CHAPITRE XXXIV
— AÏB1N ÔUSKL-mtSAft.
i une des ville» les plus fleris*
i Ljdie, était située dans la
'rieure du Méandre, sur un
i du mont Messops : elle est
i par la ville moderne de Aïdin
!? en détermine clairement • la la plaine du Méandre, > aux Lydiens , aux Cariens et » de Milet. La ville occupait, ■feaebsnt de la montagne, un ter* •f igure trapéio«te ;la citadelle I par très-bien fortifiée. On et- •ta fondation de cette ville aux Aiw i qu'à quelques Thraeos, qui ~»t le nom de Tralles : c'était > peuplade thrace-, qui avait * coutume de s'engager au service *. Elle portait, aussi bs noms de *a* la fleurie* et de Érymna, U rivière Eafclesi arrosait les r et une fontaine-, du nom de yr-«»i eoalafit mm* l'intérieur de la r6 Sa position entré le port d'Épncse
V»i 1WHv Anm^i^ *»• Pamwiiai, liv.
^VtT.ekn.
et les villes de Tinter tour, a du être de tout tempe favorable au commerce de transit, qui était entre les mains des Grecs : aussi Tralles fu>elle renommée par la richesse de ses /habitants.
Pytbodoge, l'un d'eux* qui était revêtu de. la dignité d* Asjerque, possédait une fortune estimée par Stras** à deux mille talents. ; après, la bataille de Pnarv sale il fut eu hutte aux persécutions de César, qui confisqua ses biens, attendu que Pvthodore passait pour avoir été l'ami de Pompée. Rythedore parvint ce> pendante les racheter, et les laissa à ses enfants , du nombre desquels était Pithodoris, reine de Pont, qui vivait du temps de Tibère.
Méoodare,. autre citoyen de Tralles, qui vivait du temps de Strabon, rem* plissait les fonction! de prêtre de Ju* piler Larissaîus; il fut accusé de sédition devant Domittus i£oobarbua, qui le fit mettre à mort. .j
Les historiens de César rapportent un prodige arrivé à Tralles avant la bataille de Pbarsale. Dans l'aréa du temple de. la Victoire on avait élevé une statue à César; quoique cette enceinte fût pavée de marbre il s'éleva tout à coup une palme qui entoura le piédestal de la statue.
Le roi Àttale s'était fait bâtir dans cette ville un palais* magnifique, dont les suines ne sont pas éloignées de cet* les du gymnase; mais 1 activité que mettent 1rs habitants à détruire les anciens monuments en aura bientét fait disparaître le dernier vestige.
Le théâtre et le stade n'offrent plus, pour ainsi. dire que leur monte ; lepro* scénium et tous les gradins ont disparu.
Le territoire do Traites, comme celui de toutes les villes de cette vallée, était sujet aux tremblements de terre , qui ruinèrent souvent les plus magnifiques édifices ; mais les habitants les relevaient avec nneconstance inébranlable.
Âgathias (1) rapporte qu'un paysan nomme Uiérémon, atttige de voir sa viHe natale renverséede fond en comble, entreprit d'aller trouver l'empereur, qui faisait une expédition dan les Cantabres, et le supplia de rétablir la ville; os qui fut accordé.
(i) Àgathk*, Vkdtfmiinie», y>. il, cfc. *i
L'UNIVERS
D'autres catastrophes ignorées ont dans le cours des siècles causé de nouveaux ravages. Les invasions musulmanes, les incendies et les tremblements de terre avaient concouru pour faire de l'ancienne Traites un monceau de ruines. . L'empereur Andronic, fils de Paléologue, s'étant rendu dans cette ville, fut si charmé de sa position, qu'il résolut delà rebâtir et d'y réintégrer les habitants, qui s'en étaient éloignés. Les ouvriers trouvèrent dans les fouilles une inscription qui prédisait le rétablissement de Tralles et une longue vie à son nouveau fondateur.
Une fois les murailles rétablies, les habitants accoururent en fouie , et la ville reprenait sa physionomie première lorsque les tribus musulmanes vinrent en faire le siège. Les Turcs coupèrent le ruisseau de l'Eudon, et la ville, privée d'eau, n'en persista pas moins dans sa résistance héroïque. Les Turcs 6nirent par l'enlever d'assaut, et tous les habitants furent massacrés.
Andronic se tenait pendant ce temps dans son palais de Nymphœum, et ne fit aucune tentative pour porter du secours à Traites.
Lorsque les Seldjoukides furent une fois maîtres de la Cappadoce, toutes leurs vues se portèrent sur l'occident de l'Asie Mineure pour se mettre en relation avec la mer; les villes commandant les grandes vallées tombèrent successivement en leur pouvoir ; Tralles ne put être défendue par les faibles empereurs de Constantinopie , et fut prise par l'émir Aïdin, qui la reçut en fief du sultan d'Iconium, et lui donna son propre nom.
Gomme sa position est en même temps forte et agréable, on lui donna le nom de beau château; depuis ce temps l'ancienne Tralles s'appelle Aïdin Guzelhissar. — Cachée sous ce nom , toute trace de la ville romaine fut perdue pendant cinq siècles; et lorsque les voyageurs modernes tentèrent d'en retrouver les ruines, ils se trouvèrent dans un extrême embarras , résultant de l'incertitude des itinéraires. On donna successivement à Guzel -hissa r les noms de Magnésie, du Méandre et de Nysa . ce n'est pour ainsi dire que de nos jours que la position de Telles fut bien dé-
terminée. Les premiers observateur!
notamment Pococke , avaient poutf recueilli dans ces ruines des inscript portant le nom de Tralles , mais, de nés par une idée préconçue , ils i avaient pas tenu compte.
