chapitre; xxviu
LÀ CÀTÀCBCÀUMBHB.
Lorsqu'on a franchi le fleuve Cogamus, en se dirigeant vers le nord, on entre dans une contrée dont l'aspect diffère totalement de celle qu'on vient de parcourir ; ce ne sont plus des terrains d'alluvion dans lesquels dominent les cailloux de gneiss et de quartz; les montagnes prennent une teinte rougeâtre et sombre, la végétation arborescente devient plus clairsemée, les sources disparaissent; on reconnaît bientôt les traces des feux souterrains qui à une époque ancienne ont ravagé la contrée et ont été l'agent principal de sa constitution actuelle* Quoique l'action volcanique ait cessé depuis un grand nombre de siècles, les anciens, malgré le peu d'attention qu'ils portaient à la science géologique, avaient fort bien compris Ta nature ignée de ces terrains,
Eersuadés qu'ils étaient que les tremlements de terre ne se manifestaient que par l'action interne du feu. Aussi avaient-ils donné à la contrée qui s'étend depuis Kadi jusqu'à Laodicée d'une part, et depuis Si py lus jusqu'à Synnada de l'autre , Je nom de Catacécaumène (Karaxfxoropivi)), ou contrée brûlée. Les produits volcaniques déposés à différents âges présentent des caractères assez variés pour que l'œil du géologue {misse facilement discerner leur âge reatif. Les plus anciens volcans de l'Asie se sont manifestés par épauchements plutôt que par irruption. La substance qu'ils vomissaient était d'une nature pâteuse plutôt que fluide; elle paraît être sortie de terre par de larges fissures, et couvrait toute une contrée d'une nappe ignée, qui n'a pu qu au bout d'un très-
fand nombre de siècles devenir propre la végétation. La substance ainsi rejetée par ces volcans primordiaux est d'une nature assez uniforme sur toute la surface de l'Asie Mineure. Elle se compose d'une pâte homogène, qui varie du rouge- violet foncé jusqu'au bleu clair, et qui contient un nombre variable de cristaux blancs plus ou moins parfaits de feldspath ; ce sont des tracliy tes proprement dits. Dans quelques-unes de ces roches, on observe d'autres élé-
ments : le quartz hyalin, dont les cri taux forment deux pyramides renvi sées, et l'amphibole, qui est tantôt ait» phe, tantôt sous la forme cTaigoiU très-ténues. Ces trachytes s'approche davantage de la classe des porphyre dénomination sous laquelle ces roch ont été connues jusqu'à ce que la gé logie les ait classées plus positmma L'épanchement de ces roches a da pendant plusieurs siècles ; elles onteej vert une vaste région, et formé des mol tagnes considérables. Elles se sont ë vées en cônes et en pyramides, bu sans jamais laisser de traces de ce q nous appelons un cratère. Souvent Fi tion de ces laves a été si puissant
âu'on a vu des parties de rnootago es roches d'une époque primordial soulevées par l'action au feu, leurs co ches déplacées, et prendre la direeti verticale, en laissant partout des tiai de l'effort immense qui s'était proda Les trachites, en se refroidissant,!
éprouvé dans leur retrait des fissff analogues à celles qui se manifott dans un terrain argileux quittes] L'infiltration des eaux, la désagrégé de la roche, ont bientôt augmentée fissures, qui sont devenues des vallée Cest la première période des feux ( la Phrygie. Il semble, d'après l'iosat tion des terrains, qu'il y eutunesor de repos dans les phénomènes volai ques, pendant lequel l'action du teaq et celle des eaux agirent seules sur a roches nouvelles. Mais une seconde p riode de l'activité des feux se maoifofti les roches trachytiques furent elle** mes soulevées, fendues, brisées, si l'action des laves plus récentes, et** débris, entraînés par les flots ignfcfi sortaient des montagnes, se irowj aujourd'hui mêlés dans les courants ■ lave de fusion, comme les cailloux «i fleuve se retrouveraient mêlés à a eaux glacées. Il est rare que réruptj»
de la lave de fusion n'ait pas été pu cédée d'une éruption de cendres; d presque toujours des couches as* épaisses se trouvent entre le lit tracnj tique et le courant des scories.
C'est à cette seconde époque qu « »
rapporter la formation de ces ffloo»
gnes coniques, véritables volcans, aw logues à ceux de l'Auvergne et de »
ASIE MlNEURë.
, et dont les produits sont identi- ;œsoot tantôt des cendres contées fragments de ponce notre et quelques cristaux de pyroxène roches cristallines ignées, l'agglomérant par la suite des ont formé ces bancs de roche dîme épaisseur quelquefois condans lesquels les peuples prioanquant sans doute d'aqtres de construction, de chaux et de m sont plu à creuser des demeutombeaux et des temples. C'est qu'on peut observer a priori «régions; les peuples qui ont en appareil que nous appelons sont ceux qui vivaient dans calcaires; les peuples qui it des régions couvertes de tuf oot,au contraire, creusé d'inles cellules qui , après tant de sont encore félon nement du qui parcourt l'Asie. Tout le chez les anciens portait le nom ' aumène n'est cependant pas t couvert de produits volca- .
la vallée supérieure de l'Herdescendant de Kadi , offre ça formations de roches crétacées :nt au milieu des trachytes, t comme des îlots sf élevant vaste étendue de terrains ignés, tre de plus, entre le bassin tus et la vallée du Cogamus , telle est située Philadelphie., s et des collines arides qui fermées do terrains trappéens, constitution antérieure aux épannts trachytiques , mais dont rastaux et desséché les a faiteon-
• par les anciens avec les terrains- . *rt volcaniques.
Fovince qui fut appelée par les tti Catacécaumène était si tuée sur Wjères de la Lydie et de la My- 1 n'est donc pas 'étonnant que les
* l'aient attribuée tantôt à Tune, ■ l'autre de ces deux provinces ; """une partie notable de la Phry-
«, tout l'orient de la Phrygie jusqu'à la vallée calcaire de i la pointe septentrionale de la «i un mot tous les affluents su- 1 de l'Hermus et du Méandre, ^partie orientale de ce territoire P^que entièrement composée de
w UoraUon. (Asie Mineube.) t.
terrains trachytiques ; mais les villes de la Lydie se sont élevées au milieu de volcans qui portent tous les caractères des volcans contemporains, et dont les éruptions, quoique tout a fait effacées de la mémoire des hommes , ont dû avoir lieu à une époque assez rapprochée de nous ; car on trouve dans différentes directions des coulées de lave traversant, dans la longueur de plusieurs milles , des territoires que la végétation recouvre, et ne laissant dans toute l'étendue de leur cours que la désolation et la stérilité. Le territoire de Roula est surtout remarquable par plusieurs cônes volcaniques, dont les parties constituantes ne diffèrent en rien de ce que nous connaissons de plus moderne dans les coulées de lave.