CHAPITRE XII
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La cour de Polycrate, qui se distinguait surtout par son affectation d'orientalisme , eut une grande action sur le changement des inodes grecques. Cos fournissait des tissus d'une finesse incomparable, et les tapis 4e Milet étaient
dans Athènes l'objet le plus convoité; aussi, quand, sur le théâtre, un pauvre diable voulait parler d'un luxe impossible, il souhaitait des tapis de Milet et des manteaux de Phrygie.
L'exportation des fruits, des laines, des cuirs de l'Asie, jointe è celle des objets fabriqués, entretenait le commerce et faisait vivre ces populations. Les droits frappés à l'entrée et à la sortie n'entraient pas tout entiers dans le trésor du satrape, ils étaient votés par les villes; la preuve, c'est que Gymé pendant quatre cents ans n'a pas voulu de ces droits. Hors des côtes, les navires des villes d'Ionie reprenaient le pavillon prec, et les flot* tes d'Athènes, qui surveillaient les mers, les escortaient jusqu'au fond du Pont- Euxin. La vie ne s'était pas retirée des villes d'Ionie en même temps que la liberté, et Milet, par sa fidélité aux satrapes, montrait plus tard qu'elle avait volontiers changé le gouvernement de ses tyrans oontre celui de Darius.
Les Grecs du continent étaient les premiers à rendre hommage au génie inventif des Ioniens, qui se manifestait dans toutes les branches des sciences et des arts. La liste des grands poètes et des grands artistes qu'elle a produits peut se placer avec avantage à coté des noms les plus illustres de KAt tique et du Péloponnèse. Homère et Hérodote ont laissé dans leur patrie une nombreuse postérité de poètes, de littérateurs et de philosophes, et dans les arts nulle contrée ne peut le disputer à l'Ionie pour le goût et la noblesse des monuments qu'elle a produits; le temple d'Êphèse était, à l'exclusion du Parthénon, placé au nombre des merveilles du monde.
Ge n'est pas un mince honneur pour les Ioniens d'avoir inventé un ordre d'architecture qui, depuis trente siècles, est regardé par toutes les nations civilisées comme le plus élégant des ordres : c'est le seul qui ne soutire pas la médiocrité, et les artistes* modernes peuvent avouer combien il est difficile d'imiter la majestueuse simplicité de la colonne ionique. Les préceptes de Vitruve suivis scrupuleusement ne suffisent pas pour arriver à un résultat satisfaisant; les Grecs seuls ont eu le secret de cet art, et parmi les monuments de l'art ionien qui nous restent, il n'en est pas un qui ne
satisfasse l'œil et l'esprit tout enaemli L'idée de couronner une colonne | un chapiteau orné de volutes a été « testée aux Ioniens : il est vrai que d, les plus anciens monuments de la Per de l'Assyrie et de l'Egypte on trm quelques rudiments de cet ordre, non j traité comme Font fait les Ioniens, m enfin on peut déjà distinguer la coloc à volutes.
Les Grecs ont su donner à ces p miers essais une forme acceptable pour ainsi dire une âme, et tous] peuples ont applaudi à cette création!
cole d'architecture ionienne ne s'est j bornée à l'invention d'un ordre; les p miers Grecs ne savaient employer que seul dorique pour la construction de l« temples, c'est-à-dire que les proporti< de 1 édifice, subordonnées aux règles l'art dorique, ne pouvaient s'écarter \ trois principes de cet art. L'investi d'Hermogène en créant le style pseui périptère a donné à l'architecture i temples une plus libre carrière, et al invention a été louée par les Grecs eow une ère nouvelle pour l'architecUm.
Dans les pays étrangers à la Grè les artistes ioniens étaient en hoaneu les villes de Ghio, Téos, Clazomès Phocée contribuèrent à l'érection l'Hellenium, temple admirable quel roi d'Egypte Amasis, ami des Ionien leur avait permis de construire.
Les cinquante années écoulées dey* la paix d'Antalcidas , jusqu'à l'armi d'Alexandre comme libérateurdeFAsj ne furent pas perdues pour l'Ionie : la i sion des races s'était opérée, les Carie* leurs anciens ennemis, avaient comM à leur coté contre les Perses, et si la « carienne de Milet s» soumettait plus* lontiers au gouvernement des satrap* ses colonies restaient amies des Gréa* recevaient la protection d'Athènes.
Un lien plus fort unissait les p grecques. Deux grands centres relipen le temple d'Êphèse et celui des Bm chydes attiraient une foule d'adorateu»
non-seulement des pays voisins mais!
continent et des îles. Le luxe des a rémonies religieuses, les statues et * offrandes qui s'augmentaient sans ce* stimulaient le zèle et le génie des m
(i) Hérodote, liv. II, 177.