CHAPITRE XV
SMYHHÏ.
i fondation de Smyrne remonte
IjWmers temps de la migration
■*«*; dans le principe elle ne fit
«ie de cette confédération , parce
. ■ population était un démembre-
INg celle d'Épbèse : c'est du moins
Ytion que Strabon nous a con-
Jfeptès Caltmus. Les Éphésiens,
[Mitaient le quartier nommé
JgMinrent attaquer les Léléges ,
■teèrent, et construisirent une
^quelle ils donnèrent le nom de
^e. Attaqués à leur tour par les
- Jj«, les Smyrnéens furent chassés
■** pays, et se retirèrent à Colo-
*to*% aidés des Colopboniens ,
ut leur ville.
rtote regarde la première Smyrne
Urne ville aeoltenne , qui tomba
[Jjtatâgème entre les mains des
^ (0. Plus tard , cette viile ayant
' de se soumettre aux rois de
i «ut à résister à plusieurs iriva*
h* unit par succomber.
t* entreprit une expédition contre
. "jMnaisellen'eut aucun résultat (2).
«H suite, Alyatte, fils de Sadyatte,
r* ]* Cimériens d'Asie, et prit la
r* Smyrne, désignée alors par Hé-
l^coBune une colonie des Colopho-
S; * la suite de ces événements , les
! ***** quittèrent la.ville, et restèrent
dispersés dans les villages pendant l'es* pace de quatre cents ans.
On. célébrait à Smyrne une fête annuelle qq'on appelait les Éleutnéries, en commémoration de la délivrance de la ville par le dévouement des servantes.
Les Lydiens assiégeaient Smyrne, et, au moment de s'en emparer, ifs contraignirent les habitants de leur envoyer leurs femmes. Ceux-ci, étaient sur le point de souscrire à cet ordre, lorsque les servantes se dévouèrent pour leurs maîtresses, et agirent de telle sorte dans le camp des Lydiens, que ceux-ci finirent par tomber entre les mains des Smyrnéens. Ce trait nous est conservé par Dosithée, qui avait écrit l'histoire de Lydie.
Les auteurs que nous venons de citer donnent peu de détails sur remplace* ment de la ville aaolienne ; ils ne nous disent pas si elle était en plaine ou sur une montagne
Strabon, en deux passages différents, fixe à vingt stades la distance entre la ville. ancienne et celle qui existait de son temps : « Il y a le golfe de Smyrne et la ville. Ensuite un autre QoQe, dans lequel est l'ancienne Smyrne, a vingt stades de celle d'aujourd'hui. » Le géographe insiste particulièrement sur les deux golfes; c'est dire suffisamment que l'ancienne Smyrne était dans l'anse aujourd'hui comblée qui allait vers Bournabat. En observant l'étendue des atterrissements du Mélès , il est clair qu'à une époque antérieure la mer en* trait plus avant dans Les terres qu'elle ne le fait de nos jours ; il faut infailli* blement placer l'ancienne Smyrne dans un autre golfe que celle d'aujourd'hui.
Tout le monde à Smyrne connaît , au sud-ouest de Bournabat, une localité couverte de ruines , dans lesquelles on a découvert beaucoup d'inscriptions, dont quelques-unes ont été encastrées dans le mur de la mosquée de Bournabat ; ce lieu s'appelle encore aujourd'hui Palaea Smyrna , l'ancienne Smyrne,
La Smyrne dont on voit les ruines sur la montagne qui domine la ville moderne est un ouvrage des rois grecs (1). Pausanias en attribue la fondation à Alexandre , qui , à la suite d'un songe
(i) Strtbou, liv. XIV, p. *4*>
LTJN1VËRS.
inspiré par Némésis , résolut d'établir une ville sur ie mont Pagus, où il s'était endormi. L'oracle de Claros, consulté à ce sujet, engagea les Sroyr* néens à aller habiter la ville nouvelle, qui prit le nom de leur ancienne patrie (1).
Mais le roi de Macédoine ne fut pas appelé à exécuter son projet. La construction de la nouvelle ville fut entreprise par Antigone et accomplie par Lysimaque.
Smyrue fut done fondée au nord du mont Pagus, partie sur la montagne et partie dans la plaine. Le fleuve Mélès , que l'oracle avait nommé, coule dans la partie orientale de cette montagne, et la ville s'étendit dans la plaine entre le fleuve et la mer. Les plus somptueux édifices ne tardèrent pas à être construits, et les rues alignées et coupées à angle droit , et même décorées de portiques. La mémoire d'Homère, qui planait sur les rives du Mélès , fut honorée par un temple appelé YHomerium.
D'autres édifices sacrés , le temple de Némésis , celui de la Mère des dieux, furent construits dans la plaine. L'acropolis , le stade , le théâtre et les portiques s'élevèrent sur le penchant de la montagne. Le port, dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par des habitations, était un bassin que l'on fermait au moyen d'une chaîne.
