‹ Asie mineureChapitre 177 sur 428 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

*II ET QUELQUBS LIEUX ANTB- SUHIQUKS DB LA COTE d'IONIB.

habitants delà Scala-Nova nt informé qu'il existe, non k cette ville, des ruines remars vers lesquelles nul voyageur »re dirigé ses pas. Le 5 juin, j'oriune caravane pour aller les ob-

s suivons d'abord la route de ; au bout d'une demi-heure, nous au nord, et nous franchissons collines assez bien cultivées, la plupart couvertes de vignes.

* pays est agréablement coupé.

'entrons ensuite dans une grande J» qoi a son embouchure dans la feSamos, précisément en face de Cette vallée est arrosée par une

(i rifière; sur le flanc est s'ouvre R°rçede rochers très- pittoresques.

, aPJp>it des fabriques nouvelle- F Mlles ; de gros noyers et d'énor- FMRanes forment des masses de 7! au milieu desquels s'élèvent, woite et à gauche, des groupes Wiers; les rochers taillés à pic ■Neot défendre l'entrée du val- ■1 «■ »e saurait voir d'endroit plus J*i plus frais et plus agréable, «constructions qui s'élèvent de tou-

tes parts et les terres de la vallée appartiennent à un monastère grec. Deux ou trois caloyers nous reçoivent à la descente de cheval, et nous apportent des fleurs et des fruits. On appelle ce lieu Dermen-dérè*$i (la Vallée du Moulin).

En s'enfonçant plus avant dans la gorge, on aperçoit une église rustique récemment construite. Un moulin à eau fait entendre son bruit monotone :

on se croirait dans quelque vallée de la Suisse. Le torrent qui descend de la montagne roule avec fracas au milieu des débris des rochers, parmi lesquels on remarque d'énormes blocs grossièrement équams. En effet, la profondeur du vallon a été autrefois occupée par une construction dont il reste des vestiges imposants; ce sont trois assises de pierre de taille ou plutôt de fragments de rocher qui formaient sans doute les fondations d'une grotte ou d'un nym-

{>hée. On voit encore une partie circuaire qui terminait le fond au nymphée.

Les eaux passaient sans doute par quelque issue souterraine aujourd'hui détruite. Ce qui reste de cet édifice rappelle les plus anciennes constructions des premiers Grecs. Près de l'église, on voit une colonne de granit qui appartient évidemment à une époque moins ancienne; en effet, les caloyers l'ont trouvée sur la partie supérieure de la montagne, et l'ont roulée jusque-là.

Les trois assises de pierre reposent sur un soubassement en saillie d'environ 2 mètres et de même construction.

C'est là tout ce qui reste de cet antique édifice. Il parait que dès les premiers temps du christianisme quelque anachorète vint habiter ces lieux, et y vécut en paix. C est du moins ce que mentionne l'inscription placée sur la porte de l'église, qui fut bâtie eu 327 , reconstruite en 1812:

Une autre inscription, plus longue, mentionne les restaurations qui ont été faites récemment. Au-dessus de la porte on lit :

Cette église, ensevelie sous terre depuis 'plusieurs années, a été découverte et déblayée par un homme pieux, à la suite d'un songe, qu'il eut en 1812, et dans lequel lui apparut en ce même endroit la Mère de Dteu.

Elle a été rebâtie depuis les fondements sous rinspection et la direction du vénérable évéque

^ÔL^

L'UNIVERS

maître de la source, aux frais et par le secours de pieux souscripteurs et sous les ordres d'An thymus, ttte de Bruéis? célèbre parmi les moines (de ce monastère).

A ceux nul approcheront avec piété on promet la délivrance des Ames et des corps. Mois de février 1814.

En remontant le cours du torrent, on trouve à gauche une route taillée dans le roc au milieu des broussailles, qui conduit à une grotte profonde d'où s'échappe une source abondante. Une partie de la grotte a été excavée de main d'homme, et sur le flanc du rocher s'ouvre un conduit d'aqueduc qui- recevait la majeure partie des eaux de la source. Ces eaux étaient portées à Éphèse par le grand aqueduc, qui suit la sinuosité des montagnes , et dont nous avons observé les débris dans la vallée de Pygèle. Depuis la prise d'eau jusqu'à Éphèse , les eaux parcouraient un espace de 5 myria mètres , toujours soutenues à 35 ou 40 mètres au-dessus du niveau de la mer.

11 ne reste aucun document qui puisse apprendre quel était le nom de ce lieu dans l'antiquité; mais la description de la côte par Strabon contient le nom d'un endroit qui n'a pas encore été déterminé, parce qu on l'a toujours cherché sur le nord de la mer.

Le géographe grec s'exprime ainsi (1 ) : « Sur cette côte et un peu au-dessus de la mer est Ortygie: c'est un bois magnifique planté de toutes espèces d'arbres, mais principalement de cyprès.

Il est traversé par le Cenchrius , dans lequel, dit-on , Latone se lava après ses couches. » Or, c'est dans ces lieux que la fable place l'accouchement de celte déesse, l^ntre où cet accouchement eut lieu , la nourrice des enfants ( nommée Ortygie), et l'olivier à l'ombre duquel Latone se reposa après Je travail de l'enfantement. Au-dessus de ce bois est le mont Solmissus , où l'on dit que les Curetés étourdirent par le bruit de leurs armes Junon, qui épiait par jalousie les couches de Latone , et par ce moyen parvinrent à les lui cacher. Il y a dans ces lieux plusieurs temples, les uns anciens, les autres construits plus tard.

Dans les premiers se trouvent d'antiques statues de bois; dans les derniers, des

fiï Uv. xiv, p. 639.

ouvrages modernes. On y voit Lato tenant un sceptre, et Ortygie, près d'd un enfant dans chaque main (1).

« On célèbre tous les ans à Orty une fête ; la jeunesse, par un usage p ticulier, se pique surtout d'y don] des repas magnifiques. Le collège i Curetés donne aussi des repas, et célèj aussi quelques sacrifices secrets. » [

Il ne reste plus rien de tous ces 6 ces ; seulement on voit près de lap| du monastère un débris de cymaûj style grec parfaitement sculpté, -eto d'une tête de lion presque brisée.

Toute la topographie correspond g faitement à la description de Strabj Le ruisseau est le Cenchrius. Il va jeter dans la mer en face de Samos., montagne qui domine est le mont 9 missus. En ligne droite , ce lieu aj pas éloigné d'un myriamètre de lai d'Éphèse , et dans l'antiquité il poo une partie de ses eaux à cette capilj

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