La ville moderne d' Aïdin Guzel* sar n'occupe pas exactement l'em cernent de l'ancienne Tralles ; elle i portée plus à l'est, et se trouve au| d'hui à cheval sur une petite rim qui n'est autre que le fleuve Eudoa
L'ancienne ville occupait un pial à l'est, et qui a en effet la figure < quadrilatère; la surface du sol este verte des débris de murailles qui appartenu aux anciens édifices ; on marque surtout trois grands arcs, ont été considérés par les uns cou un arc de triomphe , et par les au comme un reste du gymnase : cette* nion nous paraît plus probable. On vo encore il va quelques années des si couverts de peintures : les amorces murs qui se reliaient avec ces arcs pi vent qu'il y avait d'autres dépendrai
La ruine et l'abandon de l'ancii ville sont dues à des causes qui s restées ignorées, peut-être à quel tremblement de terre.. Pendant M temps les débris des monuments^ jonché le sol ; mais le voisinage d'i ville populeuse est toujours fuw aux anciennes ruines : peu à peu tous fragments ont été enlevés , et maii nant on opère des fouilles pour extfl les blocs de marbre qui sont encore fouis. Les monuments de Tralles riaient beaucoup dans leur système construction ; les uns sont faits en pd moellons qui étaient recouverts dej ques de marbre. On a enlevé le man mais les murailles sont restées , les fi tériaux n'étant bons à aucun empl Ceux qui étaient bâtis en pierre de gri appareil ont été l'objet d'une exploi tion régulière, et les pierres ont employées dans la construction des m quées d' Aïdin. Pour les débris de mi bre, les Turcs les emploient ordinal ment pour faire des tombeaux.
Pendant bien des années, des fouii ont été opérées dans le but de rec»
cher d'anciennes sculptures et d auti objets d'antiquité, et les fragments- > trouvés étaient presque toujours de
là époque de l'art. Aujourd'hui on nt plus une seule colonne dans ite de "Traites : il est impossible remplacement des temples cité par Vitruve. Les colonétaient cependant nombreuses à t, car sur toutes les routes nui ot la Tille, on remarque des èot la margelle est faite d'une L colonne évidée.
es n'était pas immédiatement tord du Méandre, elle en est étoifcplusde quatre kilomètres, et est air on monticule au-dessus du h vallée , ce qui contribuait à la de l'air.
iffle moderne d'Aïdin est une des Hffisdérables de la province, elle centre d'un très-grand trafic en s premières, comme en tissus de fortes Tenant de l'intérieur : ses sont vastes et bien achalandés.
b crainte des tremblements de la habitants ont construit leurs en bois; mais ils s'exposaient fléau qui a bien souvent raï fille, sans pour cela les faire à des constructions mieux en- ■: les incendies sont fréquents et idans cette ville, surtout quand fer de l'été a desséché toutes ces instructions.
ion grand nombre de mosquées la minarets s'élancent au-dessus fae des arbres, mais il n'y a pas "ri monument digne d'intérêt; Guztl hissar n'a été le centre pooroir politique ou religieux, et paissant. Les émirs d'Aïdin, toujours en lutte sourde, sinon * ouverte avec les sultans, ne >t jamais à élever des monudurables; leurs habitations, leurs " de bois barbouillés de peintures w suffisaient à leur luxe. La fa* «sKara-Osman-Oglou, qui a pos- Podant plusieurs siècles toute la ou Méandre , jouissait d'un pou- «Oferain; elle n'a rien laissé ■■«•ouvenir, ni routes, ni fonte, ni aqueducs : tout leur luxe con- ■l a entretenir des bandes d'irrégu- ■»fà étaient un fléau pour les villa- ■jwironnants.
i™*** le m*lm Mamhoud mit fin ** puissance féodale. Les anciens
émirs d'Othman avaient, en recevant leurs fiefs, pris le nom de Déré bey ; sous ce titre ils devaient fournir au sultan un certain nombre de cavaliers et de fantassins ; ils étaient chargés de l'entretien des routes et de la sécurité publique. Aujourd'hui ces anciens feudataires sont réduits à la condition de pacha , et reçoivent tous les ans leur investiture au jour du Bayram .
La population d'Aïdin s'élève a soixante mille âmes environ ; on compte en tout douze mille maisons : il n'y en a pas plus de quatre cents occupées par les Grecs. La ville s'étend en partie dans la plaine, en partie sur les deux versants de la vallée de l'Eudon , que l'on traverse sur deux ponts de pierre ; le quartier de l'est est occupé par des tanneries établies sur le bord delà rivière, et qui, n'étant soumises à aucune surveillance de salubrité, abandonnent leurs résidus au milieu de la ville, corrompent les eaux de la rivière, et répandent l'infection au milieu de la population.
Au sud de la ville s étend la plaine du Méandre, dans une largeur de vingt ou vingt-cinq kilomètres : te fleuve coule au milieu et forme la frontière entre la Carie et la Lydie.
La plaine est dans un état de culture des plus florissants ; la vigne, l'olivier, le figuier fournissent des produits qui font l'objet d'une exportation très-considérable; outre l'industrie de la tannerie Aïdin possède des manufactures de cotonnades; il faut entendre sous ce nom des métiers en chambre, car les grandes manufactures dans le genre de celles de France sont inconnues en Orient.