux de l'antiquité; les Grecs comptent à Philadelphie plus de vingt églises, mais il n'y en a pas plus de cinq dans lesquelles te culte soit pratiqué : ce sont les églises de la Panagia , de Saint-Dimitn , de Saint-Théodore et de Saint-Michel. Les chrétiens sont au nombre de trois mille; ils sont administrés par un évêque; le

clergé est nombreux, et lescéré nies religieuses s'y font avec un esc apparat.

Les monuments musulmans i aussi modestes que les monuments « tiens ; on compte une vingtaine de i quées, dent les minarets hlancss'élè au-dessus de la verdure qui les esta etdonnent de loin à Philadelphie l'as d'une ville orientale par excellence

La ville moderne est bâtie parts bois , partie en terre; les maisons i couvertes en tuiles, et malgré leur | vre apparence elles renferment uns pulation active et riche. L'extrême tilité du pays, les troupeaux nombri et l'industrie des tisserands y répa* une grande aisance. La population^ était estimée il y a un siècle de si huit mille habitants, ne parait pas I varié. La ville ne s'est pas étendu!

dans l'intérieur des murs tous les!

tiers sont suffisamment peuplés* Si habitants de Philadelphie paraisses!

très-négligents pour l'embellisial et l'entretien de leur ville, ils ij revanche un luxe intérieur qui WJ l'étranger admis dans l'intimité m milles. Le vêtement des femmes i ques est des plus riches et des élégants; il diffère de celui des feu de Smyrne, en ce qu'il a un cachet oriental ; celui des femmes musuln ne le cède pas, dit-on, en richesse à< des chrétiennes.

Les Grecs ont conservé à cette' le nom de Philadelphie, les Turcs] pellent Ala-cheher, ta ville blanchi ressemblance du mot Alas blanc J celui de Allah, dieu , a motivé untj prise dans laquelle sont tombérf après l'autre tous ceux qui ont éaj Philadelphie : ils ont cru que Ala-4 signifiait la vtile de Dieu, et ontca que ce nom lui était donné en s* nir de l'établissement du Christian»

Les orientalistes , et notamment M Hammer, n'ont pas commis cette reur.

Pococke commet une erreur sert ble au sujet des truites de TOI* (en turc Ahvbalouk, poisson b»" il croit que les Turcs leur donnea nom de poisson de dieu. ,

L'histoire de Philadelphie depfl onzième siècle est vraiment lamentai

ASIE MtiŒURE.

•Wl

«se pneuère apparition dès hordes

«mm en Asie Mineure, cette

•kfc * point de mire de leurs plus

Ééuj» lUiuocs. Prise d'abord par les

Wftiida, die tomba quelque temps

s* m pouvoir des Latins; reprise

liait» Ala-Eddin, en 1300. elle

rise dans le partage de 1 émir

. Le due Roger de Flor réunit

ridpnie et Sardes à la principauté

*&m* que gouvernait Jean Vata-

<h 1306 eUe fut assiégée par Aliau-

•* s'empara des ouvrages avancés,

"k obligé de battre en retraite

i l'armée byzantine; enfin en 1301

uni» sous le pouvoir ottomans

te circonstances qui méritent

rapportées,

titteosioo s'était mise dans la to impériale de Byzance; Andronic l frit Ruftrmr r dans nne prison * l'empereur Jean et sou fils Ma»

ifâ étant parvenus à s'échapper, ** retirés près du suluu des iBiriad Ildirim. Sur i ibialtaa résolut de s'e w, la seule ville byz

des ces entre* emparer de byzantine qui Au*; elle se trouvait resserrée ju Etats de l'émir Aîdin et ceux *** de Brouasa : il réclama le [•» troupes de Byzance.

te* méprisaient cette attaque, qu'une tradition disait que ja- -^Uft ebrétienne de Philadelphie ■wnrit aux mains des Turcs. L* ^gjjtart de la. citadelle répondit •Jjé aux sommations qui lui ■ bûtes de rendre la place; aloss W m ordonné» et pour eomWe de ^ bi troupes grecques couimanpjr Manuel furent les premières "~r a l'assaut. On raconte que furieux de la résistance des . fit Caire un trophée avec des prisonniers. La place, u a ton énergique résistance, obtint iQpttulation honorable, et les chré* "^béaient à cet événement le»

[*8* dont ils ont continué à jouir "^«titane.

JJ* « ehote de Bayazid, Timour ^^Philadelphie, mais la ville OT a une destruction complète.

«usité

roc des domaines V^rl>j«inéid,qm posséda toute ^^;eafia, après la destruction det

ce rebelle elle rentra dans les possessions des sultans.

La position de Philadelphie t au col de partage des, eaux de l'Hermus et du Méandre, correspond assez bien avec celle de la ville lydienne Callatébus, par laquelle se dirigeait l'armée de Xerxès lorsqu'il marchait sur Sardes; aussi quelques géographes (1) ont-ils été tentés d'identifier les deux villes, la raison d'être de Tune et de l'autre ayant été commandée par le même motif, la défense des deux vallées.

On fabriquait à Callatébus (2) une sorte de miel tiré du Myrica et du froment; Les commentateurs ont été embarrassés pour bien définir cette composition; ils ignoraient qu'elle se confectionne encore en Orient, et sous le nom de halua fait tes délices des enfants turcs, comme le pain d'éplce celui de nos entants. Du temps d'Hérodote la base de cette composition était tirée du tmnarisc mannifera, arbuste qui croit encore en Orient, et dont les confiseurs persans retirent une sorte de gomme blanche sucrée et agréable au

Sût : on y joignait du miel et de la •ine.

Aujourd'hui \œhalvadji, fabricants de halva, y joignent de la farine de sésame et du sucre; tout ce mélange, battu dans un mortier, compose une

Ce jaunâtre qui s'exporte jusque dans Iles de la Grèce. Le halva de Philadelphie et celui de Aivali sont renommés en Orient. — Le beau platane dont la vue attira l'attention de Xerxès est encore «ne preuve que la ville de Callatébus était dans ces régions : aucune autre contrée de l'Asie Mineure ne produit aujourd'hui de si beaux platanes.

Le- petit fleuve Cogamus, qui arrose leterritoire de Philadelphie, coule au nord-est de la ville; il est souvent à sec une partie de l'année : il va se jeter dans l'Hermus, à quelques milles à Test de Sardes. Son nom moderne est Couxou lobai la rivière de l'agneau.

(i) Manneit, I. VIII, 360; Hammer, 42*.

0#fM 1ÎY. VI.

(*)Hérod„ Hv.VII, *i.

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