Mais la partie inférieure de la ville, établie sur des terrains datterrissements, presque au niveau de la mer, n'avait pas d égouts pour les eaux pluviales et les immondices ; aussi , en temps d'orage, les rues étaient-elles inondées et malpropres. 11 semble que Strabon fasse en ce passage la description de la ville moderne.
Smyrne est une des villes qui concoururent devant le sénat romain pour avoir l'honneur d'élever un temple à Tibère, et elle l'emporta sur ses rivales: il ne reste aucun vestige de cet édifice.
Dès les premiers temps dû christianisme, Smyrne se distingua par son zèle pour la foi nouvelle, aussi, méritat-elle le titre d'une des sept églises de l'Asie. Saint Polycarpe, son premier évéque et le patron des chrétiens de
(i) Pausanias, liv. TU, ch. 5.
Smyrne, passe pour avoir souffert martyre dans le stade en l'an 166. U petite église grecque bâtie en ce lieu aujourd'hui abandonnée.
De tous les ouvrages exécutés par rois grecs , il ne reste qu'une partie l'ancien château ; c'est te soubassem des tours du côté sud-ouest, qui a joints irréçuliers , et la tour sud-an jusqu'au tiers de sa hauteur. Elle j construite en bel appareil de tracs] rouge , qui lui donne l'apparence #1 tour de porphyre. Le reste du cliâti est un ouvrage byzantin. Les sut monuments sont en partie détral mais on en reconnaît parfaitement ruines. Le stade s'étend de l'est à l'on un peu plus bas que le château. Lesg dins étaient de marbre ; ils ont été « ployésdans les constructions modéra Toute la partie gauche du stade soutenue sur des contre-forts qui a tent encore ; il y a des niches demi-cil Jaires , et des cellules dont l'appareil en petites pierres, ouvrage évideon romain. 3
Le théâtre a eu le sort du stadi ne restait en 1836 que les deux pan qui soutenaient jadis les gradins, ij les galeries qui conduisaient aux ri cinctions. Les gradins furent détni au milieu du dix-septième siècle" on voit encore très-bien Je galbe è nument, et probablement ferait-on ques découvertes de fragments dans maisons qui occupent le proseema Mais ces ruines , qui attireraient encj les regards dans une ville d'Euro] sont laissées de côté en Asie, où U de monuments mieux conservés oui anciens rappellent l'investigation \ voyageurs. :
Un peu plus bas que le théâtre, I la limite du quartier juif, il y a dans ville un espace vide qui est occupe | un cimetière et plante de grands arM Tout autour de cette enceinte, » ï des fragments de colonnes et de m très couchés dans la maçonnerie, et <W; ou trois pilastres carres et isoles sa encore debout. 11 est probable que sont les ruines d'un ancien agora, atj le portique quadrilatère qui rcntwjjj Les colonnes sont en marbre ww veiné de rouge et de blanc
Les aqueducs et tous les restes de
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ASIE MWEtJRE.
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ont été ou démolis ou unies. On Toit encore dans Ja et sur le chemin de Bournabat tt lac qoî est une des sources du ira quelques ruines. On appelle s bains de Diane. Le temple Ije, qui » voyait sur te versant bmont Pagus, est aussi entièâiruit. Eu faisant des fouilles is du cimetière juif, en 1836, feoovert un long soubassement iae maçonnerie , avec quelques
* martre : c'était peut-être le temple. Toutes ces conjectures être discutées ; elles n'ont rien âble, mais aucune autorité ne
foie.
inscriptions trouvées à Smyrne " derniers siècles sont assez nommats malheureusement elles soété recueillies avec soin, et il fi un grand nombre qui ont été Màd»*s constructions nouvelles.
I Wheler en ont recueilli quelles qui sont importantes , et no- K une I? ttre «les empereurs Sé-
AntoDin, adressée aux habitants fit, dont la rédaction est à peu
«Ane que celle adressée par
•ara Aizaniens.
i difficile de déterminer d'une
précise le périmètre de Pan- Soiyrne,, les murailles avant été
«p lis longtemps ; niais sa plus tondue ne pouvait pas dépasser
* vallon Saint- Anne, où sont les s; a l'ouest, le versant du mont ûù est le cimetière juif. Le «tait, je pense, sa limite mériî car au delà la montagne est U abrupte et aride, qu'on n'a Pn y établir de maisons ; d'ailn'yen a pas de vestige. Du raté
c'est à dire vers la plaine , peut déterminer la limite de la
* «'y rencontre aucune trace de **&t : tous ont disparu, tyfldamment des ravages causés tajerres civiles, Smyrne a éprouvé ^désastres par suite des trem- ** de terre. Tiiière et Marc-Au- Jurent taire de grands travaux
r^rer ces malheurs. C'est encore rWderanéantissement complet des Cj^ts antiques; ceux qui n'ont pas fWruitsà dessein ont été renversés.
* livraison. (Asib Minkubb.)